‹ L'empire chinoisChapitre 107 sur 154 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

modestie admirables. C'est qu'ils Tenaient d'entrer, en quelque sorte, dans un pays étranger ; ils n'étaient plus chez eux; de peur de se compromettre, ils avaient laissé toute leur fierté à la frontière de leur province, se réservant, bien entendu, de la reprendre au retour. Pour le moment, il n'était question que de bien rapetissersoncœur, pour continuer la route sans encombre.

Le vice-roi du Sse-lchouen nous avait prévenus que dans la province du Hou-pé, les palais communaux étaientrareset peu convenables. APa-toungnous n'en trouvâmes pas du tout;mais nousy perdîmes peu, car nous allâmes loger au kao-pan, comme qui dirait à l'Institut. Le kao- pan, théâtre des examens, est, comme lewen-tchang-koun,palai3 descomposilionslittéraires, .un édifice appartenantàlacorporation desJettrés.Celui de Pa-toung n'avait rien de remarquable dans sa construction; il était seulement d'une propreté exquise, et avait, comme tousles établissements de ce genre, des sallesvastes et, par conséqueat,d'une grande fraîcheur. Les examens avaient eu lieu depuis peu de jours, et noustrouvâmes encore en place les diversesdéco rations disposéespourla cérémonie. Nous eûmesdans la soirée la visite d'une foule de lettrés, parmi lesquels plusieurs nous parurent d'une assez grande insignifiance,

La corporation des lettrés a été organisée dans le onzième siècle avant l'ère chrétienne; mais le système des examens tel qu'il existe maintenant, et qui sert de base au choix des mandarins pour l'administration, ne remonte qu'au huitième s)ècle,Ters le commencement de la grande dynastie desTang.Avant cette époque les magistrats étaient nommés par le peuple.

333 L'EHPIRB CHINOIS.

Aujourd'hui, comme nous l'avons déjà dit, le suffrage

unÎTerselaétéseulemenfconservédaasles communes, pour élire des maires qui portent le nom, de ti^HW dans le midi, etsian-yo dans le nord.

Les eiamens littéraires sonten voie de décadence et de dégénération comme tout le reste. Ils n'ont plus ce caractère sérieux, grave et impartial, qui, sans doute, leurTut imprimé à l'époque où ils furent institués. La corruption qui, en Chine, s'est glissée partout sansrien épai^ner, a pénétré également et les examinateurs et les examinés. Le règlement qu'on doit suivre dans 1» examens est d'une grande sévérité, dans le but d'éloigner toute espèce de fraude et de découvrir le véritable mérite du candidat; maison est parvenu, moyèanant finance, à rendre inutiles toutes ces précauttoos. Ainsi, quand on est riche, on peut connaître à l'avance les sujets désignés pour les diverses composilioos,et, qui pisest,les suffrages des jugessontvendusau plus offrant

Lesétudiantsqui ne sontpas de force suffisante pour subir les examens, et qui n'ont pu se procurer le programme des questions qu'ils auront à traiter, vont tout bonnement s'adresser, le salaire en main, à quelque gradué réduit à la misère. Celui-ci prend le nom du candidat, va subir l'examen à sa place et lui rapporte son diplôme. Cette industrie s'exerce presque publiquement, et les Chinois, dans leur langage pittoresque, ont donné à cette race de lettrés le nom de bacheliers eti erotipe.

Le nombre des bacheliers est très-considérable; mais, faute de ressources, soîtpécuniaires,soit intellectuelles, il en est très-peu qui puissent parvenir aux gra-

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