‹ L'empire chinoisChapitre 101 sur 154 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

« Le 6 janvier 1827, j'arrivai à Tse-liou-tsing (c'est- « à-dire puits coulant de lui-même), après une mar- « che de dix-huit lieues, faite avec mes gros souliers « à crampons de fer d'un pouce de hauteur, à cause « de la boue qui rendait le chemin glissant. Cette « petite chrétienté ne contient que trente commu- « niants; mais j'y trouvai la plus belle merveille de « la nature et le plus grand effort de l'industrie hu- « maîne que j'aie rencontrés dans mes longs voyages, « c'est un volcan maîtrisé.

« Cet endroit est dans la montagne, au bord d'un " petit fleuve; il contient, comme Ou-tong-kiao, des « puits de sel creusés de la même manière, c'est-à-dire « avec un éperon ou tête de fer crénelée en couronne, « lourdedetroiscentslivresetplus. 11 ya plus de mille « de ces puits ou tubes qui contiennent de l'eau salée. « En outre, chaque puits contient un air inflammable « que l'on conduit par un tube de bambou ; on l 'allume « avec une bougie, et onl'éteinten soufflant vigoureuu sèment. Quand on veut puiser de l'eau salée, on éteint i( le tube de feu ; car, sans cela, l'air montant en quanti tité avec l'eau ferait l'explosion d'une mine. Dans une H vallée se trouvent quatre puits ,qui donnent du feu en « une quantité vraimenteffroyable,etpointd'eau;c'est » lâ, sans doute, le centre du volcan. Ces puits, dans le » principe ont donné de l'eau salée ; l'eau ayant tari, on « creusa, il y a une douzaine d'années, jusqu'à trois « mille pieds et plus de profondeur, pour trouver de « l'eau en abondance. Ce fut en vain; mais il sortit M soudain une énorme colonne d'air qui s'eshale ea H grosses particules noirâtres. Je l'ai vu de mes yeux;

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« cela De ressemble pas à la fumée, mais bien à la « Tapeur d'uae fournaise ardente. Cet air s'échappe « avec un bruissement et un ronOement affreux qu'on «t entend de fort loin. Il respire et pousse continuel- <i lement, et il n'aspire jamais; c'est ce qui m'a fait « juger que c'est un volcan qui à son aspiration dans i< quelque lac, peut-être même dans le grand lac du « Hou-kouang,àdeuxcentslieues de distance. Ilya bien, • sur une montagne éloignée d'une lieue, un petit lac Il d'enïîron une demi-lieue de circuit, excessivement « profond ; mais je ne puis croire qu'il suffise pouralio menter le volcan. Ce petit lac n'a aucune communi- « cationavecle ûeuveetnese foumitque d'eau de pluie. « L'orifice des puits est siirmonlé d'une caisse de -Il pierre détaille, qui a six ou sept pieds de hauteur, de « crainteque,parinadTertanceouparmalice,quelqu'iin « ne mette le feu à l'embouchure des puits. Ce malheur « est arrivé en août dernier. Qe puit^est au milieu d'une II vaste cour, et au centre de grands et longs hangars, H où se trouvent les chaudières qui cuisent le sei ; dès i( que le feu fui à la surface du puits, il se fitune explo- '< sion affreuse et un assez fort tremblement de terre. ■I A l'instant même, toute la surface delà cour fut en « feu. La flamme, qui avait environ deux pieds de hau- (I teur, voltigeait sur la superficie du terrain sans rien Il brûler. Quatre hommes se dévouent et portent une Il énorme pierre sur l'orifice du puits ; aussitôt elle vole Il en l'air; trois hommes furent brûlés, le quatrième Il échappaaudaDger;nireaunilabouenepurenté(ein' Il dre le feu. Enfin, après quiaze joursde travaux opiu niàtres, on porta de l'eau en quantité sur la montagne

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