‹ L'empire chinoisChapitre 118 sur 154 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

surtout, d'une politesse exquise, eussent été capables de réconcilier les plus difficiles avec les rites chinois. A notre arrivée, nous trouvâmes, sous un frais pavillon, au milieu d'iinjardin ombragé de grands arbres, une splendide collation composée de fruits délicieux. Parmi les raretés de ce riche dessert, nous remarquâmes avec plaisir de belles pêches, des cerises d'un rouge éclatant, et plusieurs autres fruits qui ne viennent pas dans la province du Hou-Pé ; nous ne pûmes nous empêcher d'en exprimer notre étonnement. Comment donc avez-vous fait, d!imes-nous à notre aimable mandarin, pour vous procurer des fruits si précieux? — Quand on veut être agréable à des amis, nous répondit-il, on en trouve toujours les moyens ; le cœur a des ressources inépuisables.

Nous passâmes la journée tout entière, et une partie de la nuit, à causer avec cet intéressant Chinois ; il aimait à nous interroger sur les divers peuples de l'Europe, et toujours il le faisait d'une manière sérieuse, sensée et digne d'un homme qui a de la portée dans l'intelligence, il ne nous adressa pas une seule de ces qustions puériles et niaises auxquelles ses confrères nous avaient tant accoutumés ; la géographie paraissait l'intéresser beaucoup, et nous devons dire qu'il avait, sur cette matière, des connaissances assez exactes. Il nous étonna beaucoup en nous demandant si les gouvernements européens n'avaient pas encore réalisé le projet découper l'isthme deSuezpourjoindre l'OcéanàlaMéditerranéc. Nous le trouvâmes très-bien fixé sur l'étendue et l'importance des cinq parties du monde,et surrespacequelaChineoccupesurleglobe.

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sci't lempiue cbinois.

Les EuropécDS sont dans unegrandc erreur en s'imaginantquelesChinoisignorentcomplétementlagéograpliie ; parce qu'on trouve chez eux descartes ridicules, des espèces de caricatures de la terre, fabriquées pour l'amusement du bas peuple, on aurait tort d'en conclurequeleshommesd'étuden'ensaTentpasdavaQlagL': à toutes les époques, les Chinois ont fait preuTe duo grand intérêt pourles connaissances géographiques. Il est évident qu'avec leur système actuel de rester chez eux et de n'y pas admettre les étrangers, il leur a clé difficile d'acquérirdes notions bien précises etbieudétaillées sur les autres pays ; on trouve cependant dans leurs auteurs desdétailsbien précieux, et Klaproth s'est servi utilement des géographes chinois pour jeter du jour sur la géographie del'Asie du moyeo âge. La récente et importante publication de M. Stanislas Julien (1), sur les voyages d'un Chinois dans l'Inde au septième siècle, prouve combien ilyaurait à apprendre dans les ouvrages de ces hommes qui savaient si bien voir, et raconter si fidèlement ce qu'ils avaient vu.

Nous avons remarqué, dans un livrearabe intitulé : Chaîne de Chroniques (2}, et composé au neuvième siècle, un passage bien capable de donner une idée de ce qu'on savait en Chine à une époque où nous ne savions pas grand'chose. Nous citerons volontiers ce fragment, qui nous a paru de nature à intéresser le lecteur. Voici comment s'exprime le narrateur arabe.

(I) Histoire 'te la vie de Hioueit-Thsaag et de ses voyages da»' l'Inde, etc., traduite du chinois par M. Stanislas Julien. Paris, 1B53.

(î) Relation des voyages faits var les Arabes et les Peisans cto-i l'Inde et à la Chine, dans le iteuviénte siècle de l'ère du-étienne, traduito par M, Reinaud, do l'Institut, t. I, p. 79 ol suiVi

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