CHAPITRE VI
t( mootagnes ; mais les sentiments du cœur parcourent " (!Q un moment des distances infinies.- Le jour et la ti nuit, nous penserons aux Pères spirituels.
(1 A Leang-chan, tous les Amis (1) de la religion se n réuniront, afin d'adresser des prières au Seigneur du (1 ciel, et de demander une paix inaltérable pour l'âme « et pour le corps. Nous élevons vers vous quelques a fruits du pays ; daignez abaisser votre main pour les « recevoir. Cette petit offrande est celle de notre cœur.
«Ces caractères sont tracés parles hommes pécheurs « et les femmes pécheresses de la famille Tchao. w
Le zélé mandarin militaire, confus de n'avoir découvert aucune trace de complot, tremblait de tous ses membres aux accents de notre colère factice. Le préfet de la ville arriva, avec tout son état-major, pour organiser la paix; mais i) s'y prit si mal, qu'il obtint un résultat précisément tout opposé à celui qu'il se promettait. 11 eut la maladresse de nous annoncer, tout d'abord, qu'il venait de faire arrêter et mettre en prison le chef de la famille Tchao, comme étant le principe et la source de cette malencontreuse affaire. — Un jugement 1 nous écria mes- nous, il faut un jugement! Si le chef de la famille Tchao a péché, qu'il soit puni selon les lois, pour l'exemple du peuple... Si le chef de la famille Tchao est innocent, alors c'est le mandarin militaire deTchoung-kingqui est coupable, et il doit être châtié. La paix a été troublée dans le palais communal ; nous qui voyageons sous ta sauvegarde de l'empereur, nous avons été insultés par un
(I) Kiao-you, c'est ainsi que les chrétiens chinois se nomment entre
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fonctionnaire; il faut que l'ordre soit rétabli par un jugement, et que chacun soit mis à sa place, bonoe ou mauvaise, suivant sa conduite...
Le préfet de Leang-chan, qui ne voyait pas bien clairement où nous voulions en venir, essaya de nous persuader que cette affaire devait. être considérée comme terminée, qu'il n'en devait plus être question ; que le chef de la famille Tchao allait être gracié et mis en liberté, et que, par conséquent, toutes les émotions de l'âme devaient cesser. A toutes ses eihortations et à celles de ses nombreux collègues, nous répondions toujours par le même mot : Un jugement! Si le chef de la famille Tchao est innocent, il n'a pas besoin de grâce ; sa conduite doit être examinée attentivement; il a été maltraité aux yeux de tout le monde. Notre honneur et celui de tous les chrétiens se trouvent engagés dans cette affaire. 11 faut un jugement public, afin qu'on puisse expliquer au peuple, avec clarté et méthode, les véritables principes du droit... Ceuxqui nous connais3ent,dimes-nousau préfet, savent que nous ne sommes pas des hommes à paroles légères et à résolutions flottantes ; ainsi, nous déclarons ici, en présence de tout le monde, avec droiture et sans ambiguïlé,quenousaequitteroQs Leang-chan qu'après un jugement public, auquel nous assisterons. Il est déjà tard, etonpeut donner immédiatement les ordres de faire, au tribunal, las préparatifs nécessaires. .. Nous adressant ensuite à maître Ting, nous lui dîmes que, l'beure du souper étant arrivée, il fallait se mettre à table; et, afin de ne pas prolonger davantage la discussion par notre présence, et pour inviter chacun à se
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