CHAPITRE IX
qu'on lui dooDàt, mais il- voulait qu'on s'y prtt de fsçoa à ne pas froisser le moios du moade l'eiquise délicatesse de ses senUments. Quand il armait qaelque part, il était déjà convenu, par avance, de la somme qu'il devait percevoir. Le chef de la localité l'invitait d'abord à prmdre une tasse de thé, puis à jouer une partie. Oo jouait gros jeu. et il était bien entendu qu'en définitive le mandarin devait tout gagner. H fallait perdre en ayant l'air d'apporter au jeu la plus grande application, car cet étonnant magistrat tenait'tout à la fois et au gain et à la gloire d'être un joueur plein d'adresse et d'habileté.
I^ passion du jeu a envahi, en Chine, tous les rangs, tous les figes de' la société. Lee hommes, les enfants, tout le monde joue. Cependant, les gens de la classé inlérieure sont ceux qui montrent le plus d'acharnement et d'opiniâtreté. Dans toutes les rues des grandes villes on rencontre de petits tripots ambulants. Deuxd^, dans une tasse placée sur un escabeau, sont, pour l'ouvrier qui se rend à son travail, une tentation presque irrésisUble. Une fois qu'il a en le malheur de s'accroupir devant ce petitétalage, il lui est bien difficile de s'en arracher. Il perd souvent, dans quelques heures, toutes les pénibles épargnes de son travail. Les enfants se rendent toujours en grand nombre et avec empressement autour des tables de jeu, et les personnes âgées sont les premières à les pousser dans un abîme dont ils auront «nsuite tant de peine à se retirer.
L'ivrognerie est, en Chine, une cause de ptuipérisme non moins générale que la passion du jeu. 11 y a cependant cette difiérence que ce vice foit plus de ravives
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dans le Nord que dans te Midi. Si les Chinois méridionaux jouent plus que les septentrionaux, en compensa^ tioD ils boivent moins. Tout le monde sait que k boisson habituelle des Chinois est le thé ; mais ce a'est pas évidemment avec celle infusion qu'ils s'emvroit ; ils font, en outre, une grande cfMisommation de vin^ d'alcool et de liqueurs spiritueuses, d(»]t les moyens de fabrication sont très-popuUîres et à la portée de tout le monde.
Les raisins ont été connus en Chine et célébrés dès U plus haute antiquité. Les savants prétendent qu'on ne peut entendre que de la vigne les descriptions des jardins impériaux dans le Teheou-ly, ouvrage attr^uè au célèbre Tcbeou-kong, qui m(nita8ur le irône em 1122 avant Jésus-Christ. Quoi qu'il en soit sur ce poiot, il est hors de doute qu'il y avait des vignes daira les provinces du Chan-si et du Cben-si, Inen des siècles avant l'ère chrétienne. L'historien Sse-ma-tsien raconte qu'oo riche particulier avait un vignoble-si considérable, qu'il faisait, tous les ans, dix mille mesures de vin. Le via de raisin, dit l'historien chinois, ayant la propriété de se conserver un ^nd nombre d'années, on l'enteirait daiu des urnes. A cette époque il fut très-commun et causa beaucoup de désordres. Les nombreuses ohanstKBS composées sous les dynasties des Yuen et des Han soat une preuve que les Chinois n'ont pas toujours dédaigné, «omme on le croit communément, le vin de raisin. L'empereur Ouen-ty l'a chanté avec un enthousiasme lyrique digne d'Anacréoo et d'Horace.
D'après ce témoignage des Annales, la vigne, comme tout le reste, a subi, en Chine, bien des révoluti<H)8.
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Tontes les fois que l^ gouTemement ordonna-d'arracher les arbres doat la multiplicité était nuisible aux moi»sons, la vigne ne fut pas exceptée ; souvent même elle a été spécialement désignée et sacritîée sans pitié à la cuU ture des céréales. Sons certains règnes, l'extirpation des TÎgnes Tut poussée si loin, dans certaines prOTinces^ qu*on en perdit totalement le souvenir. Dans la suite, quand il fut permis d'en replanter, on dirait, à la mar nièce dont s'expriment quelques historiens, que le raisin commençait à y être connu pour la première fois. C'est probablement ce qui a fait penser que la vigne n'avait été cultivée, en Chine, que très-tard, et qu'elle j venait de l'Occident. Il est pourtwt incontestable que les Ghinob la connaissaient lùen avant l'ère chrétienne. On a conservé dans les annales le souvenir de diverses espèces apportées de Samarcande, de la Perse, du Thibef, de Tourfan, de Hami et des autres pays avec lesquels la Chi^e a eu des relations. Il serait même facile de caas^ tater l'usage du vin de raisin jusqu'au quinzième siècle, dynastie par dynastie, et, peur ainsi dire, règne par règne.
