‹ L'empire byzantin (volume 2)Chapitre 8 sur 24 · L ÉGLISE D ORIENT A. — INTRODUCTION · texte numérisé non relu

L ÉGLISE D ORIENT A. — INTRODUCTION

Formation de C Église comme organisme religieux. — L^cmpire romain païen n'avait pas connu d^Église comme puissance sociale.

Le clergé romain se composait seulement de pontifes, dont un grand pontife, de flamines et vestales et de douze saliens. Il avait une influence sociale bien réduite par suite de Ta fFaiblissement dissentiments religieux et par suite de sa subordination visà-vis de Tautorité publique.

L^autorité religieuse appartenait : en e£Fet dans toute sa plénitude à TÉtat seul, au Séilat sous la République ; elle était confondue avec Tautorité publique et elle était désignée avec celle-ci par le même mot : V Imper lum.

Lorsque Tempereur absorba tous les pouvoirs de rÉtat, il fut investi deTautorité religieuse, à la fois comme pontife et comme consul et tribun. 11 devint même dieu ; au culte des dieux particuliers s'ajouta et se substitua presque celui d'un dieu pour tout Tempire ; il se créa alors un clergé d'empire dont les prêtres furent nommés soit par l'empereur, soit par les assemblées provinciales.

Ce fut en Asie Mineure que le culte de l'empereur prit le plus d'extension ; les nombreuses cités de l'Asie désiraient avoir chacune leur temple de

Mais Constantin n'osa rompre définitivement avec le paganisme, il porta le titre de souverain pontife. Quant au pouvoir dont il disposa vis-à*vis de l'Église, il le définit en déclarant qu'il était a de par Dieu, constitué Tévéque du dehors » , par conséquent le représentant de TEglise dans ses rapports avec la société civile.

Cependant Constaiftin et ses successeurs chrétiens allèrent plus loin ; ils prétendirent que Tempereur qui, jusqu'à la reconnaissance de la nouvelle religion, avait été déifié et avait été le souverain pontifq de l'ancienne religion était maintenant au moins le représentant de Dieu sur la terre, le chef suprême de l'Église chrétienne; celle-ci enefiFet ne possédait pas d'autorité supérieure aux patriarches dont les rivalités compromettaient son unité.

Ayant besoin de fonctionnaires civils et de militaires nouveaux qui n'aient aucune attache avec le SénatdeRome, Constantinobtient des conciles qu'ils autorisent les chrétiens à remplir des fonctions publiques et qu'ils admettent l'obligation du service militaire; jusqu'alors le clergé chrétien, qui s'ap puyait sur les classes hostiles au gouvernement romain, avait défendu à ses adeptes de prendre part à la vie publique et surtout de verser le sang.

Le reconnaissance du christianisme par Constantin fut éminemment favorable au développement de l'Église.

Comme association reconnue, elle peut désormais recevoir des biens immobiliers ; elle peut prêcher librement et son action religieuse pénétrera de

plus en plus dans le peuple, qui viendra écouter les éloquents prédicateurs chrétiens, comme il écou* tait autrefois ses tribuns.

Par suite de l'admission des chrétiens dans les fonctions publiques, TÉglise prendra part indirectement au gouvernement de Tempire ; elle pourra désormais avoir Tappui des classes aisées (1) et par suite recevoir des dons importants ; mais elle perdra son caractère démocratique; elle développera la pompe de son culte ; elle recrutera souvent ses évéques dans la noblesse d'empire, dans Tordre sénatorial; elle deviendra Tinstrument du gouvernement et des classes dirigeantes.

En échange de Tappui que lui donna TÉglise, Gonstantfn la favorisa et la préféra au paganisme (2) . Il fait employer le Labarum dans les expéditions militaires. Il exempte le clergé de tout service public et particulier; par suite, des charges municipales et du service militaire. 11 assure des revenus à rÉglîse (3) ; il lui fait faire dans toutes les villes une distribution régulière de grains; il fait construire des temples à Antioche, Alexandrie, Jérusalem, Gonstantinople, etc. Mais le. patrimoine de

(1) Le» filles des familles nobles choisiront les ecclésiastiques coin me directeurs de leur conscience.

(2) Sons Constantin, l'Église chrétienne était gouvernée par dix-huit cents cvèques, dont mille dans les provinces grecques et huit cents dans les provinces latines de l'empire.

(3) Dans chaque diocèse, les revenus étaient divisés en quatre parts : un quart à l'évéque, un quart au clergé inférieur, un quart pour les pauvres, un quart pour les dépenses du culte public.

rÉglisc est assujetti à toutes les impositions publiques, malgré les sollicitations des ecclésiastiques. Le clergé a pour lui une juridiction civile et disciplinaire. 11 empiète même sur les attributions de Tautorité publique ; il peut intercéder en faveur des accusés, des esclaves et des débiteurs malheureux; il possède le droit d'affranchir des esclaves ; l'évéque peut être choisi comme arbitre. Chef de son troupeau, celui-ci a le droit d'excommunier de la communauté toute personne, et par suite même tout magistrat civil.

B. ÉVOLUTION DE l'ÉGLISE d'oRIENT,

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