ANS ARE
courir aux vieilles pratiques de la saignée préconisées par J. L. Petit — On voit généralement après la saignée à l’anxiété du malade se substituer une sorte de bien être, un calme relatif. même. Ce résultat pourrait être obtenu par une potion à base d’opium ainsi que par une injection morphinée contre l’exaspération de la douleur. fl sera utile de faire inhaler au malade de l’oxygène.
L’intestin devra être maintenu libre pour permettre au diaphragrme de s’abaisser largement. Il est indiqué de nourrir le malade surtout si l’apyrexie est complète. Si des complica-” tons se déclaraient du côté du poumon ou de la plèvre, elles seraient soumises au traitement approprié.
On voit parce qui précède que le traitement de lemphysème traumatique soit partiel, soit généralisé, se confond presque tout entier avec celui des fractures de côtes, qu'il est des plus simples et, peut-être même à cause de sa simplicité donne des résultats presque toujours favorables.
Pour terminer nous donnons sans commentaires quatre observations d'emphysème traumatique compliquant les fractures de côtes. Il nous eut été facile d’en publier davantage, car elles abondent sur ce sujet; nous pensons néanmoins que nos quatre observations, dont les deux premières sont inédites et les deux autres enpruntées à l'excellente thèse de Bézard (Paris 1868), suffiront amplement à contrôler les quelques points de détail que nous avons signalés au passage dans le cours des chapitres précédents.
OBSERVATION I. (personnelle)
Xavier X... âgé dé 5 ans et demi, a été renversé le 16 mai 1892 à 10 heures du soir sur la place de la Bastille, par un camion dont une roue lui a passé sur le corps en croisant obliquement le côté gauche du thorax d’arrière en avant.
Aussitôt après l'accident l'enfant fut porté à l'hôpital Trousseau où on l'admit salle Denonvilliers, lit n° 10, dans le service de Monsieur le professeur Lannelongue.
En examinant l'enfant à son entrée à l'hôpital, on constate qu'il a une apparence vigoureuse, une constilution saine ; du reste, dans ses antécedents; soit héréditaires, soit personnels, on ne relève pas trace de maladies antérieures ; il n'y a ni scrofule, ni rachitisme, ni syphilis.
Sur le nez et la joue droite on aperçoit une ecchymose lègére avec un œdème palpébral considérable.
Sur le thorax à gauche, on constate également une ecchymose très accusée, trace évidente du traumatisme subi ; à ce niveau on peut, en appliquant à plat la main sur la paroi costale et en faisant tousser le malade, percevoir la crépitation osseuse produite par la fracture des quatrième et cinquième côtes. Autour du foyer de cette fracture, on voit une tuméfaction peu étendue constituée par de l'emphyséme, mais la percussion et l'auscultation ne donnent pas de signes nets de pneumothorax. Le petit blessé a une toux fréquente, mais sans hémoptysie. Les autres parties du corps sont indemnes.