Actuellement, il existe encore, en Chine, plusieurs excelleptes qualités de raisin, et les trois premiers empereurs de dynastie itiantchoue, Khang-hi, Youngtcbing et Khièn-long, ont fait venir un grand nombre de nouveaux plants des pays étrangers et s'en sont fait un mérite dans leurs ouvrages. Cependant les Chinois de nos jours ne cultivent pas lavigne'en grand, et ne font pas de vin de raisin ; on cueille les fruits poor les manger frais ou secs. L'immense population de la Chine «t le besoin deréserver la terre'pour les récoltes d'abso-
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lue nécessité soat cause que la vigne est obligée, et que ses produits sont géDératemeut considérés comme on oliqet de luxe.
A défaut de vin de raisin, les Cbinois fabriquent des liqueurs Sfùrittieuses avec leurs céréales, et en font une grande consommation. La plus répandue est celle que Ton obtient de la fermentation du riz. Cest une bière dont le gsût est quelquefus assez agréable. La meilleure qualité est celle qui vient de Chao-hing, dans la province du Tcbé-kiaog. Sous prétexte que ce vin est fait avec du riz, les résidants européens de Canton el de Blacao, toujours disposés à juger à priori les produits chinois, s'obstinent à le trouver détestable. Un jour, Q nous prit envie d'en remplir quelques bouteilles, que nous cachetâmes avec soin et que noua offrîmes à un Anglais amateur de bon vin. Aussitôt qu'il l'eut dégusté, il le trouva exquis, et ne manqua pas de reconnaître immédiatement qu'il provenait de nous ne savons plus quel cru cél^re d'Espagne. H le servit, au dessert, à quelques-uns de ses compatriotes, qui en firent le plus grand él(^, et trouvant qu'effectivepient il avait le fumet et la saveur des vms espagnols. — Ce vin de rû était, il faut le dire, d'une qualité exceptionnelle. Celui qu'(m boit communémuit en Chine n'est pas extrêmement agréable ; quoique peu alcoolisé, il est pourtant très-capiteui. Les Chinois en connaissaient ta fabricatioa vingt siècles au moins avant l'ire chrétienne.
Afin de procurer el d'assurer ta fermentation du riz, qu'en place dans de ^andes jarres, on se sert d'un certain levain auquel on donne le nom de mère du vin. La matière de ce levain est de la forine de bon froment
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où l'oo alaissé tout le son. On délaje cette farine avec de l'eau chauâe, et on la pétrit jusqu'à ce qu'on obtienneune masse d'une consistance plus ferme que la pâte à faire le pain. On la place ensuite dans des moules de bois, et on la façonne en forme de briques de la pesanteur de quatre ou cinq livres. On les arrange ensuite eur des planches, dans une chambre hermétiquement fermée à l'air extérieur. Les fabricants connaissent que la fer^ mentation est terminée à la couleur rougeâtre qui a pénétré jusqu'au centre des pains. On les expose alors au grand air pour les sécher, et on les livre ainsi au commerce. Quand ces levains sont bien faits, ils deviennent meilleursà mesure qu'ils vieillissent. Les mites mêmes qui s'y mettent ne leur nuisent pas. Cependant, on cherche à les en garantir en 1^ séparant les uns des autres par des herbes aromatiques.
La préparation de ce levain demande beaucoup de soin et une grande pratique, car la bonté du vin de rù dépend de la qualité dn levain qn'ou emploie. Dans le nord de la Chioe on se sert de petit millet à la place du riz. La mère du vin n'étant qu'une farine de grain fermenlée, aigrie et séchée, on en fait également avec da seigle, de l'orge et de l'avoine. On y mêle souvent nonseulement de la farine de pois, de fèves, etc. , mais encore des herbes odorantes, des amandes, des feuilles et des éeorces d'arbres, des fruits secs et réduits en poussière. Chaque localité a des recettes différentes.
