CHAPITRE vnr
Départ de Bouang-tol-bien. — Orage. — Conrriers dn gonvemerooit.
— HaDiAre de correspondre par lettres, — Grande fête i Hoang-mAhien. — Peux d'artifice. — Musique chinoise. — Idée qu'un doit *e faire de la musique dee anciens. — Route impériale de Péking. — SïBtème roQtier en Chine- — Halte sur le bord du lac Poa-jaDg. — Embarquement. — Les cancrelats à bord d'âne Jonque. — Coup d'ail sur la province du Hou-pé. — L'agriculture en Chine.' — Fête impériale du tabonrage. — Dét^ls Eur l'apiculture. — Produits agricoles.
— Le bambou. — Le nénuphar. — Rii Impérial.— Caractère olnervateur des Cblnois. — Classlflcation des blés. — Ce que derienimt les hirondelles pendant l'hiver. — Manière de se servir d'un cliat en guise de montre. — Méthode pour empêcher les Inès de braire.
Au moment où nous allions quitter Kouaug-tsi-hien, nous reçûmes la visitedu préfet de la ville, auquel nous fûmes heureux d'adresser des reme'rcîments pour la manière dont il nous avait fait traiter. Nous lui demaudâmes des nouvelles de son fameuxchef de brigands. — Hier, nous dit-il, j'ai passé la journée tout entière à l'interroger, et c'est ce qui m'a empêché de me rendre auprès de vos personnes. J'ai siégé aussi pendant une partie delà nuit, sans pouvoir réussira lui faire dénoncer ses complices. Les kouan-konen sont comme cela ; ils se soutiennent mutuellement, jusqu'à affronter les tortures et la mort. Dans quelques jours, lorsqu'il sera remis et que les vestiges des supplices auront disparu, je l'espédierai pour la capitale, avec les pièces du procès ;
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les .tribunaux supérieurs d'Ou-tchang-foo s'en chargeront. Le ngan-teha-m, « inquisiteur des crimes, » essayera de le faire parler, mais je ne crois pas qu'il
U est d'usage^ en Chine, que lé juge, après avoir flagellé un accusé jusqu'au sang, on l'avoir roué de coups jusqu'à lui meurtrir .les membres, lui fasse appliquer des. remèdes pour ranimer ses forces, et le torturer de nouveau sans danger de le tuer. On prétend qua plusieurs de ces remèdes sont -d'une merveilleuse efficacité; les plaies se cicatrisent si promptement, que les supplices peuvent recommencer tous les jours.
11 y avait tout au plus une heure que nous avionsquitté la ville de Rouang-lsi-hien, lorsque le ciel se couvrit entièrement de nuages. Un violent coup de tonnerre' éclata brusquement sur nos têtes, et d'énoimes gouttes de pluie se mirent à'tomber. Nous craignîmes, un instant, d'être assaillis par quelque grand orage, et les gens de la caravane regardaient de ' toute part, avec anxiété, où nous pourrions nous réfugier. Le pays que nous traversions était un peu stérile et sAuvage ; les habitations étaient si rares, qu'on n'en apercevait d'aucim côté. On voyait seulement, dans le lointain, comme un gros village . situé dans une direction différente de celle de la route, et qu'il eût fallu gagner à travers champs. Le Saule pleureur était dans une perplexité extrême ; il venait à chaque minute demander ce qu'il y avait à faire, — La circonstance est fâcheuse, nous disail-41. — Oui, assez f&cheuse ; il parait que le temps va devenir contrariant. — Dans ce cas, quel dessein formez-vous? — Hais nous n'en formons pas ; la chose n'est pas facile.
— Et si l'orage éclate? — It faudra se réngn»; noai ne vojQiu^ rien da mieux pour le moaiaiit. . . Nob« co»* duoleur 06 fr'liabiMiail pu facilenlmt à cette idée de réngoation ; il revenait sans cesse à la charge, se figurant toujours que nous fiairitras.par'trouTer quelque moyen aitraordinaire de conjurer l'ort^;») ou wexpédientcfo^ OBOquâ (KHjr nowQiettre à l'idiri.-ll aTait l'nr de crare que des gens icomme ooiA ue devaiest pas éiré embar^ nasses dans un cas seniblable.
