CHAPITRE VUJ. 37t
M fou, pour lui recommander d'avoir des égards pour « moi, de me considérer plus que tous les fonction- « naires de son gouvernement, et de me fournir tout « ce qui me serait nécessaire, jusqu'au moment de « mon départ. Je vécus dans l'abondance et la satis- « faction jusqu'à mon départ de la Chine.
« Nous questionnâmes Ibn-Vahab au sujet de la ville « de Khom-dan, où résidait l'empereur, et sur la ma- « nière dont elle était disposée. Il nous parla de l'é- « tendue de la ville et du grand nombre de seshabitants. a La ville, nous dit-il, est divisée en deux partiesqui sont « séparées par une rue longue et large. L'empereur, le « vizir, les troupes, le cadi des cadis, les eunuques de « la cour et toutes les personnes qui tiennent au gouver- « ncment occupent la partie droite et le côté de l'orient. « On n'y trouve aucune personne du peuple, ni rien « qui ressemble à un marché. Les rues sont traversées « par des ruisseaux et bordées d'arbres; elles offrent « de vastes hôtels. La partie située â gauche, du côté « du couchant, est destinée au peuple, aux marchands, ■1 aux magasins et aux marchés. Le matin, quand le «jour commence, on voit les intendants du palais im- (1 pcrial,les domestiques de la cour, les domestiques « des généraux et leurs agents, entrer à pied ou àche- « val dans la partie de la ville où sont les marchés et tt les boutiques ; on les voit acheter des provisions et tout « ce qui est nécessaire à leur maître ; après cela, ils s'en a. retournent, et l'on ne voit plus aucun d'eux dans « cette partie de la ville jusqu'au lendemain matin.
« La Chine possède tous les genres d'agréments ; on Cl y trouve des bosquets charmants, des rivières qui
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u serpentent au travers; mais on n'y trouve 'pas le ■ palmier. *
£n lisant les relations de ces voyageurs arabes, on voit bien que, réellement, ils ont été en Chine ; et, à part les exagérations inhérentes au caractère oriental, il est facile de reconnaître le pays dont ils parlent. Il s'échappe de leurs récits comme des exhalaisons, des parfums, qui ne sont pas inconnus ; on sent la Chine. Chose singulière! ce peuple, souvent bouleversé par de longues et profondes révolutions, a néanmoins toujours conservé une teinte particulière, un cachet qui lui est propre et qui empêche de le confondre avec aucun autre peuple. Les Chinois du neuvième siècle, dont parlent les Arabes, sont bien ceux que retrouve Marco-Polo au treizième, quoiqu'ils soient soumis alors à la domination des Tartares mongols. Plus tard, au seizième siècle, les Portugais doublent le cap de Bonne- Espérance, vont découvrir la Chine, et reconnaissent ce peuple dont l'illustre voyageur [vénitien avait tant entretenu l'Europe. De nos jours enfin, on ne fait, en quelque sorte, que renouveler connaissance avec les vieux Chinois des Arabes et de Marco-Polo.
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