‹ L'empire chinoisChapitre 47 sur 154 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Départ de Tching-tou-fou. — Lettre jetés dans notre palanquin, à la porte de la ville. — Christianisme en Chine. — Scn introduction an cinquième et au sixième siècle. — Monmnent et ingcription de Singan-hiu. — ProgrËa du christianisme en Chine au quatorzième siècle. — Arrirée des Portugais en Chine. — Maj^o. — Le P, Matthieu Bicd. — Départ des premiers missionnaires français, — Prospérité do la religion BOUS l'empereur Khang-hi.— Persécution de l'empereur Youngtching. — Délaissement des missions. — Nombreux départs de nouveaux missionniùres. — Coup d'ieil sur l'étal actuel du christianisme en Chine. — Motifs de l'hostilité du gouvernement à l'égard des chrétiens. — IndilTérentiame des Chinois en matière de religion. — Exempte dece^ in différentismc.— Honneurs qui nous sontrendus en route. — Halte i. un palais communal. — Escroquerie de maître Ting. — Navigation sur le fleuve Bleu. — Arrivée ï Kien-tcheou.

Quand nous fûmes arrivés à la porte méridioaaie de la YÏlIe, nous remarquâmes, parmi la masse de peuple qui s'y était accumulée, UD grand nombre de chrétiens. Us [^lisaient le signe de la crois, afin que nous puissions les reconnaître, et pour nous donner, autantqu'il était en eux, des marques de leur sympathie. Leur ligure exprimaitla confiance elle contentementjcarilsavaient TU sans doute, dans les égards dont nous avions été entourés par le TÏce-roi et les premiers magistrats de la >ille,comme des signes précurseurs de cette liberté religieuse qui avaitsemblé luireun instant àleursyeux. Peut-être espéraient-ils aussi que les renseignements

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j4fl L'EMPIRE CBINOIS.

donnés de vive voix aux représentants de la France, sur la non-exécution des décrets impériaux, entraîneraient des réclamations capables de faire entrer enfin le gouvernement chinois dans des voies de justice et de modération. Si telles furent leurs espérances en nous voyant partir pour Macao, nous devons convenir qu'il s'en faut bien qu'elles se soient réalisées ; car leur situation, au lieu de s'améliorer, n'a été, au contraire, que s'aggravant de jour en jour.

Au moment oîi nous franchissions le seuil de la dernière porte de la ville, l'un de nous reçut, dans son palanquin, une lettre furtivement jetée par un chrétien qui se tenait blotti dans un coin ; elle était de monseigneurPerocheau,évêquedeMaïula,vicaireapostoliquc de la province du Sse-tchouen.Ce zélé et savant prélat nous'parlaitdes nombreuses persécutions locales qui désolaient encore son vicariat, et nous priait de rappeler aux mandarinsque nous rencontrerions sur notre route les promesses faites par l'empereur auxchrétiens de son empire. Notre résolution était priseà cet égard, et les recommandations du vénérable doyen des évéques de Chine ne pouvaientque nous y confirmer encore davan-, iage.Malheureusementnosetfortsnepurenlavoirqu'une influence très-restreinte.Leschrétientéschinoises sont toujours, comme par le passé,àlamerci des mandarins, et de plus,ellesontàredouter aujourd'hui le fanatisme et la barbarie des insurgés. Tout fait pressentir que les missionnairescontinuerontencorelongtempsde répandre la divine semence dans les pleurs et les souffrances.

C'estuiie chose bienjamentable que cette obstination du peuple chinois a repousser dédaigneusement

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