L'eau-de-vie de. grain. n'est pas aussi anciennement connue en Chine que le vin. Son usage ne remonte que Jusqu'à la dynastie mongole des Yuen, c'est-à-dire jusquç vers la fin du treizième siècle. U paraît qu'avant cette
époqae les Qiinois ne saluent pas tUstiller les aloooU. Le premier qui fit 0e l'eau-de-vie de grain ne B(uigeait, éâi'-oa, qa'à corriger le mauvais goût d'mi vin vieux ea le fusant passer par un alambic. 11 fut fort surpris de voir que son appareil lui donnait de l'eau-de-vie. Pendant longtemps oo ne sut' opérer que sur le vin, et ce fol le hasard, en quelqae sorte^ quî fit ciHinattre'aux Cht Dois qà'on pouvait faire de l'àlcbdl directement avesc dii grain. Un paysan de la province du' ChiUi-tong, qui voulait fairenne grande quantité de vin, troiiva quelle petit millet, qu'onavalt obligé de i^muer, s'était moisi au lieu de fermenter. Ne pouvant plus en tirer du vin, il essaya d'en faire de l'eaù-de-vie, et, son erpériraïc* ayant paHailement réussi, on a, depuis lorsj adopté sa méthode, ettm s*est ainsi épargné une foule de manlpuLatione inutiles.
Les eaûx-de-vie du Nord se font principalement avec k 'gros millet [halcus sorghum). Il existe des fabriques considérables, nommées chao-kouo, ou « brûleries, » dànt les produits, paisses plusieurs foiâ à l'alambic, obtiennent la force et l'éner^e de l'alcool: Ceseaox-devie conservent toujours un goût désagréable, qu'il est facile de faire disparaître en y laissant macérer, pendant quelque temps, des fruits verts ou des aromtftes ; maù les Chinois n'y regardent pas de si près. Us s'en ^reavent avec passion ; leur habitude de boire loajouii chaud est t«^Uement générale, que même TeSprit-de-^ doit leur être servi tout fumant. Dans les hôtelleries on apporte sur la table des convives une petite urne renoue d'eau-de-vie et un trépied en miniature, au centre . duquel est placé un godet en porcelaine. Au commm-
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cernent du repas on Terse dans le godet de l'eau-de-vie qu'on enflamme; on place l'ume dessus, et, de cette manière, on a l'agrément d'avoir son alcool bim chaud tout le temps qu'on reste à table.
Cette horrible boisson fait, les délices des Chinois et surtout de ceux du ^ord, qui l'avalent comme de l'eau. U en est un g^and noodire qui se ruinent en eau-de-vie Comme d'autres au jea. -Seuls ou eu compagnie,* ils passent les journées entières et quelquefois les nuits à bmre par petits coupa jusqu'à ce que l'ivresse ne leur permette plus de porter la coupe à la bouche. Quand cette passion s'est emparée d'un chef de famille, la misère, avec tout son lugubre cortège, ne tarde pas à faire toa entrée dans la maison. Les. brûleries mt coutume de donner l'eau-de-vi» à «redit pendant toute l'année. Aussi personne ne se ^êne ; on va continuellement puiser selon sa fantaisie, à cettesource inépuisable. Les embarras commencent seulement à la dernière lune, ^Kique des remboursements. Alors il faut payer avec usure, et, comme l'argent n'est pas venu avec l'habitude de s'emvrer joumeUemeot, il n'y a plus qu'à vendre ses terres, sa maison, si l'on en possède, ou bien qu'à pra-ler au montre-piété ses meubles et ses habits.
On comprend difficilement comment ^il est possible aux Chinois de se passionner pour c^ breuvages brûlants omnme do feu, et, en outre, de très-mauvais goût. On nous a cite plusieurs exemples de buveurs morts incendiés; ils avaient fait un usage si immodéré d'alcool, -qu'il suintait^ en quelque sorte, par tous leurs pores. Un accident, la simple action d'allumer la pipe suffisait pour enflammer et ccmsumer ces malheureux. Nous
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n'avoDS pas été nous-mème lémoÎD de ce Ifideax spectacle ; mais plusieurs personues digues de foi nous out assuré que des événements de cette sature n'étaient pas extrêmement rares dans le pays.
