CHAPITRE VI
Hanvaiae et dangereuse route. — Leang-cliaii, ville de troisième ordre. ~ ConteslaUons entre nos conducteurs et les mindarina de Leangchan. — Un jour de repos. — Nombreuses yisitos de chrétiens. — tin mandarin militaire de l'escorte se compromet. — Il esteiclu de notre table. — Grand jugement préaidé par les missionnaires. — Détails de ce singulier jugement. — Acquittement d'un chrétien et condamnation d'un mandarin. — Sortie triomphale de Leang-chan, — Servitude et abjection des Temmes en Chine. — Leur réhabilitation par le christianisme. — Hallre Ting prétend que les femmes n'ont pas d'ime. — Influence des femmes dans la convereion des peuples. — Arrivée à Yao-tchang. — HOtel des Béatitudes. — Logement sur an thé&tre. — Navigation sur le flenve Bleu. — La comédie et les comé* dienaen Chine.
Ëo quittant Tchang-tcheou-hîea, nous remarquâmes que les porteurs de palanquins étaient plus grands, plus vigoureiu et plus agiles que d'ordinaire ; ils nous emportaient avec une rapidité et une aisance qui tenaient du prodige. Maitre Ting nous dit, en passant à c6té de nous, qu'on avait fait un cboix parmi les porteurs de la ville parce que la route devait être pénible et dangereuse.
Nous ne tardâmes pas, en effet, à entrer dans un pays montagneux, coupé de profonds ravins, où les chemins n'étaient souvent que d'étroits sentiers en talus, formés de (erre glaise, et détrempés par une pluie abondante qui -n'avait pas cessé de tomber durant ta nuit précé-
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dente. Nous eussioDS bien désiré aller à pied, mais il nous eût été impossible de garder longtemps l'équilibre sur ce terrain glissant. On nons assura qu'il y avait encore moins de danger à rester dans les palanquins. Les porteurs, ayant l'habitude de ces misérables chemins, nous prièrent de nous confier en la solidité de leurs jambes. Nous comptâmes donc un peu sur eux et beaucoup sur la Providence.
Ces pauvres porteurs avançaient, en s'appuyant comme ils pouvaient sur un bâton ferré qu'ils piquaient de temps en temps dans la vase. Quoique cette manœuvre fût de nature à ralentir leur marche, ils allaient cependant avec tant de vitesse que nous en avions le vertige. 11 leur arrivait parfois de faire inTolontairemeal quelques entrechats ; alors le palanquin se balançait à droite et à gauche avec indécision et semblait vouloir s'échapper de dessus leurs épaules. La position était, en ces moments-là, peu rassurante, car il ne s'agissait de rien moins que d'aller rouler au fond d'un ravin et de se fracasser les membres contre d'énormes cailloux.
Nous ne quittâmes ces horribles sentiers que pour gravir de rapides collines, dont le sol, également Casant offrait de grandes difficultés, soit pour monter, soit pour descendre. Dans ces circonstances, pourtant, le danger n'était pas très-sérieux ; les chutes ne pouvaient avoir que le désagrément de retarder ta marche. Pourobvieràcel inconvénient, on attacbaitdevant le palanquin deux longues cordes auxquelles on attelait une douzaine d'individus qui faisaient ainsi avancer la machine.QuandilfalIaitdescendre,onplaçaitIescoriies ensens inverse pourmodérer l'impétuosité des porteurs.
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