‹ L'Empire chinois: faisant suite à l'ouvrage intitulé Souvenirs d'un voyageChapitre 12 sur 39 · SIS · texte numérisé non relu

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CbIum» l'ffiiTdkmia d'une étoffe prédenee et Im prodi- ^yn de teodcMMim. Uo autre eoi, iaonroiitiDD d'iudrâ (en miMigsl, Borwumêia-Tinfiri), bapliislejeBoe diea 4abB BLne eaa divine. L'enfant reçut le nom d'Arddfaa- Chiddiet fut refionnu auseitAt^eur na être divin, «t l^oa pnéditiqu'ilsurpasteraJl ea «ainteté t(nite»les incapaotNBB préflédentes. Chacun l'adora en le saluant du titre idédieu des dieux (en moti^ Tingn-in~Tingri). ùis. incrget finent chaînées de le servir, sept le baignâient tons iet jours, sept ThabiHaîent, sept le ber* çaieat,8ept4e -tenaient propre, sept rammaient de lâurs jeux, trente-cinq aotroi «barmaient ses oreiHesfordM flbaotB et des iostrinnentk de musique. Arrivé à l'ige de fe ans, (m lui donna -pluneuFs.maUres, parim lesqudi se distinguait le sage Babourenou,dBqiiel il appvit la poésie, la mnsùiuè, le dessin, les sciences natbémati- (pieeedamédecinev U embarrrasa bientôt bcki instilu» leur par ses questions, et le piia ensuite 'de lui enseigner toutes :ies langues, condition indispentaUe, (Ueait< il^ de son aposttriai, qui tend à édairer le noade et à répandre, parmi lotîtes les nations, la eonnaissiHcejls h reËgiou et de la doctrine véritable. Hais le précefe tenrne savait qne les idiomeSife l'Inde, et oe fut l'élèn ^i lui ap(»ît ànquante laides étrat^èree avec leurs earaetfarra particuliers. 11 surpassa bientôt le geni» ha- ■BaÏD entier.

Atrin à l'âge de puberté, il neCasa de se marier, à moins jcpi'oa «te iiiî tromit uoe viwge ptHsédaat treiit&éeuK wcbis et perfections. A force de recfaercbes, on parviatà eadéconrrir une de la race de-Chakia ; mais ilifettutla di^iuteràMB eade, qui l'avait ttcboKiàe.:

216 l'ehpi» cHinots.

H était alors figé de vii^t aas ;- le nianage eat lîeo, et, l'anDée suivaote, la jeune épouse mit au mbude un fib qui reçut le nom de Bakholi, et elle eut, dans la suite, une fille. Bientôt, renonçant aux vanités mondaines, il se livra à la pratique des vertus et à la vie contemplative, quitta son épouse, sa famille et son précepteur, qui, affligés d'une telle résolution, firent 9e vains eSbrts pour l'en dissuader ; ils lui slgniGèrent même qu'on le retiendrait prisonnier dans le pfdais de Kabercbara ; mais il déclara qu'il en sortirait malgré eux, et dit à son instituteur : Adieu,-mon père, je vais entrer dans l'état de pénît^it; je renonce donc a vous, à l'empire, à mon épouse, à mon fits chéri ; j'ai des raisons suffisantes pour suivre ma vocation ; ne m'empêchez pas de Taccomplir, c'est un devoir sacré pour moi.

Monté sur un cheval que lui amena uo esprit céleste, il prit la fuite et se rendit dans le royaume d'Oodipa, sur les bords de la Naracara. Là, il se conféra à luimême le sacerdoce, se coupa .les cheveux et prit l'halMt de pénitent. Il substitua alors à son nom celui de Got»mâ, c'est-à-dire « qui éteint, qui amortit les sens » {go, a sens, net tamà, a obscurité, ténèbres ■»). Épuisé par des austérités prolongée, H se rétablit en se nourrissant du lait des vaches que Soutàdanoa, son pcxe, fit conduire dans le voisinage de sa retraite. Un grand singe Rb&kko-Manson vint souvent voir Gotamà ; un soir il iai porta des gaufres, du miel d'abeilles sauvages et des figues, et les lui présenta pour son repas. Gotamà, selfHl son usage, arrosa les figues et le miel d'eau bénite et en mangea. Le singe, bondissant de joie, tomba dans on {Hiils. En mémoire de cet accident, cette place fut con-

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sacrée çeiis le nom de Phee da offrandes du tingt. Un jour, il apaisa ud éléphant enivré de vin de coco, dirigé (xmtre hiipar un mauvais génie; en lui faisant un signe de ses doigts.

