CHAPITRE IV
le trésor de la foi que l'Europe ne cesse de lui présenter avec tant de zèle, de dévouement et de persévérance. Nul sacrifice qui n'ait été fait en sa faveur; c'est assurément le peuple du monde qui a excité le plus vivement la sollicitude de l'Église, et c'est aussi celui quijusqu'ùce jour, s'est montré le plus rebelle. Le sol a été préparé longuement, tourné et retourné dans tous les sens, avec patience et intelligence ; il a été arrosé de sueurs et de larmes, engraissé du sang des martyrs; le grain évangélique y a été jeté avec profusion ; le monde chrétien s'est mis en prière pour attirer sur lui les bénédictions du ciel, et pourtant la stérilité est presque toujours la même, et le temps de la moisson n'est pas encore venu ; car peut-on appeler une moisson ces quelques épis à moitié mûrs qu'on rencontre çàel là, et qu'il faut se hâter de recueillir, de peur qu'ils ne tombent au premier souffle de l'orage ? 11 ae serait pas impossible, peut-être, d'assigner les causes principales qui s'opposent à la propagation de l'É- Tangile en Cbine; mais nous pensons qu'il convient de donner auparavant un rapide aperçu des diverses Tentatives qui ont été faites, à plusieurs époques, pour christianiser ce vaste empire.
Les premiers efforts pour faire pénétrer les lumières de la foi dans les contrées centrales et orientales de l'Asie remontent aux temps les plus reculés. Déjà, dans le cinquième et le sixième siècle, on peut découvrir les (races des premiers missionnaires qui se rendaient, par terre, de Gonstantinople jusqu'au royaume de Gathay; car c'est sous ce nom que la Chine a été d'abord connue en Occident. Ces apôtres s'en allaient un bâton à la
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I4S L'EMPIRE CEINOIS.
niain,côtoyant les rivières,fraDchissaDt les montagnes, traversant les forêts elles déserts, au milieu des privations et des souffrances de tout genre, pourannoncer la parole du salutàdespcuplesignorésdu reste du monde. Longtemps on a pensé que la Chine n'avait été éYangéliséeque fort tard, et seulement à l'époque où le célèbre et courageux Maltliieu Ricci pénétra dans l'empire, vers la dernière moitié du seizième siècle ; mais la découverte du monumeuLet de l'inscription de Si-nganfou (i), autrefois capitale de la Chine, prouve, d'une manière incontestable, qu'en G3S la religion chrétienne y était répandue et même florissante.
Cette inscription parle des nombreuses églisesélevées par la piété des empereurs, et des titres magnifiques accordés au prêtre Olopen (2), qu'on désigne sous le nom de Souverain gardien du royaume de ia grande loi, c'est-à-dire primat de lareligion chrétienne.Ea7i2,les bonxes excite rentune persécution contre les chrétiens, qui triomphèrent bieatôt,aprèsquelqucs épreuves passagères. «Alors, comme porte l'inscriplioD, la religion, " qui avait été opprimée quelque temps, commença de « nouveau à se relever. La pierre de la doctrine, pen- M chée uu instant, fut redressée et mise en équilibre. « L'an 744, il y eut un prêtre du royaume deTa-thsin(3) « qui vintàla Chine saluerl'empereur.quiordonnaau <> prêtre Lohan et à six autres d'offrir ensemble, avec
(I) On pent voir à Paris, dans ta Bibliothèqaa nationale, on c fique fac-similé da cette célèbre inscription. {2) Tout porte à croire que cet Olopen était Syiîen. (3) C'est ainsi que les Chinois désignaient, ^ cette époque, l'e
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