CHAPITRE IV
Tance des rites. La recommaadatioa fut faite, maÏB elle eut un effet tout opposé à celui que nous' attendions. Les satellites, voyant que leur zèle avait été remarqué, n'en frappaient que plus forU
Après quatre heures de marche, nous arrivâmes à un koung-kouan (palais communal) où nous devions nous reposer un instant et prendre quelques rafraîchissements. Les gardiens du palais, revêtus de Leurs riches habits de cérémonie, nous attendaient à l'entrée de la porte, dont le haut avait été orné de tentures en taffetas rouge.Anotrearrivéeon initie feu àuopaquetde pétards suspendu au bout d'un long bambou, et nous fûmes introduits dans la salle de réception au bruit de cette mousqueterie chinoise et au milieu des salutations les plus profondes, que nous nous eSTorcione de rendre avec usure. Sur une table brillamment vernissée en laque, on avait servi un magnifique dessert composé de pâtisseries et de fruits, parmi lesquels s'élevait une énorme pastèque, dont la peau noire et épaisse avait été burinée de dessins de fantaisie par un graveur chinois. A côté de la table était un guéridon, qui supportait une jarre de porcelaine antique remplie de limonade.
Avant de nous mettre à table, nous vimes un des gardiensdu palais communal apporter une grande cuvette encuivrejaune, pleine d'eau bouiilanttii 11 y plongea quelques petites serviettes, et, après les avoir tordues pouren exprimerreau, ilen présenta uneà chacun de nous. On se sertdece linge tout chaud ettput fumant pour s'essuyer les mains etJa figure. Cet usage est universel dans toute la Chine ; on n'y manque jamais après les repas et quand on s'arrête quelque part pendant un
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voyage. Au commencement de notre séjour eu Chine, noue avions quelque peine à nous faire à cette pratique. Lorsque nous allions visiier nos chrétiens et qu'on nous présentait, à notre arrivée, un linge bien tordu d'où s'échappait une vapeur brûlante, noua étions assez portés à nous dispenser de la cérémonie. Plus tard, nous nous y étions accoutumés, et nous avions fini par aimer cet usage.
■ La chaleur et la poussière nous avaient tellement altérésquenousnemanquâmes pas défaire honneur aux fruits chinois, et, surtout àla limonade, qui était d'une fraîcheur exquise. Nous étions quelque peu surpris qu'on nous eût préparé de la limonade à la glace ; car cela n'est pas du tout conforme aux habitudes des Chinois ; quandils sontdévorés parla soif, ils ne savent rien de plus rafraîchissant que d'avaler une tasse de thé bien bouillant. Comme nous exprimions notre étonnement de trouver une boisson si conforme à notre goût et aux usages de notre pays, les gardiens du palais communal nous ioformèrentque le vice>roiavaitenvoyé le long de laroute, dans tous lesendroits où nous devions nous arrêter, un bulletinqui prescrivait, dans les plus menus détails, la manière dont nous devions être traités. Nous demandâmes à voir ce bulletin et nous y lûmes, en effet, qu'il était ordonné â tous les gardiens de Icoung-kouan de nous préparer des fruits aqueux, des pastèques, de l'eau glaciale assaisonnée au suc de limon et au sucre, parce que, ajoute le bulletin, tels sont les usages des peuples qui vivent au delà des mers occidentales. Il faut convenir qu'on ne saurait être plus gracieux et plus aimable que le fut le vice-roi du Sse-ichouen. Quand