‹ L'empire chinoisChapitre 125 sur 154 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

< je te fisse mettre à mort ; tu m'as esposé aux censures :< d'un homme qui est parti du Khorassan, sur les fron- « tières de mon empire, qui est allé dans le pays des « Arabes, de là dans les cdntrées de l'Inde, et enfin « dans mes États, dans l'espoir d'y jouir de mes bîen- « faits ; tu voulais donc que cel homme, en passant,

< à son retour, par les mêmes pays, et en visitant les i< mêmes peuples, dît : J'ai été victime d'une injustice « en Chine, et on m'y a volé mon bien. Je veux bien » m'abstenir de répandre ton sang, à cause de tes an- « ciens services ; mais je vais te préposer à la garde des Cl morts, puisque tu n'as pas su respecter les intérêts « des vivants. Par les ordres de l'empereur cet eunu- 11 que fut chargé de veiller à la garde des tombes «royales, et de les maintenir en bon état,

<i Une des preuves de l'ordre admirable qui régnait « jadis dans l'empire, à la différence de l'état actuel {!), « c'est la manière dont se rendaient les décisions judi- '1 claires, le respect que la loi trouvait dans les cœurs, « et l'importance que le gouvernement, dans l'admi- « nistration de la justice, mettiit à faire choix de per- 11 sonnes qui eussent donné des garanties d'un savoir » suffisant dans la législation, d'un zèle sincère, d'un <i amour de la vérité à toute épreuve, d'une volonté <i bien décidée de ne pas sacrifier le bon droit en fa- «veur des personnes en crédit, d'un scrupule insur- 11 monlable à l'égard des biens des faibles et de ce qui 11 se trouverait sous leurs mains.

« Lorsqu'il s'agissait de nommer le cadidcscadis, le

1 1 ) A cntte lïpoque, Ipinpipe élait en révolution.

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3M) L'KHPIRB CHINOIS.

« gouTemement, avanl de l'investir de sa charge, l'enw voyait dans toutes les cités qui, parleur importance, •K sont considérées comme les colonnes de l'empire. Cet H homme restait dans chaque cité un ou deux mois, et u prenait connaissance de l'état du pays, dcsdisposi- « tiens des habitants et des usages de la contrée. Ils'in- « formait des personnes sur le témoignage desquelles « on pouvait compter, à tel point que, lorsque ces périt sonnes auraient parlé, il fût inutile de recourir à de « nouvelles informations. Quand cet homme avait vi- « site les principales villes de l'empire, et qu'il ne res> <( tait pas de lieu considérable où il n'eût séjourné, il « retournait dans la capitale, et on le mettait eu pos- « session de sa charge.

« C'était le cadi des cadis qui choisissait sessubal- « ternes et qui les dirigeait. Sa connaissance des divers « ses provinces de l'empire et des personnes qui, dans « chaque pays, étaient dignes d'être chargées de fonc- « lions judiciaires, qu'elles fussent nées dans le pays a mètne ou ailleurs, était une connaissance raisonnée, « laquelle dispensait de recourir aux lumières des gens <i qui, peut'être, auraient obéi à certaines sympathies, « ou qui auraient répondu aux questions d'une ma- « nière contraire à la vérité. On n'avait pas à craindre « qu'un cadi écrivît à son chef suprême une chose dont « celui-ci aurait tout de suite reconnu la fausseté, et « qu'il le fît changer de direction.

V Chaque jour un crieur proclamait ces mots â la « porte du cadi des cadis : Y a-t-il quelqu'un qui ait une « réclamation à exercer, soit contre l'empereur, dont la « personne estdérobée à la vue de ses sujets, soit contre

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