Heareuaem^t il n' j eut pas d'orage. Après ces premières gouttes, qui se précipitaient sor la terre larges comme de» Bapèques, la pluie se mit à tomber toat bcnH nement, avec un calme et une r^ularilé admiraUes. Cela dura ainsi pendant la journée tout entière, et personne n'y trouva le moindre inconvénient. L'atmo- ^hère, qui, auparavant, était étwjffaDle, devint d'une délicieuse ^alol^ur. Laboua n'était pasà.crain^^, ai nous marchions sur i» terraîu sablonneux, et d^ailleun sL«ec, si altéré, qu'il buvait avec une insatiable avidité toute l'eau qui descendait du ciel. Les porteurs de palanq(iin.parai0saientb)ui,beureuxde sentir tomber la {daie 8^ leur . dos, et de se procurer û facilement les jouissance» prolongées , du bain; Us riaient aux éclats^ cbantftieat de toute leur âme, et s'acquittaioit, en se jouant, de leur pénible fonction, l^s piétons et les cavaliers de la troupe n'étaient pas mcHns à Leur aise ; la t4te nue et n'ayant qu'uiji simple cale^m pour loiitvétemrat, ils savouraient avçç ; délices la fraîcheur de la pinie. Noos leur portions envie;. mais les eiigenoes des rites nous faisaient un devoir impérieux de rester enfermés dam nos palanquins.
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.Vers midi, -BtHK rômes joiDt»'parideiix Voyageurr fortement gercés aiix reins pae une triple-Cetntilre en' tofle 4e coton, coiffés d'jJDiohapeau pointu en'tolia, e^ portant en bandoulière, un éoorme étui Ternisse. Leurs chanssurâs étaient des sandales (ùtes aTeu des lanière» de cuir.- lia s'en allaient en silence, les bras branlants, d'un pas loi^ et toujours uniîorme,' sans pourtant aveir Vair de se presser. Leurs yeux étaient toujours fixés ta terre, et ils délournèreut à peine la tête j^uand' ils passèrent au nùlieu de notre caravane; dans un instant iU furent loin de nous, et bientôt nous les eûmes entière^ ment perdus de vue. Ces deux hommes étaient des cour^ riers du gouvernement ; ils se diri^eaient-rersla routé impériale, pqur la suivre jusqu'à Péking. L'étui ntniseé atlacbé sur leur dos contenait les dépêches de l'admipislration d'Où -Ichang-fou.
Le gouvernement chinois emploie' des courriers à pied et à cheval, dont le service se faU avec assez de ré^ gularité; par ce moyen, il se tient au courant de tout ce qui se passe dans les provinces et chex les peuf^efl. ttibulaires. Il e^flele, de détaijice en distance, sur toatM les routes principales, des dievanx de relais qu'on se Gontenle de faire aller au trot pour les dépêdies ordi^ naires. Si les aouvelles demandent plus de célérité, led estafettes vont, jour et nuit, au grand galop ; ou bi^ «W emploie desoourriersàpied, dontlamardie, dit-oi^ est plus rafùde.que le trot du cheval. Ces hommes^ avant d'être admis à remplir de sembl^les Fonction^ 4oivent s'être accoutumés, pendant longtemps, à faire de»course8.ayantles jambes entourées de poches rem^ plies de sable,' dont ils augmenteol tous les jours la
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quantité. Ils se briBent ainsi à d^ marches forcées et très-fatîgaates, et acquièrent peu à peu une grande agiUlé. Quand ils retranchent ensuite le poids auquel leurs jambes étaient habituées, ils peuvent marcher, ■ans peine, pendant plusieurs jours. Ces courriers n'ont jamais l'air d'être pressés ; on dirait qu'ils vont toujours d'un pas ordinaire, e( cependant ils avancent avec une remarquable rapidité.
