‹ L'empire chinoisChapitre 124 sur 154 · CHAPITRE IX. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 3S

« chaufTa; alors l'eunuque poussa l'audace jusqu'à « mettre à part ce qu'il y avait de mieux parmi les « marchandises et à s'en saisir, sans s'inquiéter des ré- « clamations du propriétaire.

Le marchand partit secrètement de Rhan-fou et se M rendit à Kbomdan, capitale de l'empire, à deux mois « de marche, et même davantage ; il se dirigea vers la « Chine dont il a été parlé. L'usage est que celui qui « agite la sonnette (1) sur la tète du roi soit conduit im- « médiatement, à dix journées de distance, dans une « espèce de lieu d'exil ; là, il est tenu en prison pendant « deux mois, ensuite le gouverneur du lieu le fait venir h en sa présence, et lui dit : Tu as fait une démarche « qui, si fa réclamation n'est pas fondée, entraînera la « perte et l'effusion de ton sang; en effet, l'empereur tt avait placé à la portée de toi et des personnes de ta « profession des vizirs et des gouverneurs auxquels il ne " tenait qu'à toi de demander justice. Sache que, si tu « persistesàt'adresserdirectement à l'empereur, etque « tes-plaintes ne soient pas de nature à justifier une « telle démarche, rien ne pourra te sauver de la mort ; « il est bon que tout homme qui voudrait faire comme « toi soit détourné de suivre ton exemple jusqu'au bout ; « désiste-toi donc de ta réclamation et retourne à tes « affaires. Or, quand un homme, en pareil cas, retire « sa plainte, on lui applique cinquante coups de bâton, H et on le renvoie dans le pays d'où il est parti ; mais, « s'il persiste, on le conduit devant l'empereur.

(I) L'empereur a, dans son patais, ane cloche il l'usage des opprimés qui rdclapieni sa protection. Elle ne fonctinnne pas plus aujourd'hnî que la cymbale des mandarinn.

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« Tout cela fut pratiqué à l'égard du Khorassanîen : H mais il persistadans sa plainte et demanda à parlera M l'empereur. Il fut donc ramené dans la capitale et (( conduit devant le prince ; l'interprète l'interrogea sur i< le but de sa démarche. Le marchand raconta com- 11 ment un débat s'était élevé entre lui et l'eunuque. Il et comment l'eunuque lui avait arraché sa marchan- « dise des mains. Le bruit de cette affaire s'était ré- « pandu dans Khan-fou et y était devenu public.

M L'empereur ordonna de remettre le Khorassanien « en prison, et de lui fournir loutce dont il aurait besoia « pour le boire et le manger; en même temps il fit « écrire par le vizir à ses agents de Khan-fou, pour les « invitera prendre des informations sur le récit qu'avnit 11 fait le Khorassanîen et à lâcher de découvrirla rérité, u Les mêmes ordres furent donnés au maître de la « droite, au maître de la gauche et au maître du centre; n en effet, c'est sur ces trois personnages que roule. " après le vizir, la direction des troupes; c'est à eux que « l'empereur confie la garde de sa personne ; quand le « prince marche avec eux à la guerre et dans les occai< sions analogues, chacun dés trois prend autour de lui « la placcqu'indique son titre. Ces trois fonctionnaires Il écrivirent donc à leurs subordonnés.

« Mais tous les renseignements qu'on recevait ten- 11 daientàjustifierlerécitqu'avaitfaitle Khorassanîen. « Des lettres conçues da ns ce sens arrivèrent de tous les « côtés à l'empereur. Alors le prince manda l'eunuque: « des que celui-ci fut arrivé, on confisqua ses biens, et 11 le prince retira de ses mains la garde de son trésor. Il En même temps le prince lui dit : Tu mériterais que

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