‹ L'empire chinoisChapitre 84 sur 154 · CHAPITRE YI · texte numérisé non relu

CHAPITRE YI

faire des chrétiennes... Nous essayâmes de lever les scrupules de maître Ting et de lui donner des idées un peu plus saines sur la question des âmes des femmes; mais nous ne sommes pas bien sûr d'avoir parfaitement réussi. La seule pensée qu'une femme pouvait avoir une âme le faisait rire de toutes ses forces. Cependant il nous dît, après avoir entendu notre dissertation : Je me souviendrai de la doctrine que vous venez de dé- . velopper. Quand je serai de retour dans ma famille, je dirai à ma femme qu'elle a une âme; elle en sera peut-être bien étonnée.

Les chrétiennes chinoises sentent profondément combien elles doivent à une religion qui est venue les retirer de ce dur esclavage où elles gémissaient, et qui, toutenles conduisant à un bonheur éternel, leurprocure, même durant cette vie, des joies et des consolations qui semblaient n'être pas faites pour elles. Aussi se montrent-elles reconnaissantes; elles sont pleines de ferveur et de zèle, et on peut dire que c'est principalement à elles que sont dus les progrès de la propagation de la foi dans le Céleste Empire. Elles maintiennent la régularité et l'exactitude à la prière dans la chrétienté; on les voit, bravant les préjugés de l'opinion publique, pratiquer avec dévouement les œuvres de la charité chrétienne, même envers les païens; soigner les malades, recueillir et adopter les eafants abandonnés par leurs mères. Dans les temps de persécution, ce sont elles qui, en présence des ma- 4]arins, confessent la foi avec le plus-de courage et de persévérance. Du reste, ce zèle des femmes pour la religion est de tous les temps et de tous les pays.

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« L'histoire remarque que, lorsque l'ÉvaDgile est « annoncé à un peuple, les femmes montrent toujours a une sympathie parUculière pour la parole de vie, et u qu'elles devancent habituellement les hommes par 8 lenr empressement divin à la recevoir et à la pro- « pager. On dirait que la docile réponse de Marie à « l'ange : Voici la servante du Seigneur, trouve dans «leurâme un échoplus retentissant. Ceci fui pré6gurê, a dès l'origine du christianisme, dans la personne des « saintes amies de la Vierge, qui, ayant devancé au « tombeau du Sauveur le disciple bien-aimé lui-même, « furent les premières à connaître la résurrection et « l'annoncèrent aux apôtres. La mission des femmes a « toujours été haute dans la prédication du cbrislîa- « nisme. Au commencement de toutes les grandes « époques religieuses, on voit planer une forme « mystérieuse, céleste, sous la figure d'une sainte. « Quand le christianisme sortit des catacombes, la « mère de Constantin^ Hélène, donna à l'ancien « monde romain la croix retrouvée, que Clotilde « érigea bientôt sur le berceau français du monde « moderne. L'Église doit, en partie, les plus beaux « triomphes de saint Jérôme à l'hospitalité que lui « offrit sainte Paula dans sa paisible retraite de Fa- « lestine, où elle institua une académie chrétienne de « dames romaines. Monique enfanta par ses prières le « véritable Augustin. Dans le moyen âge, sainte Hilde- <( garde, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse, « conservèrent, bien mieux que la plupart des docteurs « de leur temps, la tradition d'une philosophie mysti- « que, si bonne au cœur et si vivifiante, que, dans notre

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