En Chine, il n'existe pas de poste à l'usagedu public. Lorsqu'on veuteipcdier des lettres, il faut avoir recours à la complaisance de quelque voy^eur, ou envoyer, à ses frais, un commissionnaire; ce qui ne laisse pas d'être très-coûteux, quand il doit aller un peu loin : encore faut-il se résigner aux nombreux accidents de la route, et souvent ces lettres, après avoir occasionné tant de dépenses, finissent par s'égarer. Les missionnaires, habitués, en Europe, à une prodigieuse facilité de- correspondance, ont beaucoup de peine à se faire à toutes ces longueurs, à endurer tous ces embarras. Cinquante jours suffisent pour avoir les lettres de Paris à Canton ; mais, de Canton à Péking, il faut attendre trois mois.
Les Chinois. ne souffrent nullement d'un pareil état de choses; étant complélemenf dépourvus d'affection, ils n'éprouvent aucun besoin de correspondre avec leurs parents et leurs amis. N'envisageant les choses de la vie gue par leur côté positif et matériel, ils n'ont aucune idée de ces relations si douces de deux cœurs qui aiment à se rapprocher dans une correspondauce intime, et à se communiquer leurs joies et leurs souffrances. Us ne connussent pas^ies émotions si vives, dont on est subitement agité à la simple vue d'une écriture qu'on re-
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connaît. Leur main n'a jamais tremblé en décachetant une lettre. Il leur arrive même rarement de régler par écrit leurs affaires commerciales ; ils préfèrent se tran»^ porter sur les lieux, et les traiter de vive voii.
Ce n'est pas que les Chinois ne s'écrivent très-fréquemment. Ils ont l'habitude de s'adresser des missives toutes les fois qu'ils en trouvent l'occasion ; mais, dans leurs lettres, il n'if a jamais rien d'intime, rien, de confidentiel. Ce sont des formules banales, consacrées par l'usage, et qui peuvent être envoyées sans inconvénient au premier venu. Aussi, le premier venu s'empare-t-il d'une lettre qui arrive, la décachette et la lit, sauf à faire part ensuite de ce qu'elle contient à celui à qui elle est adressée; cela ne souffre pas la moindre difficulté. Liors(|ue quelqu'un écrit, pour peu qu'on soit curieux, on n'a qu'à se pencher par-dessus ses épaules^ et lire, sans se gêner, les caractères qu'il trace ; on n'y met pas plus de façon.
La première année de notre séjour dans l'Empire Céleste, un fait, dont nous fûmes témoin, nous fournit une exacte appréciation de l'importance et de la valeur d'une lettre chinoise. Nous étions tfvec un lettré, ori^naire de Péking, qui, depuis huit ans, avait quitté sen pays natal et sa famille pour venir remplir, dans une Tille du Midi, lés fonctions de maître d'école. Plusieurs conversations, que nous avionseues avec ce Chinois, nous avaient fait soupçonner qu'il n'était pas tout à fait, comme ses compatriotes, d'un naturel sec et insensible. Ses manières étaient- sympathiques, et il paraissait doué d'un cœur exceptionnel. Un jour, comme nous étions sur le point d'expédier un commissionnaire' à Péking,
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nous lui demaudinies s'il ne TOnUit rien euroyer à sa famille ou a ses ascieDs amis. Après avoir réfléchi un instant... 11 faudra liien, dit-il, que j'adresse une lettre i ma vieille mère; Toilà quatre ans que je n'ai pas en de ses nouvelles, et qu'elle ne sait pas où je suis. Aujourd'hui, puisque l'occasion est si favorable, il ne sera pa> mauvais que j'écrive quelques caractères... Nous troo- T&mes, il faut l'avouer, cette piété filiale bien peu fervente... Oui, lui répondîmes-nous, l'occasion est favorable ; mais il faudrait faire ceUe lettre sans trop de retard, parce que le commissionnaire doit partir ce soir. — Tout de suite, tout de suite, dit-il, elle va être prête à l'instant... ; et il appela un deses écoliers, qui étudiait, en chantant, dans une pièce voisine, sa leçon des livres classiques, peut-être une belle pagede Confucins sur l'amour des enfants envers leurs parents. L'écolier se présenta avec modestie et recueillement... Interromps ta leçon pour un instant, lui dit le maître, prrads ton pinceau, et fais-moi une lettre pour ma mère. Surtout, ne perd pas le temps, car le courrier doit bientôt partir. Tiens, voilà une feuille de papier... L'écoliw prit la feuille, et s'en alla tout bonnement écrire à la mère de son maître.
