‹ L'empire chinoisChapitre 24 sur 154 · CHAPITRE il · texte numérisé non relu

CHAPITRE il

dans la salle où nous faisions antichambre, il ûous trouva occupés à lire des sentences mantchoues dont les murs étaient décorés. Il nous demanda, avec beaucoup d'affabilité, si nous comprenions cette langue. — Nous Tavons un peu étudiée, lui répondtmes-nous...; et nous essayâmes en même temps de lui traduire en chinois le distique mantchou que nous avions devant nous; il signifiait : -

u Si Tons êtes dans la solitade, ayez soin de méditer sur vos pra-

• près défauts, a Si vous converseï avec les hommes, gardez-vous de psrier dos

a fautes du prochain, n

Le préfet du Jardin de fleurs était Tartare-Mantchou . Il futd'abordétonné,puisescessîvement flatté que nous sussions la langue de son pays, langue des conquérants delà Chine,de lafamille impériale ; ses longs petits yeux s'écarquiUèrent dejoie et de bonheur II nous fit asseoir surune espèce de divan de satin rouge, et nous causâmes. La conversation n'eut aucun rapporta nos afl'aircs. Nous parlâmes de littérature et de géographie, du vent et de la neige,des contrées barbares et des pays civilisés. Il nous demanda des détails sur notre manière de voyager depuis Ta-tsien-lou ; s'il était vrai que, jusqu'il Rioung-tcheou, on nous avait fait loger dans les hôtelleries publiques, etc. Après avoir fortement invectivé contre le mandarin musulman qui avait gouverné l'escorte, il nous annonça qu'il allait nous faire conduire à la maison désignée pour notre résidence.

Nous ne trouvâmes plus à la porte de la préfecture dti Jardin de fleurs nos palanquins de voyage; ils avaient

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été remplacés par d'autres plus commodes et plus élégants. Notre petit état-major avait aussi été changé. Le logementqu'oDDOus avait assigné étant très-éloigoé, il Dous fallut parcourir, pour y arriver, les priocipaux quartiers de la ville. On nous introduisit enfin dans ud tribunal de second ordre,où résidait un mandarin dont les attributions sont à peu près analogues à celles d^un juge de pain. Plus tard nous aurons occas'îoti de parler plus au long de ce magistrat et de sa famille. Après avoir échangé quelques paroles de politesse avec le maître du lieu, nous fûmes installés dans nos appartements, qui se composaient, pour chacun, d'une chambre convenablement meublée et d'un salou de réception. Du reste, le tribunal tout entier fut mis à notre disposition, avec ses cours, ses jardius et un charmant belvédère qui dominait la ville, et d'où la vue s'étendait jusque dans la campagne.

La nuit était clause depuis longtemps ; tout le monde se retira, et nous pâmes enfin nous trouver seuls et méditer un peu en paix sur la singularité de noire position.Quel drame que notre existence depuis deux ans ! Notre paisible départ de la vallée des Eaux noires avec Samdadchiemba, nos chameauxetnotre tente bleue{l}; nos campements et notre vie patriarcale à travers les pâturages de la Tartarie; le fameux monastère lamaïque de Kounboum et nos longues relations avec les religieux bouddhistes ; la grande caravane thibétaine ; les horreurs et les péripéties de cette épouvantable route dans les déserts de la haute .Asie ; notre séjourà Lha-ssa ;

(1) Voir Souvenirs d'un voyage, passim.

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