OBSERVATION IV
Bertrand (Louis), 17 ans cordonnier, entre le 6 mai 1868.
Ne se rappelle pas avoir eu de maladie sérieuse, a eu quelques bronchites mais peu intenses et n'ayant point exigé de repos, ni l’intervention d'un traitement quelconque; point d'autre affection de l’appareil respiratoire, rien qui puisse faire supposer qu'il ait jamais eu d’inflammation du côté de la plèvre. Lui ayant demandé s’il n’a jamais eu de poini de côté, il répond se rappeler qu'il y a trois ans, il ressentit tout à coup une douleur du côté droit, d’ailleurs peu intense qui dura, dit-il, tout au plus un quart d'heure ; le même fait s’est renouvelé depuis lors deux fois à intervalles assez éloignés et qu'il ne peut au juste préciser. - Il paraît du reste, n’en avoir pas été incommodé et n’y avoir jamais lui même fait une grande attention.
Le jour même de son entrée, il marchait sur le milieu de la chaussée, quand il a été renversé par un cheval attelé, lancé au grand trot, il tombe sur le ventre, et une des roues lui passe sur le dos et le côté latéral droit du thorax. Douleur immédiate assez vive ; perte de connaissance qu’il ne croit pas avoir duré plus de dix minutes ; on le transporte dans une pharmacie, et en reprenant connaissance il éprouva une douleur
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très vive au niveau du côté latéral droit, douleur qui augmenta par les mouvements de la respiration. Immédiatement, expulsion de crachats spumeux, abondants et teints en rouge vermeil par du sang intimement mélangé à leurs substance. Il assure avoir remarqué en même temps que la partie antérieure de la région thoracique droite était & enflée ». Il ne tarde pas à être transporté à l'hôpital où il est vu environ une demi-heure après l'accident. Sa face est contractée et exprime la souffrance ; sa respiration fréquente et renouvelant la douleur ; l'expulsion d'écume sanglante continue. Toute la partie antérieure droite de la poitrine estaugmentée de volume, et à la pression elle se laisse facilement déprimer sans conserver l'impression des doigts en même temps que la main qui examine perçoit d'une manière très nette la crépitation caractéristique de l’emphysème sous-cutané ; — l'exploration du squelette thoracique renouvelle la douleur, aussi n’insiste-t-on pas pour trouver un sione physique de fracture de côte.
A la percussion la poitrine sonne très bien dans toute son étendue conservant son timbre normal et complètement égal à droite et à gauche. L'auscultation ne révèle rien, car les mouvements respiratoires augmentant la douleur, le malade les fait le moins étendus possible ; en revanche, ils sont plus fréquents qu’à l’état normal, on comprime la poitrine avec un bandage de diachylon, de manière à s’opposer au jeu des côtes ; aussitôt la douleur parait diminuer, la respiration se faire plus facilement.
Le soir, ce dernier état continue, l’expuslion sanguinolente a cessé quelque temps après la visite, l'emphysème n’a pas augmenté, la poitrine offre toujours sa sonorité normale et la respiration s'entend également bien des deux côtés.
Depuis lors, les douleurs ont rapidement diminué, la respiration est toujours libre, le crachement de sang ne s’est pas renouvelé. L’emphysème a un peu diminué d’étendue, l'air infiltré soulève moins les téguments, mais lacrépitation qui le caractérise s'entend toujours. D'ailleurs l'état général est excellent.
On voit les jours suivant l’'emphysème diminuer et au bout d’une semaine, le malade se sentant mieux est dirigé sur Vincennes.
Nous faisons suivre les quatre observations qui précèdent
d'une cinquième observation qu'un de nos amis, externe des hôpitaux, a bien voulu nous communiquer à la dernière heure, nous lui adressons tous nos remerciements. Cette ohservation est intéressante à plus d’un titre et particulièrement en ce qui nous concerne, elle nous montre nettement la marche de l’emphysème dans le cas d’adhérences pleurales. |