Les Chinois écrivent ordinair^nent leurs lettres snr du papier de luse, où sont imprimés, en rouge ou en bleti, des croquis d'oiseaux, de fleurs, de papillons et de personnages mythologiques. Les caractères chinois, étant toujours d'un beau noir, ne se perdent pas «i milieu de tous ces d^ils de fantaisie.
Quand l'écolier fut parti avec sa feuille de papier à lettre^ nous demandâmes au maître d'école si ce jeune
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honune conoais^ait sa mère... Du tout, dqbb réponditr il... Pro]>ablement qu'il ne sarait même pas si elle' TiTttit encore, ou si elle avait déjà salué le. monde... *— Dans ce cas, comment pourra-t-il faire cette lettre? To aa lui as pas même indiqué ce qu'il devait dire. — ËsW ce qu'il ne le sait pas ce qu'il faut dire? Voilà déjà plus d'uD aa qu'il s'exerce aux compositions littéraires ; Usait une foule de formules Irès-élégaDtes, et connaît parfaitement dû quelle manière un fils doit écrireà sa mère... A cela, il n'y avait assurément rien à objecter. Nous comprimes seulement qu'on admettait, en'Cbioe, une certaine différence entre la piété filiale telle qu'elle est mise en pratique, et celle qui se trouve si magniflquemeut décrite et commentée dans les livres.
L'écolier^ fidèle à la recommandation de son mfdtre, ne perdit pas beaucoup de temps. 11 revint bientôt après, avec sa lettre toute pliée 4aas une élégante en» veloppe, qu'il avait eu l'attention de cacheter ; de sorte que cet admirable fils ne se donna même pas la peine de lire l'expression. des sentiments onctueux de re^ect at:de tendresse qu'il adressait à sa mère. Sans doute, il les savait par cœur depuis longtemps, et il les avait luimême ense^nés à son élève. Il voulut, pourtant, écrire l'adresse de sa propre main, ce qui nous parut ase^ superflu, car cette lettre pouvait être remise, saas incoft- Ténieut, à une jnère quelconque du Céleste Empire, qui l'eût, sans doute, reçue avec autant de satisfaction que celle à qui on l'adressait.
Aprfe avoir voyagé la journée tout entière, à la fraîcheur d'une pluie battante, nous arrivâmesà Hoang-melbieu, ville de troisième ordre, située surle bord d'une
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petite rivière, non loin de la route impériale. La proximité du lac Pou-yang, du fleuve Bleu et de Ja route de Péking, donne à cette Tille une grande activité commeVciale. Elle reçoit toutes les marchandises qu'on expédie du nord et du midi de l'empire pour l'entrepAt central de Han-keou.
Hoang-meî-hien devait être notre dernière étape dans la province du Hou-pé. Nous y fûmes traités avec une splendeur et une magnificence auxquelles on nous avait peu habitués depuis que nous avions quitté la province du Sse-tcbouen, On eût dit que les mandarins deceUe ville avaient eu pour mission de nous faire oublier les nombreuses contrariétés dont nous avions été assaillis depuis plus d'un mois. LepalaiBcommunal,ot] l'on nous avait 1<^, était orné avec une certaine recherche. Outre les lanternes, les tentures en taffetas rouge, et les nombreuses sentences suspendues aux murs, on avait eu l'attention de placer dans les appartements des vases de Qeuru qui répandaient de tout côté une fraîcheur et un parfum exquis. Le cérémonial des visites fut observé dans tout ce qu'il a de plus rigoureux. Les mandarins et les personnages distingués de la ville vinrent nous voir en costume officiel. On fît beaucoup de révérencte, il y eut un échange considérable de paroles creuses, et enfin la nuit, chose étonnante et dont on ne s'était encore avisé nulle part, nous fûmes régalés d'un très-beau feu d'artifice et d'une mauvaise sérénade.
