CHAPITRE PROIIEB
Qiinois a pu continuer ses études ; et aujourd'hui il est missionnaire dans une des prOTÏDces du Midi (1).
Les Chinois ont des maladies particulières qu'on ne connut pas ailleurs, cOmme aussi il en etiste plusieurs qui font de grands ravages en Europe, et qu'on ne retroave pas en Chine. Il y en a qui sont communes à rOrientet à l'Occident, et qu'on n'est pas plus habile à guérir d'uncdté que deTaulre. La phlhisie, par exemple, est réputée incurable par tous les médecins chinois. Il en est de même du (^léra-raerhns, de cette maladie terrible, qui paraît s'être manifestée d'abord en Chine, avant de se répandre dans les autres contrées de l'Asie, et ensuite en Europe. Voici dans quelles circonstances cet épouyantable fléau, autrefois inconnu à la Chine, fît sa première apparition. Nous tenons ces renseignements d'un grand, nombre d'habitants de la proTÏnce du Chan-tong, qui ont été témoins oculaires de ce que nous allons dire.
La première année du règne de l'empereur défunt, c'est-à-dire eu 1820, dç grandes vapeurs roussàtres apparurent un jour sur toute la siorface de la mer Jaune. Ce phénomène extraordinaire fut remarqué par les Chinois de la province du Chan-tong, qui habitent aux environe des côtes de la mer. Ces vapeurs, d'^Kprd légères, augmentèrent inseasiblement, se condensèrent, s'élevèrent peu à peu au-dessus du niveau des eaux de la mer Jaune, et finirent par former un immense nuage roux.
(1) Nou&pourriom citer.au sujet di nombre de bits trèe-curleux; mais aoa» préférons parce que
La ml psnt qudqudoii n'èln ^ TTiiMmblibU.
qui, pendant plusieurs heures, demeura flottant et se balançant dans les ùrs. Les Chinois, comme dans toutes les apparitions des grands phénomènes de la nature, furent saisis d'épouTaote et cherchèrent dans les opérations superstitieuses des bonzes les moyens d'écarter le mal qui les menaçait. On brûla une quantité prodigieuse de papier magique, qu'An jetait tout enflammé à la mer ; on improvisa de longues processions où l'on p(Htait l'image du Grand Dragon, car on attribuait ces sinistres présages à la colère de cet être fabuleux. Enfin on en vînt à la dernière et suprême ressource des Chinois en pareille circonstance ; on exécuta un charivari mtmstre le long des côtes de la mer. Hommes, femmes i enfants, tons frappaient à coups redoubiés sur l'instrument capable de produire le bruit le plus sonore, le plus retentissant ; les tam-tam, les vases de cuisine, les objets métalliques étaient choisis de préférence. Les cris les plus sauvages d'une innombrable multitude venaient encore jouter à l'horreur de ce vacame infernal. Nous avons été témoin une fois d'une semblable manifestatîMi dans une des plus grandes villes du Midi, où tons les batntants, sans eiception, enfermés 'dans leur maison, frappiûent avec fr«iésie sur des instruments de métal et s'abandonnaient à des vociférations inouïes. On ne saurait imaginer rien de plus effroyable que cet immense et monstrueux tumulte s'élevant du sein d'une grande cité.
Pendant que les habitants du Chan-tong cherchaient à conjurer ce malheur inconnu, mais que tout le monde pressentait, un vent violent qui souffla tout à coup fit rouler et tourbillonner le nuage, et parvint à le diviser