Uchoisit alors une retraite encore plus sauvage où il ne fut suivi que par deux de ses disciples, Gfaari, le fils de soa précepteur, et le célèbre MalourToni, Quelque ^tHgnée quefât cette retraite, ses ennemis surent la découvrir et crurent le tenter par des questions insidieuses. Ëriztou et Débeltoun se présentèrent les premiers et lui demandèrent avec une modestie feinte : Gîotamâ, quelle est ta doctrine ? Quel a été ton instituteur ? De qui as-tu reçu le sacerdoce ? — Je suis saint par mon propre mérite, dit Gotamà ; c'est moi qui me suis sacré mon propre ministre, Qu'ai-je à faire avec d'autres instituteurs? La reli^on m'a pénétré. — 11 repoussa les séductions de plusieurs femmes, et St, à cette occasion, jaillir du sein de la terre le génie tutélaire de ce globe, qui porta témoignage des vertus de Gotamâ. Cinq disciples favoris entouraient alors leur maître,. Voici leurs noms devenus célèbres dans l'bisloire du bouddhisme : Godinia, Datol, Langba, Huîgtsan et Saogdan.

Au bout de six ans, il quitta le désert pour aller exercer son apcetolat, auquel il se -prépara par un long jeûne. Ses disciples l'adorèrent, et aussitèt rayonna sur le vis^Ê du saint une auréole éclatante. 11 prît alors la toute de Varanasi (Bénarès) pour. y faire son entrée ; mais, absorbé dans une extatique contemplation^ il fit tarois fois le tour de, cette vilte sacrée avant de monter snr œ tr£^e qu'avaient .occupé successivement les fondateurs des trois époques religieuses antérienreB. Après

SIS L'mr

STOÛ-fiia poseesn» 4u ûég« supràae, ^ adofda le nom âc Chmkia-Moum, «lepéaitent4eChakia, a vécut dans lanlitade, et cootimu Ifs néclHatHMis prépMntoires par lesqaetles U préludait à ses nouTelles fonctions. Suivi de 8SS âpq diBÔples, il iraTena lea déserts, ae reaàii aor ks txH^ de rOoéan, et partout on l'aeeueillait avec vénécatioD. De retour à Bémrèc, il 7 développa ta doctr^, entoaré d'uoe mdltitade ioBCHnbrtfde d'anditeiwc de toutes les dasaea. Ses emejgDements sont Fenfertsés dans (Hte eoUectioa -de cent huit gros- voluines, oonni» sous )e nom génénqne de Gandjowr on instructàoii verbale. Us roident excluHTenent sur la métarA^nqae des créations et sur la nature frêle dt périssable de l'homme. Cet ouvrage moDomental se trouve dans toutes les biblîotbèques des grands couvents bouddhiques. La ^ua belle édition est celle de P^cing, de i'isrpninene impéiriale. Elle est en quatre langues, en tbibétaio, en moa> gid, en mantchou et en chinois. Le gonvemement est dans l'habitude de l'envoyer en eadeaa anx grands monaetères lamaïques.

Clnkia-MouDi' éprouva une vive <^>pontioo de la part des prêtres attachés aux aneienoes cnryanees -, mais il Iriomj:^ de tous ses adversaires à la suite d'une ^iseosâoa qa'il eut avee eux. Lenr chef se prgslema dervmt lui et se confessa Vaincu. En mémoire deceUiemphe t/oA mstituée une fêle qui dure pendant les premiers ipnnie jotuv du preoner mois. Chakia-Mouni rédigea alors tel principes foodamentaax de la tnor^ et le décalogne- Les prindpes moratix se réduisent à quatre : 1° la force de la miséricorde établie sur des bases iB^nariaUes ; S* l'élt^oement de toute ouauté ; 3* une eompassisD