Le feu d'artificese composait d'une prodigieuse quantite de pétards, suspendus par gros paquets à des pei^ cbes de bambou, et dont les sèches et bruyantes détonations ne discontinuèrent pas nn seul instant. Ce per-
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pétuel roalement D'était interrompu que par des bombardes qui éclataiieal à l'iinproviste et avec grand fracas. Aux angles de la cour étaient les principales pièces d'artifice : des dragons et d'autres animaux chimériques qui vomissaient du fea par tous leurs pores. 11 y avait aussi des fusées de diverses couleurs, qui s'élançaient comme des flèches et allaient déployer dans les airs leurs gerbes étincelantes. Ce qui dous plut davantage, ce fut un petit système de roue que les Chinois DOmment soleil volant ; on le place dans uoe large assiette, simplement déposée à terre ;onallume cette roue, et aussitôt elle se met à tourner rapidement, en répaudant de toute part des masses de bluettes et de traits enflammés ; puis, tout à coup, le soleil volant s'élance perpendiculairement au haut des airs, en tournant toujours et en laissant tomber à terre comme une pluie de feu aux couleurs les plus vives et les plus variées.
Les Chinois ont toujours été passionnés pour la poudre, dont ils connaissaient l'usage longtemps avant les Européens ; mais leur goût est moins pronoucé pour la poudre de guerre que pour celle des feux d'artifice. Ayant été artificiers avant d'être artilleurs, on voit que leur première inclination ne s'est pas démentie, et que, dans leur estime, le pétard l'emporte de beaucoup sur le canon. Il entre dans^toutes les fêtes, dans toutes les solennités. Les naissances, les mariages, les enterrements, les réceptions de mandarins, les réunions des amis, les représentations théâtrales, tout cela «st animé, vivifié, par des détonations fréquentes. Dans les villes, les villages même, à chaque instant du jour et de la Dutt, on est sûr de voir quelque fusée ou d'eateadl-e
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quelque pétard. On croirait que Tempire chinois n'est qu'uneimmeDae fabrique' de pyrotechnie. Noos aTCue dit qae, dans les hameaux les plus paorres et les pins âépoarrus de choses nécessaires à la vie, on était Déanmoins toujours sûr de trouver à acheter des grainesde citrouille ; nous pourrions y joindre aussi les pétaixis.
La musique des Chiaoïs ne vaut pas leurs fetn d'artiÛce. D eet'probable qu'on avait rénoi, pour cette brillante' soirée, tout ce 'qu'il y avait d'artistes distingués dans la ville de Hoang-meî-hien. L'orchestre était con- .sid^rableet les instruments d'une grande variété. Il y avùt des hautbois, des violons, des Ûûtes assez semblables aux nôtres et plusieurs autres instruments a corde, a vent et à percussion, de formes tellement bizarres, que nous n'essayerons pas d'en faire la description. La musique chinoise présente un certain caractère de douceur et de mélancolie qui platt d'abord assez, peut-être à cause de son étrangeté ; mais elle est si monotone et si uniforme, qu'elle fatigue bientôt, et pour peu qu'elle se prolonge, elle fiait par agacer les nerfs. Les GhintHS ne font pas toujours de la musique au hasard, conuiM OH pourrait se l'imaginer ; ils ne se contentent pas de .souffler dans leurs instruments selon l'inspiration du moment. Ils ont des règles fixes ; leur gamme, qu'ils notent par des signes particuliers, n'admet pas de demitons; et de là vient, sans doute, la fatigante monotonie de leurs compositions, musicales. Elles sont, d'ailleurs, sans aucune valeur scientifique, ce qui n'empêche pas qu'on puisse y trouver quelquefois des airs plus ou moins agréables, comme on eb remarque aussi dans les chants des sauvages.