‹ L'empire chinoisChapitre 52 sur 154 · CHAPITRE IT. les · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT. les

yeux des infidèles, de peur d'exciter des soupçons, de donner l'éveil aux autorités et de compromettre leur ministère, la sécurité des chrétiens et l'avenir des missions. On comprend que, avec ces entraves rigoureusement imposées par la prudence, il est impossible au missionnaire d'agir directement sur les populations et de donner ua libre essor à son zèle. Nonseulement il lui est interdit d'annoncer en public la parole de Dieu, mais il y aurait souvent témérité de sa part à vouloir parler de religion, même en particulier, avec un infidèle dont il ne serait pas sûr par avance. Ainsi le missionnaire doit circonscrire et borner son zèle dans l'exercice du saint ministère. Aller d'une chrétienté à l'autre, instruire et exhorter les niJophytes, administrer les sacrements, célébrer en secret les fêtes de la sainte Église, visiter les écoles et encourager le maître et les élèves : voilà le cercle où il est forcé de se renfermer. Dans toutes les chrétientés il y a des chefs désignés par le nom de catéchistes et qui sont choisis parmi les plus réguliers, les plus instruits et les plus influents de la localité. Ils sont chargés d'instruire les ignorants, de catéchiser et deprésideràla prière en l'absence du missionnaire. Ce sontceux-làqui,en général, ont une action directe sur les infidèles, les instruisant des vérités de la religion et les exhortant à renoncer aux superstitions du boud-^ dbisme. Il est fâcheux que leur zèle pour la conversion de leurs frères ne soit pas plus ardent, et qu'on soit obligé de le ranimer à chaque instant par des encouragements de tout genre.

Telle est la méthode suivie généralement en Chine

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pour y propager t'Ëvangile. Oq comprend que les résultais doivent laisser beaucoup à désirer. Il se fait bien par-ci par-là quelques conversions, le nombre des chrétiens augmente, mais si lentement, et avec tant de difficultés, qu'on ne sait vraiment que penser de l'avenir de la religion dans ces'contrées. On compte à peu près actuellement huit cent mille chrétiens dans toilt l'empire chinois; qu'est-ce qu'un tel chiffre sur plus de (rois cents millions d'habitants? Ce succès est bien peu consolant, quand on rcûéchit qu'il a fallu, pour l'obtenir, plusieurs siècles de prédication et les efforts iacessants.de nombreux missionnaires.

Il est naturel qu'on se demande à quoi peut tenir cette désolante stérilité. D'abord il est incontestable que, le gouvernement s'opposant à la propagation du christianisme dans l'empire, les Chinois, avec leur caractère timide et pusillanime, n'oseront pas braver les défenses des mandarins, affronter les persécutions, et s'écrier avec une sainte liberté : » Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes 1 « Il se retrancheront dans la prohibitionde l'empereur, et toutseradit. Mais ne pourrait-on pas amener l'empereur à proclamer francheméat la liberté religieuse ? Nous ne le pensons pas. Ce n'est pas que le gouvernement chinois soit, de saoature, intolérant et persécuteur ; il ne l'est pas le moins du monde. En matière de religion, i! est d'une indifférence complète ; quoiqu'il admette, pour les fonctionnaires publics, un culte officiel qui se borne à quelques cérémonies extérieures, il est profondément sceptique, et laisse le peuple parfaitement libre d'avoir les idées religieuses qu'il lui plaira ; il l'invite même, de temps eu

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