nni boides eaven. tentas les créatoneB ; 4' une cou»: cicaoe râflexible 4iu la ioi. . , Siât le <1 jcalogne on lea dix pnscriptionB et prohUiitioiiB spéciales : l'uefw taer ; '2* ne pas Toler ; 3" t^rethaste ; 4** oe pas porter Hut ièoaoigange ; 6* ne pas mentir ; ô" ne pas jurer ; 9* éiftorloutes leBpKtiles impam ; 8*4ti« désinléreilé ; 9*nepaBee'v«ig;er;10*Depasétresuperstitiein:. Cette éiraîère défense est trës-remarquable et les bouddfaiitM •Maiiun'ea tienoentpas grand compte. Cbakia-Moroi dédara qoe les préceptes de cette règle des actions huiBaJOes -In a-nient été rérélés après les quatre grandes jprenres qu'ilav^ subies jadis, loraqu'U se voua à l'état de sahiteté. Ce code de morale «Mumeaçait à se répandre dans toute l' Asiélorsqu'îl quitta la terre, se dépouiU bat de ton «nveteppe niatrâri^ pom se réabsorba* «a fftaie oaiverselle, qui est ai Ini-mëme. Il avait aïon qmtre-TBigts ans. Avaût de dire is dernier adieu à se* disciples, il pré^t que le règne de sa doctrineserut de cinq miHe ans; qu'an bout de ce temps apparattraKun antre Bouddha, un autre hoinme-dien, prédestiné; depuis des aièdes, k Atre le prétoepteor du genre humain . D'ici k cette époque, ajouta-t-il, ma- rdigion sera en butte à des. perséeutione, mes ûd^es seront obligés de quitter l'Inde' pour ee retirer enr les plue hantes cimes du llubet, et ce platean, du haut duquel l'obserTateiv domine le monde, deviendra le palais, le sanctuaire et la métropole de ht vraie croyance.

TeUe estTlûïtoiretrès-abrégée de ce fameni fondateur du bouddhisme, qui essaya de renverser l'antique région des Hiadotis, le brahmanisme. 'Bouddha avait peur moyeà de conversion les miracles et k prédicatioii.

tlO l'upbi -chuws.

Sa légende et celle de ses principaux dîsdples soot remplies de prodiges et de merretlles qui atteignent souvent le comble de l'eitravagance. Le caractère domiaaDt du bouddhisme est un esprit de douceur, d'égalité et de fraternité, qaî coqtraste avec la dureté et l'arrogance du brahmanisme. D'abord Chakia-Monni et ses disciples cherchaient à mettre à la portée de tout le monde des vérités qui étaient auparavant le partage des classes privil^ées. La perfection des tn^maues était, en quelque sorte, égoïste ; la religitm n'était que pour.eux. Us se livraieqt à de rudes pénitences pour partager dans une autre vie le séjour de Brahma. Le dévouement de l'ascète' bbuddbiste était plus désintéressé. N'aspirant pas à' s'élever seul, il pratiquait la vertu et s'appliquait à la perfection pour en faire partager le bienfait aux autres- hommes. Eu instituant un ordre de religieux mendiants, qui prit bientôt des accroissements prodigieux, Chakia atUrait à luiet réhabilitait les pauvres etles malheureux. Les brahmanes se moquaient de lui parce qu'il recevait au nombre de ses disciples les misérables et les tutmmes repousses par les premières classes de la société indienne. Mais il se contentait de répondre : Ma loi est une loi de grâce pour tous... Un jour les brahmanes se scandalisaient de voir ^ne fiUe'de la caste inférieure des tchandala reçue comme religieuse. Chakia dit : « U n'y a pas, enére un Ix^mane et un « ho;nme d'une autre caste, la différence qui existe a entre ta pierre et l'er, entre les ténèlu^s et la lumière. « Le brahmane, en effet, n'est sorti ni de l'éther ni du « vent. 11 n'a pas fendu la terre pour paraître au jour « comme le feu qui s'échappe du bois de l'Arani. Le

. CBAPITH T. m

« brahmane-est né du sdn d'une femme tout comme le « tcfaandata. Où vois-tu donc la cause qui ferait que « l'na dtHt être noble .et l'antre vil? Le brabmaoe lui- « même, quand il est inort, est abandonné comme un « objet-vil et impur. 11 en est de lui comme des autres « castes ; où est alors la différence ? »

Les systèmes religieux du bouddhisme et du brahmanisme se ressemblent beaucoup. Les persécutions acharnées que les bouddhistes ont éprouvées de la part des brahmanes, doivent être attribuées, moins à des. divergences d'opinion.sur le dogme qu'à l'admbsion de tous les hommes, sans distinction de castes, aux fonction sacerdotales et' civiles, et. aux récompenses futures. L'emiHre du brahmanisme tenant essentiellemral à la hiérarchie des castes, ils c«it dû traiter en enijernis 1^ réformateurs qui avaient proclamé l'égalité des hommes en ce monde et daus l'autre. Ces persécutioQs furent longues et d'une violence ex,trême. A en croire les livres et les traditions bouddhistes, le nombre <des victimes sorait incalculable. En@n, vers le sixième siècle de notre èrty le brahmanisme obtint une victoire décisive sur les partisans de la rel^on nouvelle. Ceux-ci, expulsés de l'Hindoustan, - furent forcés de franchir les Himalaya, et se répandirent dans le Thibet, la Boukhariç, la Mongolie, la Chine, le pays des Birmans, le Japon, et même à Ceylan. La propagande qu'ils ont exercée dans tous ces pays a été tellement active, que le bouddhisme compte encore aujourd'hui plus de sectateurs qu'aucune autre croyance religieuse. Parmi les peuples bouddhistes que nous avons visités, ceux qui nous ont paru attachés à leur religion avec le plus d'énei^e et de sincéiité, ce

H% l'bviu cbhwu.

