‹ L'Emphysème TraumatiqueChapitre 13 sur 17 · ALES · texte numérisé non relu

ALES

On applique sur le thorax de l'enfant un bandage de diachylon.

Le lendemain 17 mai, environ 12 heures après le traumatisme, l’aspect du malade s’est modifié. Il a l'air absolument soufflé et son Corps. parait avoir doublé de volume. Dans la région postérieure du thorax, on constate une boursouflure s'étendant de la nuque aux fesses et donnant partout la crépitation si caractéristique de l’emphysème.

La peau forme des saillies de chaque côté de la ligne médiane et l’on peut déceler, mais à un degré moindre que sur les parties latérales, la présence de gaz à ce niveau.

Dans la région postérieure gauche particulièrement la voussure des téguments est beaucoup plus prononcée qu'à droite. Toute cette région postérieure donne à la percussion une sonorité exagérée.

Le petit malade est pâle, semble profondément prostré; la dyspnée est accrue à tel point que des accidents asphysiques étant imminents, le bandage de diachylon doit être enlevé.

La température du blessé est de 39: 5.

18 mai. La situation des parties atteintes est la même, cependant l’emphysème paraît avoir atteint son maximum, car la partie antérieure du thorax est soulevée aussi par l’emphysème ainsi que la paroi antérieure de l’abdomen.

Sur les membres supérieurs, surtout sur les avant-bras et plus marqué à droite, on remarque un emphysème qui a masqué les reliefs normaux de la région. -

Le scrotum est énormément distendu du côté gauche, le côté droit est normal.

Les membres inférieurs et la face ne sont pas emphysémateux. Du 19 au 28 mai, l'état du blessé ne s’est pas amélioré d’une manière sensible, cependant il supporte bien son bandage, sa dyspnée diminue et l’asphysie n’est plus à craindre ; la toux persiste, mais avec quintes plus espacées. La température est voisine de la normale.

Du 23 au 28 mai. l'emphysème se résorbe rapidement, la températur, ne dépasse pas 37:5, la toux a cessé, l'enfant est gai et causeur.

Le 29 Mai 1892, l'enfant est rendu à sa famille guéri après treize jours d’immobilisition et de repos.

ENT Pre

OBSERVATION II (Communiquée par notre ami A. GUILLEMAIN, interne des hôpitaux)

Jean B. charretier, âgé de 54 ans, marchait le 20 Avril 1891 derrière son tombereau chargé de moellons lorsque dans un cahot un de ceux-ci se détacha et lui tomba sur le corps. Le blessé fut transporté immédiatement à l'hôpital Bichart et admis dans le service du Docteur Terrier,

“salle Jarjavay, lit n° 5.

A son entrée, le malade présente un dyspnée très intense qui menace de se terminer par l’asphyxie.

Du côté de l'abdomen on ne trouve pas trace de traumatisme qui est tout entier limité au thorax. En explorant les côtes du côté droit on ne trouve aucune solution de continuité; à gauche on constate de nombreuses fractures de côtes. En examinant de plus près, on s’assure que les sixième, septième, huitième et neuvième côtes sont fracturées suivant uue double ligne l’une siégeant au niveau de l’angle antérieur des côtes, Pautre près de leur face postérieure. On sentnettementsur les septième et huitième côtes deux fragments qui sont complètement isolés du reste des côtes et projetés en dehors pendant l'inspiration, attirés en dedans pendant l'expiration. La mobilité et la crépitation sont des plus nettes soit en déprimant la paroi costale, soit en faisant tousser le malade.

On constate en outre un emphysème sous-cutané descendant jusqu’à la crète iliaque et remontant jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate.

Uu bandage de diachylon est appliqué embrassant tout le thorax.

21 Avril. L’emphysème a encore augmenté, il semble avoir atteint son maximum. Ilenvahit la région du cou, contourne le flanc gauche et s'infiltre à travers la paroi abdominale antérieure jusqu'à la racine de la cuisse. En haut eten avant il ne remonte pas au delà de la clavicule; en arrière, il ne dépasse pas la crète épinière, il envahit le bras gauche jusqu'au coude.

La dyspnée d’abord intense pendant les qnelques heures qui ont suivi l'accident s'est calmée et la respiration du blessé est normale. La température est de 37: le matin, de 38:35 le soir.

2R Avril. — Une congestion pulmonaire gauche se déclare, la température monte à 401, la percussion dénote une matité assez étendue à la base du poumon gauche ; l’auscultation révèle la présence d’un souffle

assez intense, le malade à de la céphalalgie, un point de côté, des accés de toux qui lui font rendre des crachats sanguinolent(s.

La défervescence se fait brusquement le quatrième jour, c'est-à-dire le 26 Avril. Pendant ce temps l'emphysème diminue progressivement de haut en bas.

Du 27 Avril au 3 mai, l'amélioration continue, il persiste cependant un peu d'emphysème au niveau des points fracturés.

Le 10 Mai, le malade quitte l'hôpital après vingt jours de traitement par le repos et lé bendage compressif.

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