HISTORIQUE
L’emphysème fut connu des premiers maîtres de la médecine : Hippocrate et Galien. Voici comment s'exprime le célèbre médecin de Pergame : Emphysemata non solum fiunt sub cute in membrana cellulosa, sed etiam quandoque sub periostis, autem eliam iis membranis quæ musculos ambiant viscusque aliquod.
Paul d’Égine apporta la percussion comme nouvel élément de diagnostic.
En 1534 Tétius donne quelques nouvelles indications sur Ce phénomène.
En 1564 Ambroise Paré décrit l’emphysème sous-cutané consécutif aux fractures de côtes.
Puis Fabrice de Hiiden, Bartholin, Littré et Méry en discutent le mécanisme et rapportent les premiers faits d’emphysème généralisé.
En 1757 William Hunter préconise comme traitement les incisions multiples.
Au xviri° siècle Cullen, Cambalusier, dans son Traité de la pneumatologie, et Franck, s’en occupent également.
Au xiIx° siècle Morgagni, Baillie et Louis Prus en font de bonnes descriptions, mais ne montrent pas les gaz pulmonaires s’épanchant dans le médiastin ou sous la peau.
Laënnec admet la possibilité d’une telle lésion, mais ce
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fut Natalis Guillot qui donna le premier la démonstration anatomo-pathologique du lien qui existe entre l’emphysème sous-cutané et l’affection respiratoire primitive.
Nous rappellerons maintenant quelques observations d’emphysème généralisé :
Ménière : chez les jeunes accouchées, dans l’hydrophobie, 1829.
Cazalis : dans la dysenterie, 1843.
Louis : dans le choléra, 1843.
Fauvel : dans la bronchite capillaire, 1844.
Moutard-Martin : dans la bronchite capillaire, 1852.
Bien étudié par Guillot au point de vue de la tuberculose.
En 1853 apparaissent les travaux de Roger.
Puis Bouchut, Gallard, Ozanam et Herenschmidt reprennent et traitent à nouveau cette question. Mais c’est surtout dans ces vingt dernières années que l’emphysème sous-cutané généralisé fut bien étudié.
En Allemagne : communication dans le Bert. klinik Woch. (Kantzki et F. Muller.)
En Italie : Petrazzani {Sperimentale, Firenze, 85).
En Suisse : Berdez {Revue de la Suisse romande, 88).
En Russie : Sigrist /Vrach, Saint-Pétershourg, 85). — Fronstein, Toporo et Reformarski {Med. Ruski, Saint- Pétershbourg, 85-86).
En Angleterre, etc. : Champneys et Vail (Brit. M. J., London, 84-85). — Rachel et Delafield {/N. Yorker Med. Press, 86). — (Boston and Dalton M. and S. J., 86-87), — Pearce (Brit. M. J., London, 87). — Ewans (Lancet, 89). — Earle (Arch. Pediat., Philadelphie, 89). — Brown (Med. Rec., Calcutta, 90). — Cullimore /Med. Soc., Chicago, 91). — Murrey {Lancet, 91).
En France : dans les revues et journaux médicaux. __
one roues re 85). — Grancher {Revue des maladies de l'enfance, 86). — Cadet de Gassicourt (Revue des maladies de l'enfance, 87). — Perret (Thoraï à emphysémateux, 88). — Huchard {Société médicale des hôpitaux, 89). — Thèse de Héan. — Thèse de Golas, 93.
ÉTIOLOGIE.
« Toutes les maladies où se rencontrera une toux violente, une diminution de volume partielle ou générale du poumon, ou un obstacle à l’expiration, s’accompagnent de distension exagérée des vésicules pulmonaires. Toutes les maladies ou altérations de nutrition qui modifient l’élasticité du poumon rendent permanente la lésion qui, autrement, n’eût été qu’une distension passagère. »
Avec Grisolle, Homolle, Roger, nous dirons que l’enfance présente le triste privilège d’offrir le plus souvent cette complication grave, l’emphysème sous-cutané ! Et si l’on à plus spécialement constaté l’emphysème ayant pour origine l'effort, c’est uniquement à cause de la fréquence des maladies respiratoires chez les enfants, de leurs cris, de leur agitation.
L’emphysème sous-cutané peut être d’origine traumatique ; consécutif à une fracture de côte, plaie de l’aisselle, lésion du sinus maxillaire, fracture des os propres du nez.
Palfin rapporte un cas d’emphysème à la suite de la perforation de la trachée par une halle.
Il se rencontre aussi au cours d’affections septiques spéciales : charbon (Gübler), morsures, certains processus cadavériques où gangreneux ; par lésions du tube digestif :
perforation de l’œsophage, ulcère de l'estomac, fièvre typhoïde ou, par simple diffusion, dans le cas d’abcès du cou.
Quant au passage des gaz du poumon dans le tissu cellulaire, il est favorisé par l’état du parenchyme pulmonaire, par une exagération de tension, par Feffort, par une répétition de l'effort.
Dans ce cas, l’emphysème s'établit lentement, progressivement, ou d'emblée, par rupture brusque.
L’emphysème sous-cutané, rare par ulcération laryngée (observation de Montagne-Murray, Lancet, 1890), est, au contraire, fréquent par ulcération de la trachée, des grosses bronches, du parenchyme pulmonaire ; néanmoins c'est une complicgtion rare comparée à la grande fréquence des affections pulmonaires. L’emphysème est simplement sous-cutané (observation de Cruveilhier, Anat. path. gén., t. IV).
L’emphysème est médiastinal et sous-cutané (thèse d’'Herrenschmidt, 1876).
L’emphysème est sous-cutané et pleural (thèse de Schlémovitch sur un cas d’emphysème généralisé à triple siège interlobaire, médiastinal et sous-cutané avec pneumothorax à la suite de l’ouverture d’une caverne tubereuleuse dans le médiastin et la plèvre). Le plus souvent, l’emphysème, d’origine pulmonaire, est produit par la coqueluche avec ou sans complications du système respiratoire, la bronchite capillaire, la laryngo-trachéite pseudo-membraneuse, la pneumonie (Huchard). Dans ces affections, son apparition se fait à la période d'état ; cependant dans la penumonie et la broncho-pneumonie elle est plus précoce que dans la coqueluche.