Uni lea BlMigob, pdt ymûorni les lUbébûn», «i tm- ■èmft IffiQ In CmgslaJi de CeyloH, et e^n le* Onuis, qm aoot tondtâs dans le sceptieùne.

A aotre psHBge à Ce^on, qaelqnèa boaUbisies noiii «ilditque lean livres âueiri ceuxquicoateBaie^ la paré doctrine de Boudiflia, et que, sdoo les tradUrs» èa pajB, Bouddha, foyant les penécutions des brahaianes, te sersh retiré dans leur lie; qa'il .s'ëlcm' ima lwel»azdu somiaet d*traç montagne, oàiLlaUiBi yempreÎDle de wn pied. Cette montagne est eellâ qu'en Bnnme aujourdiini U Pic à'Aémi, parce que kt nusolmuis prétendent que Femprante qu'on y Toit est odie do premier hoffitoe. Duis l'intérieur de- l'Ue ert le fiuneua temple de Candi, oà les boudâbiite» oomenent, «ËKuMb, one deirt de Bouddha.

TwitM Jw reUgieiu condamnées par le gouvernaunt cblDOU. — Formsles de sceptlclsm». — CondltioD des bouiee ta Chine. — HonaEt^res boaddhtBtM. — Architecture religieuse. — Temple de Pou-tou. — BlbUatbtqtu du nnnutèrc^ïteita^a Bupérieiff de» buties.— Proftmd respect des Cblnoia pour l'écriture. — Couyenta de bonuBsea. — Cërémoniée pour ramener les flmes dee morlboods quand elles se sauvent. — Hort d'un jeune bachelier. — Deuil desChliiDfa. — Sii^idlfre nuniève de j^enier les morts.. — EnleirementB. — Calte dos BHoéMs. — ClassiS cation chl DO le e des divers Sges de la vie. — Le mariage en Chine. — Servitude des femmes. .— Diacorde dans les ménages, — Eieir^leB. — Sectae des temmes abstinentes.

Les trois religîoos dont nous avons parlé dans le cha* pUre préeédeat, et qui sont personnifiées par Goafuciue, I^o-be et Bouddba eu Fô, existent encore ea Ghins. Après aToirluttéaTecachamement,'pendantde8 sièclea, l'une contre IVutre, aujourd'hui eU^ te sont réunies dans un indiffiéroitïame luùfersel, et il règne enb« elles nne pus profonde. Ce résultat doit.Atre principalemenl attribué à la classe des lettrés. Les docteurs de la raiBQB fft les bouddhistes s'étaient abandonnés à tant de super^ ■tîtions, que les disdple» de Confocins a'or^ pas eu dé peine à en montrer le ridicule. Le» panif^ilets' pleins de ■el et'de Torre dont ils a'ont cessé tf occdïler lee bcuKS et les tao-sse, ont Snî par étoufier, chez le peuple, toiil lenliaKDt religieux. Les empereurs mènes de' h dyna^ie nantchooe n'ont pas pe« copirilMiéàplopfsr

ISi l'bhpikb CHinOIB.

la natirai dans ce seepticisme qui la ronge et opère sa dissolution avec une si effrayante acUvité. 11 noas reste un recueil de sentences composées par l'empereur, Khang-hi, pour riostruction du peuple. Young-tching, qni succéda à Khang-hi sur le trône impérial, a fait, sur chacune des sentences de son père,- des commentaires destinés à être lus en public par les magistrats.

L'un des points suc lesquels le prince commentateur insiste avec le plus de force, c'est l'éloignement pour les fausses sectes, ou plutôt pour toutes les religions. U les passe en revue, les critique et les condamne toutes, sans eiception. Celle du bouddhisme, la plus répandue en Chine, est surtout l'objet de son improbation. 11 parle avec mépris des di^mes sur lesquels elle repose ; il on tourne les pratiques en dérision. Les bwiddhîstes , comme les autres partisans des sectes indiennes, attachent beaucoup d'importance à certains mots ou à certaines syllabes qu'ils répètent perpétuellement, croyant se purifier de tous leurs péchés par l'articulation seule de ces saintes syllabes et faire leur salut par cette dévotion aisée. Le commentateur -impérial raille assez malicieusement cet usage. -^ Supposez, dit-il, que vous ayex violé les lois en quelque point, et que vous soyez conduit dans la salle du jugement pour y être puni ; si vous vous mettez à crier, à tue-téte, plusieurs milliers de fois, Foire Excellence 1 Votre Excellence ! croyez-vous que, pour cela, le ma^trat vous épargnera ? — Ailleurs, la similitude ne tend à rien moins qu'à détruire toute- idée d'un euHe ou d'un hommage quelconque à rendre à la Divinité, C'est une. véritable prédication d'athéisme adressée par le souverain à ses sujets; — ■ Si vous ne

