LES GURIALES ET LA BOURGEOISIE
Les curiales. — Dans l'empire romain, la noblesse d'empire ne fut pas la seule noblesse qui s'y forma; il s'y créa et se développa aussi une noblesseinférieure, celle de la cité.
Par analogie avec ce qui existait à Rome, les Romains avaient créé dans les cités des sénats municipaux ou curies. Ces sénateurs municipaux furent appelés d'abord décurions et plus tard j curiales. La curie fut primitivement recrutée avec des magistrats sortant de charge, de puissants propriétaires fonciers et de riches commerçants. Peul
à peu, bien qu'elle conservât le droilde recevoir de nouveaux membres parmi les personnes fortunées, la curie devint héréditaire; les fils de décurions furent décurions. Le recrutement de cette noblesse, noblesse de richesse et de fortune, échappa complètement à Tempereur. L'hérédité dans la curie et les décisions prohibitives que multiplièrent les empereurs pour empêcher les curiales de sortir de la curie firent de celle-ci presque une caste. Cependant en Orient la curie fut moins fermée qu'en Occident; le commerce y était plus développé; la richesse mobilière changeant beaucoup plus facilement de mains que la richesse immobilière et les riches commerçants étant admis dans la curie, la composition de celle-ci fut plus renouvelée en Orient qu'en Occident.
Toutes les charges qui pesaient sur la curie l'empêchèrent d'accroît-re sa puissance et d'absorber la petite propriété.
Lorsque, au neuvième siècle, Léon VI affranchit les curiales des responsabilités auxquelles ils étaient soumis, cette noblesse*inférieure disparut bientôt. Certains curiales propriétaires fonciers eurent leurs biens acquis par les grands propriétaires, d'autres absorbèrent des petites propriétés et fusionnèrent avec la noblesse d'empire ; quant aux riches commerçants, ils allèrent grossir une nouvelle classe sociale qui se formait : la bourgeoisie.
La Bourgeoisie, — Jusqu'au neuvième siècle, les riches commerçants qui échappaient à la curie achetaient les charges qui étaient devenues vénales
Hfi L'EMPIBE BYZANTIK
depuis Ju8tiniea et entraient par suite dans la noblesse d'empire. Mais lorsque au neuvième siècle Léon VI détruisit la curie, cette noblesse était devenue de plus en plus héréditaire et recrutait de plus en plus les fonctions civiles et militaires. Les riches commerçants rejetés de la noblesse inférieure et de la noblesse d'empire commencèrent alors à former une nouvelle classe sociale et dès le onzième siècle on trouva dans les grandes villes, Thessalonique par exemple, des bourgeois (ae<Fot, poup^ecioi); aux quatorzième et quinzième siècles, ceux-ci formaient une des quatre classes (1) entre lesquelles les habitants des grandes villes étaient partagés.