‹ L'empire chinoisChapitre 112 sur 154 · CHAPITRE VIII. 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. 3i

aussi très-ineiacte. Si, pour savoir une langue, oa était obligé d'en connaître tous les mots, combien de Français pourraient se \anter de comprendre toutes ces innombrables locutions techniques qui composent la majeure partie de nos dictionnaires? On s'est encore imaginé, etooa affirmé dans des ouvrages très-sérieux, que l'écriture chinoise était purement idéographique. C'est une erreur; elle est idéographique et phonétique en même temps. La démonstration intrinsèque de cette ■vérité ue pouvant être bien comprise que par ceux qui ont une connaissance suffisante du mécanisme de cette langue, nous noua contenterons de donner une preuve qui sera à la portée de tout le monde . Les caractères chinois sont tellement phonétiques, que, dans toutes nos missions, ceux qui apprennent à servir la messe ont, à leur usage, un petit cahier où les prières latines sont transcrites avec des caractères chinois. Comment cela pourrait-il se faire, s'ils étaient simplement idéographiques ? Comment pourraient-ils rendre et exprimer exactement les sons de nos langues d'Europe ? Dans les bibliothèquesdespagodes,laplupartdeslivresde prières, que les prêtresbouddbistes sont obligés d'apprendre, ne sont d'un bouta l'autre que des transcriptions chinoises des livressanscrits.Lesbonzesles étudient et les récitent sans en comprendre le sens, parce que, au moyen de ces caractères prétendus idéographiques, on a fait une traduction du son,etnullementde l'idée. On peut dire quetoutcaractèrechinois est composéde deux éléments qu'on distingue, le plus souvent, avec beaucoup de facilité : l'un idéographique, etrautrepfaoaographique. Cela n'existe-t-il pas ainsi dans foutes les écritures?

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C'est aux philologues, et oon à nous, qu'il appartient de prononcer sur ces j^uestîons.

Les Chinois distinguentgénéraleraent,daQsla langue «crite,troi8 sortesde styles. Lestjleantique ou sublime, dont le type se trouve dans les anciens monuments liltéraires, et qui ne présente que des formes grammaticales très-rares ; le style vulgaire, remarquable paron grand nonlbre de ligatures et par l'emploi des mots composés pour éviter l'homophonie des caractères et faciliter la conversation ; enfin le style académique, qui participe des deux précédents, étant moins concis que le style antique et moins prolixe que le style vulgaire. Une connaissance approfondie du styleantiqueestin* dispensable pour lire les livres anciens et en général tous les ouvrages qui traitent de sujets bistoriques, politiques ou scientifiques, parce qu'ils sont toujours écrits dans un style qui se rapproche du style antique. Le style vulgaire estemployépourdes productions légères, les pièces de théâtre, les lettres particulières, et les proclamations destinées à être lues à haute voii.

La langue parlée est composée d'un nombre limité d^intonations monosyllabiques, quatrecent cinquante, qui, par la variation Irès-subtile des accents, se multiplient jusqu'à seize cents environ. Il résulte de laque tous les mots chinois se groupent nécessairement ea séries homophones, d'où peuvent résulter un grand nombre d'équivoques, soit dans la lecture, soit dans le langage ; mais on évite cette difficulté en accouplant des mots synonymes ou antithétiques. De cette manière, les équivoques disparaissent et la conversation ne se trouve nullement embarrassée.

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