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brûlez pas du papier en l'boanear de F6, et ei tous ne déposez pas des offrandes sar ses autels, il sera mécontent de TOUS et fera tomber son jugement sur vos t£tes. Votre dieu Fô est donc un misérable. Prenons pour exemple le magistrat de votre district : quand vous n'iriez jamais le complimenter et lui faire la cour, si tous étee honnêtes gens et appliqués à totre deToir, il n'en fera pas moins d'attention k tous ; mais, si vous b-ansgressez la loi, si tous commettez des violences, et si TOUS usurpez les droits des autres, tous aurez beau prendre mille voies pour le flatter, il sera toujours mécoDtent de vous.

L^ religion chrétienne n'est pas épai^ée par le commentateur de l'empereur Kbang-bi, qui fut très-faTOrable aux missionnaires, mais qui ne vit jamais en eux, quoi qu'on en ait dit, que des savants et des artistes dont il pouTait tirer parti pour le bien de l'Etat. Le passage suiTant de son successeur Young-tcbing en est une preuTe. — La secte du Seigneur du ciel (l) elle-même, dit-il, cette secte qui parle sans cesse xlu ciel, de la terre, et d'êtres sans ombre et sans substance, cette religicm est aussi corrompue et pervertie. Mais, parce que les Européens qui renseignent, savent l'astronomie et sont versés dans les mathématiques, le gouvernement tes emploie pour corriger le calendrier; cela ne veut pas dire que leur religion soit bot^ne, et tous ne deTez nullement croire à ce qu'ils tous disent.

Un semblable ense^emeot, venu de si haut, ne pouvait manquer de porter ses fruits. Toute créance aux

(0 C'est aiaa qu'on daigne, en OiSne, la religloa ehrétlenne.

S36 LBMPIII CBIROtS.

Choses de l'âme et de la Tie falure a été éteinte. Le sen* tîment reli^eux s'est évanooi ; les doctrines rivales ont perdu toute autorité, et leurs partisans, devenus impies et sceptiques, sont tombés dans l'abtme de l'indifiéreDtisme, où îls^ se sont donné le baiser de pais. Les discussions religieuses ont cessé de toute part, et la nation chinoise tout entière a proclamé œtte fameuse formule, dont tout le monde est sa^fait : San-kiao, y-kitw, c'està-dire : « Les trois religions s'en sont qu'une, n Ainsi, tou9 les Chinois sont à la fois sectateurs de Gonfucius, de Lao-tze et de Bouddha, ou, pour mieux dire, ils ne soutrieudu tout ; ilsrejettenttout d(%me, toute crojance, pourvivre au gré de leurs instincts plus ou moins dépra> TflS et corrompus. Les lettrés ont seiilement conservé un certain engouement pour les livres classiques et les principes moraux de Gonfucius, que chacun explique i sa fantaisie en invoqoant toujours le ly, ou le rationalisme, qui est devenu leur principe général.

Quoiqu'on ait fait table rase des croyances religieuses, les anciennes dénominations sont ' reslées, et les Chinois s'en servent encore volontiers ; mais elles ne' sont plus qu'un vain signe d'une foi morte, l'épilaphe d'une religion éteinte. 11 n'«st rien qui caractérise mieux ce scepticisme désolant des Chinois que la formule de politesse que s'adressent des inconnus quand ils veulent se mettre en rapport. Il est d'usage qu'on se demande à quelle suUime religion on appartient. L'un se dit confucéen, l'autre, bouddhiste, un' troisième, disciple de Lao-tze, un quatrième, sectateur de Mahomet ; car il existe, en Chine, un grand nombre de musulmans. Chacun fait l'éloge de la religion dont il n'est pas; la politesse le

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reut ainsi ; el puis tout le rnoode finit par répéter-eo diœur: Pùut-foun-ktao, touw-ly, « Les religions soot diverses, la raison est une ; nous sommes tous frères.... M Celte formule, qui est sur les lèvres de tous les Chinois, et qu'ils se renvoient les uns aux autres avec nne exquise urbanité, est l'expressiou bien nette et bien précise de l'estime qu'ils font des croyances religieuses. Aleursifeux, les cultes sont tout bonnement une affaire de goût et de mode ; On ne doit pas y attacher plus d'importance qu'à la couleur des vêtements.

