CHAPITRE TItl
<3es supérieurs, et, par suite, aux fonctions publiques. Ceuxquisont dans l'aisaDce jou issent à loisi r du bonheur incomparable de porter un globule doré au haut de leur bonnet. Ils aiment les réunions, les parades et les cérémonies publiques, où ils se font remarquer par un grand étalage de prétentions. Quelquefois ils s'occupent de littérature par désœuTrement,compo3entquelques nouvelles ou des pièces de poésie, qu'ils lisent à leurs confrères, dont les éloges ne tarissent jamais, à condition,bienentendu,qu'on leur rendra la pareille. Les lettrés pauvres et sans emploi forment dansl'empire une classe à part et mènent une existence indéfinissable.D'abord tout travail pénibleest en dehors de leurs goûts et de leurs habitudes. S'occuj3er d'industrie, de commerce ou d'agriculture, serait trop audessous de leur mérite et de leur dignité. Ceuxquitiea* nent le plusâ gagnersérieusementleur vie se fontmattres d'école etmédecins, ou cherchent à remplir quelque emploi subalterne dans les tribunaux ; les autres mènentune TÏe très-aventureuse, en exploitant le public de mil lemanières. Ceux des grandes villes ressemblent beaucoupà des gentilshommes ruinés; ils n'onl d'autre ressource que de se visiter les uns les autres, pour s'ennuyer à frais communs, ou se concerter sur les moyens à prendre pour ne pas mourir de faim. Ils s'en tirent ordinairement en faisant des avanies aux riches et queiquefoisaux mandarins pour leur extorquer de l'argent. Comme ces derniers ont ordinairement de gros péchés d'administration sur la conscience, ils □'aiment pas trop à avoir pour ennemis des bacheliers inoccupés et affamés, et toujours disposés à ourdir
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3» L-EHPIBR CHINOIS,
quelque intrigue, à dresser quelque guet-apens. Les procès sont encore une de leurs grandes ressources. Ils s'appliquent àlesfomenter.àenveaimer les parties; puis ils se cliai^ent, moyennant une honnête rétribution, de leur parler la paix, comme ils disent en leur langage, et de leur faire des commentaires sur le droit. Ceux dont l'imagination n'est pas assez vive et féconde pour leur fournir tous ces moyens d'industrie, cherebent à vivre de leur pinceau, qu'ils manient, pour la plupart, avec une admirable babilelé. Ils font un petit commerce de sentences, écrites en beaux caractères sur des bandes de papier peint, etdont les Chinois fontune prodigieuse consommation pour orner leurs portes et l'intérieur de leurs appartements. Il serait superflu d'ajouter que les littérateurs incompris du Céleste Empire sont naturellement les agents les plus actifs des sociétés secrètes et les agitateurs du peuple en temps de révolution. La proclamation, le pamphlet et le placard sont désarmes qu'ils manient pour le moins aussi bien que leurs confrères de l'Occident.
Quoique la littérature soit très-encouragée par le gouvernement et par l'opinion, cependant ces encouragements nevont jamaisjusqu'à donner des reveousaui littérateurs. En Chine, on ne fait pas fortune en écrivant deslivres, surtoutquand ces livres sont des nouvelles, des romans, despoésiesoudes pièces de théâtre. Quelque bien faits que soient ces ouvrages, les Chinois n'j attachentjamais une grande importance. Ceuxqiii sont capables de les apprécierles lisent sans doute avec plaisir, en admirent les beautés; mais, après tout, ce n'est pour eux qu'un jeu, une récréation. On ne pense pasà
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