CHAPITRE X
de fusil, il est moins nécessaire de viser avec le bout du canon quede bien regarder Tobjet, absolument comme lorsqu'on veut frapper un but en lançant une pierre. Le tirdespclites coulcvrines fut,sans comparaison, ce qu'il y eutde plus divertissant pendant la parade. Nous avons dit qu'elles n'avaient pas d'affût etqu'ellesélaienl portées solennellement par deux soldats, ayant chacun un bout de lacoulevrine appuyé surl'épaule gauche, et retenu par la main droite. On ne saurait s'imag:tner rien de plus pittoresque quelafiguredecesmalheureuxquand OQ mettait le feu à la machine ; ils tenaient à montrer de la sérénité et de la grandeur d'&me ; on voyait qu'ils faisaient des efforts pour être impassibles ; mais la position était si critique, et les muscles de leur face prenaient des formes tellement inusitées, qu'il en résultait des grimaces étonnantes. Le gouvernement impérial, dans sa paternelle soUicitudeà l'égard de ces in fortunés portecoulevrines, a prescrit que, avant l'exercice, on leur tamponneraitsoigneusement lesoreillesavec du coton; quoique placé à une distance assez éloignée, il nous fut facile de constater qu'on ne leur avait pas épargné la précaution. On comprendqu'avecun tir de cette façon il ncdoitpas être très- facile deviser ; aussi s'en met-on peu en peine, ctleboulets'en va où il peut. Pendant les exercices on a la prudence de ne tirer jamais qu'à poudre. Lorsque la guerre a lieu en Tartarie ou dans les pays où l'on Irouïe des chameaux, il paraît que ces quadrupèdes sont chargés de mettre les coulevrines en batterie en les portant entre leurs bosses. Dans une série de tableaux représentant les campagnes de l'empereur Khang-bidanslepaysdesCEieuts,nousavons rencontré
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i38 L'EHPIBK CBiNOIS.
ungrandaombredecesbatteriesdecbameatre. Onpeut se faire une idée, d'après cela, de la difficulté que doi~ veot éprouver les troupes européennes dans une guerre contre les Chinois.
La revue se termina par une attaque générale des forlsdétachés. 11 nous serait impossiblede dire etd'expliquer ce qu'on fit, parce que nous n'y comprimes absolumentrien.Tout ce que nous savons,c'estqu 'on exécuta de longueset inimaginables évolutions, et qu'àplusieurs repriseson poussa des clameurs étourdissantes.Enfin les drapeaux cessèrent de s'agiter ; les juges de l'eslrade se levèrent en criant victoire ; l'armée tout enlière répéta trois fois la même acclamation, et un de nos voisins, qui, sans doute, avait l'intelligence de ce qui avait eu lieu, nous avertit que tous les forts, sans exception, avaient été emportés avec une rare intrépidité.
Nous retournâmes à notre résidence où nous vîmes bientôt revenir nos deux héros, couverts de poussière, de gloire et de sueur. Nous les questionnâmes beaucoup sur les exercices militaires auxquels ils venaient de se livrer avec tant de succès ; mais ils ne purent pas nous donner des renseignements bien précis ; ils ne surcol pas même nous dire quel rôle ils avaient joué au milieu de toutes ces évolutions. D'après leur propre témoignage, les deux tiers des soldats n'étaient pas plus habiles qu'eux, et se contentaient de suivre la direction et les mouvements des troupes d'élite. Ainsi on voit que, sur les cinq cent mille hommes composant, dit-on, la division chinoise, il y a à faire une forte réduction.
Le nombre des troupes maotchoues est à peu près évalué à soixante mille hommes. Nous pepsons que ces
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