Le gouvernement, les lettrés, le peuple, tout le monde regardant les religions comme choses futiles et de nul intérêt, on comprend qu'il doit régner, en Chine, une tolérance incomparable pour toute espèce de culle. Les Chinois jouissent, en effet, sur ce point, d'iine grande liberté, pourvu, toutefois, que l'autorité ne se persuade pas que, sous prétexte d'association religieuse, on cache on but politique et nuisible à l'Etat. C'est pour ce seul motif, comme nous l'avons déjà dit, quele christianisme est réprouvé et persécuté par les magistrats.

Nu) ne songe à tourmenter les bonzes et les tao-sse. On les laisse vivre dans la misère et dans l'abjection ail ftmd de leur demeure, sans que personne s'occupe d'eux, àrexceptiofl de quelques rares adeptes qui vontquelqiiefois consulter les sorts, brûler un peu de papier peint et des bâtons de parfums aux pieds des idoles ou commander quelques prières, dans' l'espérance de faire immédiatement unegrosse fortune. Les modiques aumônes qu'ils reçoivent, en ces circonstances, seraient insuftisantes pour leur entretien, s'ils négligeaient d'y joindre les produits de quelque industrie particulière. La plupart

2fg l'bmpiu chinois.

d'entre eux tiennent école, et ceui qui ne sont pas assec iettrés pour eieeigner les livres classiques sont forc^ en quelque sorte, de parcourir Içs villages et de mendier leur riz ; car les revenus de leurs pagodes ne sont plus aussi considérables qu'ils l'étaient, dit-ôn, à d'autres époques. Les bonzes et les tao-sse mènent une existence si précaire et si humiliante, que leur nombre va toujours en diminuant. On ne voit pas trop pourquoi, en effet, des hommes, qui sont sans croyance religieuse, se résigneraient à une si profonde misère. Aussi, cette espèce de sacerdoce- d'uoe religion éteinte et d'un culte abandonnéest-il forcé de se recru terd'une singulière manière. Le bonze qui est attaché à une pagode achète, pour quelques sapèques, l'enfant de quelque famille indigente ; il lui rase la tête et en fait son disciple, ou plntAt son domestique. Ce pauvre enfant végète ainsi, en la compagnie de son matb-e, et s'accoutume insensiUemeat à'Ce genre de vie. Plus tard, il devient le successeur et rhéritierde celui à qui on l'avait vendu, et cherche, à son tour, à se procurer de la même façon un petit disciple. Voilà de quelle façon se perpétue la classe des bonzes, dont l'influence a été grande à diverses époques, comme on peut le voir en parcourant les Annales de la Chine, mais aujourd'hui, ces hommes ont complètement perdu leur autorité et leur crédit. Les peuples n'ont plus pour eux aucune considération ; souvent ils sont mis en scène sur le théâtre, et on ne manque jamais de leur faire jouer les rôles les plus inf&mes. U faut qu'ils soient tombés dans un bien grand mépris pour que l'insurrection ait cru se Fendre populaire eu les massacrant partout sur sou passage.

Autrefois il y avait, aux environs des pagodes les phis célèbres, de grands monastères, où des ~ bonzes nombreux Tivaient en communauté, à la manière des lamas du Thibet et de la Tartane. Ils possédaient de riches bibliothèques, où l'on trouvait réunis tous les livres de l'Inde et de la Chine, ayant quelque rapport avec le culte bouddhique. C'est là qu'on voyait les belles éditions du Gandjour, ou m Instructions verbales de Bouddha, » en cent huit gros volumes, eida Dimdjour, eo deux cent trente-deux volumes. Ce demier ouvrage est une sorte d'encyclopédie religieuse ou d'hi^ire ecclésiastique du bouddhisme. Aclùellem^t, ces fameu^s bonzeries sont presque désertes et abandonnées. Nons avons eu occasion d'en visiter un grand nombre, ett enU^ autres, celle de Pou-tou, l'une des plus renommées de l'Empire Céleste. Pou-tou est une île du grand archipel de Tchou-san, sur tes côtes de la province de Tcbé-kiang. Plus de cinquante monastères, plus ou moins importants, et dont deux ont été fondes par des empereurs, sont disséminés surles flancs des montagnes et dans les vallées de cette Ile pittoresque et enchantée, que la nature et l'art se sont plu à embellir de toutes les magnificences. On ne voit, de toute part, que des jardins ravissants, semés des plus belles Heurs, des grottes taillées dans la roche vive, parmi dés bouquets de bam-' bon et des touffes d'arbres aux écorces aromatiques. Les habitations des bonzes, abritées contre les ardeurs du soleil sous d'épais ombrages, sont dispersées çà et là, an milieu de ces sites gracieux. Mille sentiers aux détours capricieux, traversant des ravins, des élangset des ruisseaux, par te moyen de jolis ponts en pierre ou en bois,

