‹ L'empire chinoisChapitre 90 sur 154 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Temple des compositions littérairea. — Querelle avec un docteur.— Un bourgeois k la cangue. — Sa délivrance. ~~ Visite au tribunal de Ouchan. — Préfetet coinmandant militaire de Ou-cban. — Médecine légale dea Chinois. — Inspection des cadavrea.— Fréquents suicidea en Chine. — Considérations à ce sujet. — Singulier caractère de la politesse chinoiao. — Limitea qui séparent la frontière du Sse-tchouen et celle du Hou-pé. — Goupd'œilsur leSae-tcbouen. — Ses principales productions. — Caractère des liabiunta.'— Kouang-ti, dieu de la guerre et patron de la dynastie mantchoue. — Culte officiel qu'on lui rend. — Puits de sel et de feu. — Connaissancesscientiflques des Chinois. — Étal du christianisme dans la province do Sae-tchonen.

Fou- kî-hien est une ville de Iroisième ordre, bâtie sur îarive gauche du fleuve Bleu ; nous fûmes frappés, en y arrivant, de la tournure élégante et distinguée de ses habitants. On nous dilque la littérature 7 était en grand honneur, et que, dans le district de Fouki-hien, on comptait unnombreconsidérabled'étudiantsetdelettrés de tout grade. Le palais communal de la ville étant situé dans un quartier peu aéré, on nousavaitpréparé unlogement très-frais ettrès-agréable au Mie«-(cAa?!j-A(tMn, ou temple des compositions littéraires ; c'est là que se tiennent les assemblées de la corporation des lettrés et qu'on fait les eïcamens des aspirants du baccalauréat. Nous trouvâmes ce wen-tchang-koun plus grand et plus riche que les édiSces du même genre que nous avions déjà eu occasion de visiter; nous y vîmes plusieurs salles spéciales, lambrissées en laque, et où on n'avait omis au-

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cune de ces ornementations qui, d'après les idées chinoises, sont la marque du luxe et de la grandeur. Ces Balles étaient destinées aux assemblées littéraires, et servaient aussi quelquefois pour les banquets ; car, eo Chine, les amis des belles-lettres ne dédaignent pas les réunions gastronomiques, et ils se sentent toujours également bien disposésà juger une pièce académique, ouàseprononcersurle mérite d'un bon morceau. Après s'être abreuvés de rin de riz ou de poésie, un magnifique jardin les invite à la promenade : d'un côté, on voit, parmi de grands arbres, une jolie pagode érigée eo l'honneur de Gonfucius, et, de l'autre, une rangée de petites cellules où sont enfermés les étudiants, pour traiter, par écrit, la question littéraire qui leur a été assignée par les examinateurs. Chacun ne doit avoir dans sa chambre que du papier blanc, une écritoire et des pinceaux: toute communication avec l'extérieur est interdite jusqu'à ce qu'ils aient terminé leur composition ; pour obvier à l'infraction de cette règle importante, on a soin de placer une sentinelle devantla porte de chaque étudiant.

Une tour octogone à quatre étages s'élevait an milieu du jardin. Comme nous avions la réputation d'aimer beaucoup le grand air, on avait eu l'aimable attention de nous loger au quatrième étage ; du haut de cette tour on jouissait d'un coup d'œil ravissant; envoyait se déployer, comme dans un magnifique panorama, les divers quartiers de la ville avec son enceinte de murs crénelés, la campagne parsemée de fermes, et couverte d'une culture aussi riche que variée; puis ce fleuve Bleu dont nous pouvions suivre le cours majestueux

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