CHAPITRE Vil
Les mandarins sont teaus de faire cette opération chaque fois qu'il s'élève le moindre soupçon sur la mort d'un individu; ils sont même obligés de faire eiihumer les cadavres et de les examiner avec soin, lore même que les miasmes qui s'en exhalent seraient capables de mettre leur«e en péril, « car, dit le livre « de médecine légale, l'intérêlde la société l'exige, et « il n'est pas moins glorieux d'affronter la mort pour » défendre ses concitoyens du fer des assassins que de « celui des ennemis; qui n'en a pas le courage n'est (I pas magistrat et doit renoncer à son emploi. »
Le Si-ynen passe en revue toutes les manières imaginables de donner la mort, et il explique la méthode pour les découvrir sur les cadavres. On est effrayé en voyant tous les genres d'homicide que les Chinois ont su inventer; ainsi l'article étranglé nous a puru trèsriche ; l'auteur distingue les étranglés pendtts , les étranglés à genoux, les étranglés couchés, les étranglés au nœud coulant et les étranglés au nœud tournant ; il décrit soigneusement toutes les marques qui doivent se trouver sur le corps, et qui indiquent si l'individu s'est étranglé lui-même ou non. Au sujet des noyés, il dit que leurs cadavres sont fort différents de ceux qu'on jette dans l'eau après les avoir tués; les premiers ont le ventre fortement tendu,les cheveux appliqués à la tête, de l'écume à la bouche, les pieds et les mains roides, et la plante des pieds extrêmement blanche ; on ne trouve jamais ces signes dans ceux qu'on jette à l'eau après les avoir étouffés, empoisonnés ou tués de toute autre manière. Comme il arrive fréquemment,en Chine, qu'un assassin cherche à cacher son crime par un incendie,
u3i.z.iit>,Coogle
304 L'EUPIIIB CBINOIS.
le Sir-yuen, au chapitre des brûlés, enseigoe la manière de reconnaître, par l'inspection du cadavre, si le mort a été tué avant l'incendie ou étouffé par le feu ; entre autres choses, il dit que, dans te premier cas, on ne trouve ni cendres ni vestiges de feu dans la buucbe et dans te nez, au lieu qu'on en Irouve toujours dans les autres. Le dernier chapitre traite des diverses espèces de poisons et de leurs réactifs.
Quelque habiles et vig^ilants qu'on suppose les magistrats, on conçoit que toutes ces pratiques de médecine légale doivent être, la plupart du temps, trèsiasuffisantes, et ne sauraient remplacer l'autopsie des cadavres, que des préjugés anciens et invétérés interdisent aux Chinois.
Il est impossible de parcourir le livre St-yuen sans demeurerconvaincuque le nombre des attentatscontre la vie des hommes est très-considérable, et, surtout, que le suicide est très-commun. On ne saurait se faire une idée de l'extrême facilité avec laquelle les Chinois se donnent la mort; il suffit quelquefois d'une futilité, d'un mol,pour les porter à se pendre ou à se précipiter au fond d'un puits : ce sont les deux genres de suicide le plus en vogue. Dans les autres pays, quand on veut assouvir sa vengeance sur un ennemi, on cherche à te tuer; en Chine^ c'est tout le contraire, on se suicide. Cette anomalie tient à plusieurs causes dont voici les principales : d'abord, la législation chinoise rend responsables des suicides ceux qui en sont la cause ou l'occasion, tl suit de là que, lorsqu'on veut se venger d'un ennemi, on n'a qu'à se tuer, et l'on est assuré de lui susciter, par cemojen.uneaffaire horrible ;il tombe im-
Dg.l.z«lt,,CoOgle