font communiquer entre elles toutes ces demeares. Au centre de l'tte s'élèvent deux vastes et brillants bâtiments ; ce sont deux temples bouddhiques. Les briques jaunes dont ils sont revêtus annoncent que leur construction est due à la munificence impériale.

L'architecture religieuse des Chinois ne ressemble nullement à la nfitre. Ils n'ont aucune idée de ces édiâces grandioses, fermés de toute part, d'un style grave, majestueux, un peu sombre et mélancolique, en harmonie eoBn avec les sentiments que doit inspirer un lieu consacré au recueillement et à la piière. Lorsque les Chinoisveulentconstniire unepagode.ils choisissent, sur les flancs d'une mont^ne, ou dans le creux d'un vallon, un site riant et pittoresque ; on le plante de grands arbres, aux feuilles toujours verdoyantes, ou trace aux environs une foule de s^tiers, aux bords desquels ce multiplie les arbustes, les buissons fleuris et les plantes rampantes. C'est par ces avenues fraîches et parfumées qu'on arrive à plusieurs corps de bâtiments, entourés de galeries, et qù'oU prendrait moins pour un temple que pour une résidence champêtre, agréablement située dans un parc ou dans un jardin.

- On arrive au principal temple de Pou-tou par une large allée bordée de grands arbres séculaires, et dont répais feuillage est encombré de troupes de corbeaux à tête blanche, dont les croassements et les battements d'ailes à travers les branches font un continuel vacarme. A l'extrémité de l'allée est un magnifique lac, entouré d'arbustes qui s'inclinent sur ses bords comme des saules pleureurs ; des tortues, des poissons rouges, et quelques canards mandarins, aux couleurs

CHAFITM VI. ta

. étÎDcelaiites, se jouent à la surface des eaui, parmi de splendides nénuphars dont les riches et brillantes corolles se dressent majestueusement sur de longues tiges d'un vert tendre et moucheté de points noirs. Plusieurs ponts en bois rouge ou vert sont jetés sur ce lac, et conduisent aox nombreux degrés qui précèdent le premier bâtiment du temple, espèce de porche soutenu par huit énormes colonnes en granit. Quatre statues de grandeur colossale, deux il droite et deux à gauche, sont li en fiaction comme des sentinelles immobiles. Deux portes latérales conduisent de ce vestibule à ta nef principale, où siège une b^mté bouddhique représentant le passé, le présent et l'avenir. Ces trois statues, entièrement dorées, sont, quoique accroupies, d'une dimension gigantesque ; elles <»it au moins douze pieds de haut. Le Bouddha du milieu a ses mains entrelacées et gravement posées sur son majestueux abdomen. Il représenle l'idée du passé et de la quiétude inaltérable et éternelle à laqu^le il est parvenu. Les deux autres ont le bras et la main droite levés, eo signe de leur activité présente et future. Devant chaque idole est un autel , recouvert de petits vases pour les offrandes et de cassolettes ,en bronze ciselé, où brûlent sans cesse de. petits bâtons de parfums.

Une foule d'autres divinités secondaires sont rangées autour de la salle, dont les ornements se composent de lanternes énormes en papier peint ou en corne fondtie> Il y en a de carrées, de rondes^ d'ovales, de toute torme et de toute couleur. Les murs s<mt tapissés de larges bandes de satin, chargées de sentences et de nuximes. .

La tnùsiëme salle est consacrée à Kouang-yn, que le

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plupart des relations sur la Chine se sont obstinées à regarder pomme une déesse de la porcelaine, et quelquefois de la fécoodité. -D'après la mythologie bouddhique, Kouaag-;n est une personnalité de la Trimourti indienne, représentant la pnissance créatrice.

Enfin, la quatrième, salle est un paolhé<Hi ou pandémonium, renfermant un assortiment complet d'idoles hideuses, à figure d'ogre ou de reptile. On y voit péleméle les dieux du ciel et de la terre, des monstres fabuleux, les pabt>ns de la guerre, de l'artillerie, des manufactures de soie, de l'agriculture, de la médecine ; les images des saints de l'antiquité, philosophes, hommes, d'Etat, littérateurs, guerriers, en uii itiolj un assemblage des figures les plus grotesques et les plus disparates.

