CHAPITRE Vm
n qties seuls sachent se suffire à eux-mêmes. Ces Eu- « ropéens, si dédaigneux, si enorgueillis de sprogrès « qu'ils ont faits dans. les arts et dans les sciences de- <i puis trois cents ans, sont continuellement à s'infor-- « mer comment pensent, raisonnent et sentent des (( hommes qu'ils regardent comme leur étant fort in- « férieurssous tous les rapports; et ceux-ci ne s'in- « quièlent pas si les Européens raisonnent, ou même « s'ils existent. Oa, s'adonne à la littérature orientale « à Paris et à Londres, et l'on ne sait, à Téhéran ou à « Péking,s'ilyaaumonde une littérature occidentale, « Les Asiatiques ne songent pas â nous contester notre « supériorité intellectuelle; ils l'ignorent et ne s'en c< embarrassent pas, ce qui est incomparahlement plus « mortifiant pour des homities si occupés à s'en tarte guer et si disposés à s'en préyaloir. »
En Europe, en France surtout et en Angleterre, CD semble porter, depuis quelques années, un vif intérêt à tout ce qui se passe dans le Céleste Empire. Tout ce qui vient de ce pays pique la curiosité, et on cherche de toute manière à connaître ces originaux qui Teulent absolument vivre à part dans le monde. Or, il nous semble qu'on doit, avant tout, rechercher la cause de la bizarre existence de ce peuple dans l'excentricité de sa langue. C'est surtont en parlant des Chinois qu'il est vrai de dire que la littérature est l'expression de la société.
Ce qui distingue la langue chinoise de toutes les autres, c'est son originalité surprenante, sa grande antiquité, son immutabilité, et surtout sa prodigieuse extension dans les contrées les plus peuplées de l'Asie.
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33B LBHPIRE CBINOIS.
De toutes les langues anciennes, non-seulement c'est la seule qui soit encore parlée de nos jours, mais elle est encore la plus usitée de toutes les langues acluel- «les. On écrit le chinois et on te parle, suivant différentes prononciations, dans tes dix-huit provinces de l'empire, en Hantchourie, en Corée, au Japon, en Cochinchine, au Tonquin et dans plusieurs iles du détroit de la Sonde. C'est, sans contredit, la langue la plus généralement répandue dans le monde, et celle qui transmet les idées du plus grand nomhre d'hommes. La langue chinoise se divise réellemeut en deux langues bien distinctes, l'une écrite et l'autre parlée. La langue écrite ne se compose pas de lettres combinées ensemble pour la formation des mots; elle n'est pasalphabé tique ; c'est la réunion d'une immense quantité de caractères, plus ou moins compliqués, dont chacun exprime un mot, représente une idée ou un objet. Les caractèresprimitifs usités partes Chinois furentd'abord des signes, ou plutôt des dessins grossiers qui représentaient imparfaitement des objets matériels. Ces caractèresprimltifs furent au nombre de deuxcent quatorze. 11 y a quelques caractères pour le ciel, d'autres pour la terre et l'homme, les parties du corps, les animaux domestiques, tels que le chien, le cheval, le bœuf; les plantes, les arbres, les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, les métaux, etc. Depuis cette première invention de l'écriture chinoise, les formes de ces peintures grossières ont changé; mais, au lieu de les perfectionner, on semble s'être occupé de les corrompre; on n'a gardé que les traits primitifs, et c'est avec ce petit nombre de figures que les Chinois ont composé tous
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