CHAPITRE PREHIBR
L'opium ne se fume pas de la même manière que le tabac. La pipe est composée d'un tube ayant à peu près la longueur et la grosseur d'une flûte ordinaire. Un peu aïant l'extrémité de ce tube, on adapte une boule en terre cuite, ou d'une autre matière plus ou moins précieuse, et qu'on perce d'un petit trou qui communique avec l'intérieur du tube. L'opium est une pâte noirâtre et visqueuse qii'on est obligé de préparer de la manière suivante avant de fumer. On prend avec l'exlrémilé d'une longue aiguille une portion d'opium delà grosseur d'un pois, on le chauffe ensuite à une petite lampe jusqu'à ce qu'il se gonfle et soit parvenu à la cuisson et à la consistance voulues. Alors on dispose cet opium ainsi préparé au-dessus du trou delà boule, de manière à lui donner la forme d'un petit cône qu'on a le soin de percer avec l'aiguille, pour qu'il y ait communication avec la cavité du tube. On approcbe alors cet opium de la flamme de la lampe. Après trois ou quatre aspirations, le petit cône est entièrement brûlé, et toute la tumée est passée dans la bouche du fumeur, qui la rejette insensiblement par les narines. On recommence en8uitelamêmeopéralion,tequi rend celle manière de fumer extrêmement longue et minutieuse. Les Chinois préparent et fument l'opium toujours couchés, tantôt sur un côté et tantôt sur un autre ; ils prétendent que cette position est la plus favorable. Les fumeurs de distinction ne se donnent pas la peine de façonner euxmêmes l'opium; ils ont quelqu'un chargé de ces menus détails, et qui leur sert la pipe toute préparée,
AGanton, à Macao et dans les divers ports de la Chine ouverts au commerce européen, nous avons entendu
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3i L'EHPIRE CBINOIS.
biendespersonnesessajer de justifier lecommeree de l'opiuin, parce que, diéaient-elles, il s'avait pas essentiellement les mauvais eiïets qu'on lui attribuait, et qu'il en était comme des liqueurs fecmentées ou d'une l'oule d'autres substances, dont l'abus seul était nuisible. Un usage modéré ne pouvait être, au contraire, que d'un excellent résultalsur le tempe ramentfaibleelljmphatrque des Chinois... Ceux qui partent ainsi sont, en général, des marchands d'opium, et l'on comprend assez qu'ils cherchent, par touslesarguments possibles, à calmerles inquiétudesde leur conscience, qui leurcrie peut-être souvent: Ce que tu faisestune mauvaiseaction! Mais le mercantilisme et la soif de l'or aveuglent complètement ces hommes, doués, d'ailleurs, d'une grande générosité, et dont les coffres-forts sont toujoursouveris quand il y a des malheureux à soulager et debonnes <buvresà soutenir. Ces richesspécu]aleurs,vivantperpétuellemeiit au milieu du luxe et des fêtes, ne pensent pas même aux affreux désastres qu'ils préparent et consomment par leur détestable tratic. Quand du belvédère de leurs maisons, qui s'élèvent sur tes bords de la mer, somptueuses et splendides comme des palais, ils voient revenir de l'Inde leurs beaux navires glissant majestueusement sur les flots et entrant, voiles déployées, dans le port, ils ne réfléchissent pas sans doute que ces cargaisons renfermées dans leurs superbes clippers vont être la ruine et ta désolation d'un grand nombre de familles... A part quelques rares fumeurs qui, grâce à imeorganisaliontuutexceptioniiello, peuvent se contenir dans les bornes d'une prudente modération, tous les autres vont rapidement à la mort, après avoir passé
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