Ce temple en quatre parties, dont la construction et les ornements ont dû coûter des sommes éoorinea, est aujourd'hui dans un complet délabrement. La riche toitnre en tilles dorées et Ternissées est défoncée en plusieurs endroits ; de sorte que, lorsqu'il pleut, l'eau tombe sur la tête de ces pauvres idoles, qui auraient bien plus besoin d'un parapluie que des parfums qu'on brûle à leurs pieds. Les autres pagodes ne sont pas en meilleur état ; quelques-unes tombent entièrement en ruines, et les dieux, étendus de leur long, la Face contre terre, au milieu des décombres, servent parfois de sièges aux curieux visiteurs de l'Ile sainte.

Les vastes monastères de Pou-tou, oii autrefois les bonzes ont dû se trouver réunis en grand nombre, sont presque entièrement abandonnés à des légions de ratset i de grosses araignées qui tissent paisiblement leurs lattes toiles dans les cellules désertes. L'endroit le plus

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propre et le mieux ccHiservé. c'est la bibliothèque. Le bônze chargé de sim entretfen nous la fit visiter. Nous la trouT&mes bien inférieure à celles que nous avions vues dans la Tartine et le Thibet. Elle possède cependant environ huit.mille volumes, enveloppés de taffetas jaune, exactement étiquetés et rangés par ordre dans les cases qui entourent une vaste salle. Ces livres appartiemient exclusivement à la théologie et à la liturgie de la religion de Bouddha. Ils sont, pour la plupart, des traductions et quelquefoisde simples transcriptions cUnoîses des livres indiens, de sorte que les Chinois peuvent les lire couramment, mais sans jamais en comprendre )e sens. Nous dîmes au bibliothécaire que cet mconvénient était grave etque de pareils livres nous paraissaient peu propres à" développer chez les bonzes le goût de l'étude. — La famille religieuse de Bouddha, nous répondit-il, n'a plus d'attrait pour les livres. Les bonzes de Pou-ton n'en lisent aucun, pas plus ceux qu'ils pourraient comprendre que les autres. Ils ne mettent pas le pied dans la bibliothèque ; je n'y vois jamais que des étrangers qui viennent la visiter par curiosité.

Le religieux bouddhiste qui nous faisait cet aveu ne semblait pas partager l'indifTérence de ses confrères pour les livres ; c'était, au contraire, un vrai tjpe de bibliophile. Depuis dix-huit ans qu'il était à Pou-tou, il n'avait jamais quitté sa bibliothèque. Il y passait la jouniée entière et une partie des nuits, continuellement occupé, nous disait-il, à sonder la profondeur insondable de la doctrine. Quelques livres ouverts sur une petite table placée à un angle de la salle attestaient, en effet, qu'il faisait autre chose que garder simplement l'établisse*

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ment. Si nous, avions touIu l'écmiter, il paraissait toot disposé à passer en revue sa nombreuse collection, eo nous Eaisuit une petite analyse du contenu de chaque livre. .11 avait déjà commencé avec un merveilleux enthousiasme, et il était facile de voir qu'il trouvait rarement des visiteurs qui vouluàseut bien s'intéresser à ce qui était devenu pour lui un vérilahle culte. Le temps nous manquait pour l'entendre jusqu'au bout, et nous fûmes contraints bien à regret, de nous priver, Jui et nôus^ de ses savantes' dissertations.

Nous visitâmes le supérieur -de l'Ile, dont l'h^itaticHi avoisinait le principal temple; Les appartements qu'A occupait étaient presque propres ; on voyait même que certaines idées de luxe avaient jadis présidé à leur arrangement. Ce supérieur était un homme d'oôe quarantaine d'années. Son langage n'indiquait pas qu'il fut très-habile en littérature ou en théologie ; mais, à saa œil rusé, à ^ parole brave et bien accenbiée, on reccmnaissait un homme ayant l'habitude des affaires et du commandements II nous dit que, depuis quelques années, il cherchait à restaurer les [«godes de l'Ile, et que presque tous les bonzes qui vivaient sous son obâssance étaient occupés à quêter dans Tinlérieur de l'empire, pour se procurer les fonds nécessaires à la réalisation de son projet. Les quêtes étant peu productives, il ne manqua pas de Dousfaire de longues lamentations sur te .dépérissemrat du zèle pour le culte de Bouddha, Comme il savait que nous étions missionnaires, nous crûmes pouvoir lui exprimer franchement notre pensée au sujet de cette indiS'érencequ'^ldéptorût. — - Nous ne sommes oullem»it surpris, lui dtmes-nous, de voir les

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