CHAPITRE III
récolte. Dans les proviDces du nord les écoles sont moins nombreuses; les intelligences, un peulourdeset engourdies, subissent nécessairement l'influence de la rigueur du cliiuat.Les habitants du midi, au contraire, pleins de ■vivacité et de pénétration, s'adonnent avec ardeur aux étud^litté raires . A cruelquesesceptionsprès , tous les Chinois savent lire et écrire, du moinssuffisamment pour les besoins de la vie ordinaire. Ainsi, les ouvriers, les paysans même, sont capablesde tenir note deleursaffairesjoumalièressurunpetitcalepin, de faire eux-mêmes leur correspondance, délire l'almanacfa, les avis et proclamations des mandarins et, souvent les productions de la littérature courante. L'instruction primairepénètreméme jusque dans ces demeures flottantes qui recouvrent par milliers les fleuves, les lacs et les canaux du Céleste Empire. On est sûr de trouver toujours dans ces petites barques une écritoire, des pinceaux, une tablette à calcul, un annuaire et quelques brochures que ces pauvres mariniers s'amusent à déchiffrer dans leurs moments de loisir.
L'instituteur chinois est chargé, non-seulement de l'instruction, mais encore de l'éducation de ses élèves. Ildoitleurenseigner les règles de la poli tesse,Ies façonner à la pratique du cérémonial de la vie intérieure et extérieure,leurindiquerlesdiversesnianièresde saluer, etlatenuequ'ilsdoiventavoir dans leurs relations avec les parents, les supérieurs et les égaux. On a beaucoup reproché aux Chinois leur attachement ridicule aux minutieuses observances des rites et aux frivolités de i'étiquelte. On s'est pluàles représenter graves, compassés, se mouvant oujours comme des automates
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122 L'EHPIHB CUINOIS.
d'aprèscertaiaesrèglesinvariables.exécutantdansleurs salutations des manœuvres déterminées parla loi, et s'adressant solennellement des formules de courtoisie apprises, par avance, dans le rituel. Bien des gens vont même jusqu'à se figurer que les Chinois de la deruière classe, les porteurs de palanquins et 1^ crocheteursdes grandesvilles,soDttoujoursàse prosterner lesunsdevant les autres, pour se demander dix mille pardons, après s'être assommés de coups ou accablés d'injures. Ces extravagances n'existent nulle part en Chine; on les rencontre seulement dans les relations des Européens, qui se croient obligés, enparlantdece pays peu connu, de raconterbeaucoup de bizarreries et d'excentricités. En écartant toute exagération, il est certain que, chez les Chinois, l'urbanité est un signe distinctif du caractère national. Le goût des convenances et delà politesse remonte parmi eux à la plus haute antiquité, et les philosophes anciens ne manquent jamais de recommander aux peuples la âdèle observance des préceptes établis pour les rapports sociaux. Confucius dit que les cérémonies sont le type des vertus, etsontdestinées à les con8erver,à les rappeler, quelquefois même à suppléer. Ces principes étant les premières notions que les maîtres inculquent aux élèves dans les écoles, on ne doit pas être surpris de trouver, dans tous les rangs de la société, des manières qui se ressentent plus ou moins de cette politessequi est la base de l'éducation chinoise. Les gens même de la campagne, les paysans, se traitent ordinairement entre eux avec des égards et des prévenances qu'on ne rencontre pas toujours en Europe parmi les classes laborieuses.
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