‹ L'Empire chinois: faisant suite à l'ouvrage intitulé Souvenirs d'un voyageChapitre 18 sur 39 · CHAPITRE Tlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Tlll

Cette journée de marche sur la voie impériale fut estrêmemeut fatigante. Le tumutle des voyageurs et l'épaisse poussière dont nous étions conlinnellehient en- Teloppés ajoutaient encore aux oppressions d'une température accablante. Nous regrettâmes plus d'une fois DOS petits chemins de traverse, où, du moins, nous avions l'avantage de pouvoir, de temps en temps, noas reposer en paix à l'ombre des grands arbres, ou puiser quelques tasses d'eau glaciale aux fontaines des montagnes. Avant la fia du jour nous arrivâmes sur les hords de ce fameux ûeuve Bleu, que nous rencontrions presque partout, depuis notre départ de la capitale du Ssetchouen, et que nous avions passé sur la glace, non loin desasource,enparcouraot les grandes vallées duThibel, Ce joui^là, nous le traversâmes encore sur une grande barque de passage, et ce fut pour ladernière fois. Après une heure de navigation, nous abordâmes à une petite ville nommée Hou-keou, c'est-à-dire « bouche du lac. »

Le lac sur lequel nous étions arrivés est le célèbre Pou-yang, que les Chinois ont fait communiquer au Qeuve Bleu en coupant une langue de terre qui l'en séparait. A Hou-keou oous eûmes à examiner une question épineuse e^ d'assez grande importance. Pour nous rendre à Nan-tchang-fou, capitale du Kiang-si, nous avions à notre disposition deux roules également fréquentées par les voyageurs : l'une, par eau, sur le lac Pou-yai^, véritable mer intérieure dont la navigation est on ne peut plus agréable avec le beau temps et une brise favorable, mais d'une désolante longueur si le vent est contraire, et très-dangereuse quand on .y est assailli par quelque tempête. L'autre route est par terre. Les

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ehéminB sont habitueUement muiTaîs et presque impraticables danfr )« saison du pluies et des orages ; car alors il faut voyager sans cesse au milieu des étangs et des bourbiers. D'aiUeurs, on ne trouve pas de palaù communaux dans les villes où l'on s'arrête, et les auberges y sontétroites, sales, incommodes et dépourvues de tout confortable. De 'tes' deux routes, laquelle cluHsir'? Ge n'était pas cbose facile. Avec la certitude d'un bon vent, la navigation valait mieux ; dans le cas contraire, S'était plus prudent d'aller par terre, pourvu, toutefois, qu'on eût l'assurance qu'il ne pleuvrait pas. 11 nous fut impossible de deviner de quel sentiment se trouvait le Saule pleureur. Il était (ressort pour nous faire remapi quer, de part et d'autre, des inconvénients inévitables ; mais ensuite, quand il fallait en venir à prendre une résolution, il s'essuyait les yeux et ne disait plus rien, ' Le cas nous parut Sellement difficile à i^udre, que nous jnge&mes prudent de nous atrétar un jour à Houkeou, afin de bien prendre nos renseignements. — Allons dormir en paix, dtmes-nous au Saule pleureur ; aujourd'hui nous sommes tropagités par les fatigues du voyage pour décider cette grave question, demain nous réfléchirons avec oalme et sérénité. — Voilà qui est plein de sagesse, répobdit avec onction notre conducteur ; dans les grandes entreprisés, la précipitation est toujours Duisiblti,

Le lendemain', après noua êfare entourés des conseils de plusieurs persoimes prudentes de la localité, il fut décidé que non» nous embarquerions sur le Pou-yang La brise était favorablei le ciel pur, et nous entendîmes dire de tout côté qu'il n'y avait aucune -apparence de

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