Les lois cliinoises prohibent la fabrication de Teaude-Tie et du vin, sous prétexte qu'on doit ménager le grain avec le plus grand soin, dans un pays où ioas les travaux et toutes tes industries de l'agriculture suffisait à peine pour nourrir ses nombreux habitants. Hùa il en est de ces lois à peu près comme de celles qui défendent le jeu ', elles ne sont nullement observées. Il suffit de payer les mandarins, et tous les obstacles s(mt levés. Les établissements . nommés chao-kouo, « brûleries, « ont besoin d'une autorisation du gouvernement pour distiller l'eau-de-vie. On la leur vend à condition qu'ils n'emploieront dans leur fabrique que des grains gâtés et. impropres atout autre usage. Cela n'empêche pas qu'on n'y consomme les meilleurs produits des récoltes. Le jeu et l'ivn^nerie, voilà deux causes permanentes de paupérisme en Chine. 11 en est encore une troisième, et, sans contredit, plus désastreuse que les autres ; nous voulons parler de la débauche. On remarque, dans la société chinoise, un certain ton de décence et de retenue bien capable de donner le change à ceux qui s'arrêtent à la superficie et se hâtent de juger les hommes d'après leur première impression. Il suffit d'un très-court s^oor parmi les Chinois pour être convaincu que leur honnêteté n'existe qu'à l'extérieur^ Leur mor^té puUiqœ n'est, en quelque swrte, qu'un masque jeté sur la corruption des mceprs. Nous nous garderons bien de toucha au voilé immonde qui- recouvre la putréfaction de cette
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vieille cirilisatioD chinoise. La lèpre du vice s'est tellement étendue sur cette société sceptique^ que le vernis de pudeur dootelle étaitrecouverte tombe de toute part, et laisse voir à ou les plaies hideuses qui rongent les peuples sans croyance. Le langage est déjà d'un cynisme révoltant, et l'argot des mauvais lieux tend de jour en jour à devenir le style ordinaire des conversations. 11 est certaines provinces où les hôtelleries qu'on rencontre sur la route ont les appartements entièrement tapissésdedessinsquisontdes représentations révoltantes de tout ce que la débauche peut avoir de plus dévei^ gondé...., et toutes ces abominables peintures, les Chinois les nomment tout bonnement des fleurs.
On comprend que les ravages du paupérisme doivent être incalculables dans une société où le jeu, l'ivrognerie et le libertin^i;e sont développés sur de si larges proporti(«is. Il existe, en effet, d'innombrables multitudes croupissant dans le vice etla misère, et toujours disposées à s'enrôler, à la première occasion, sous la bannière du Tol et du brigandage.
C'est paiement le paupérisme qui, selon nous, est la source de ces monstruosités si fréquentes en Chine, et dont la charité inépuisable des chrétiens d'Europe, et surtout de la France, se préoccupç avec tant de zèle, nous voulons parler des infanticides. Ces ' dernières années, il s'est élevé de vives discussions sur ce triste et lamentable sujet ; d'une part,^ on a voulu nier ces infanticides : il y avait en cela absurdité et niaiserie ; de l'autre, on a été un peu trop loin, et c'est ce qui arrive orcUnairement dans ces ardentes polémiques, où l'on ne tait jamais s'airèterà ce p(Hnt calme et inaltérable où
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réside la Térilé. De nombreux renseignements Tem» de la Chine aai beaucoup servi à embrouiller la controverse ; car, à notre avis, on a trop généraliaé les faits, n faut donc essayer de rechercher ce qu'il y a de vr&i et de faux dans cette monstrueuse barbarie qu'on reproche à la naUoa chinoise.
Nous allons d'abord citer quelques passages d'ime lettre de monseigueur I)elaplace, qui, depuis plus de »ept ana, exerce son zèle apostolique dans les missions de la Chine.
a Quelques personnes demandent eDc<H« s'il est vrai 5 que la Chine soit remplie de tant d'infanticides. Bien « que ipa voix soit peu de chose, je la joindrai pourtant a à une foule d'autres voix, pour tous assurer que, « chaque jour, des milliers et des snllions d'onfanfa « périssent dans les eaux des fleuves et sons là dent dès « animaux immcxides. Les lettres des miBsitnuudresqut « j'ai lues dans les Annales donnent, en général, pour a cause de cette épouvantable barbarie, ou t'incoodnite « des parents, ou la misère et la gène d'une notAfarerae « famille, ou simplement le caprice et l'usage. Tontes « ces causes ne sont que trop,réelles, et je n'en ai que « trop vu les douloureux effets, soit autrefois à Uacao, « soit daâs les autres pays que j'ai pùcoums depun «xinq ans. 11 faudrait, ce me semble, y ajoutar la « superstition ; car c'est elle qui opère les ravies kn « plus affreux, et malheureusement les {dus irremédiatables. Si les antres missionnaires, n'en parient pas, K c'est peut-être que le mal est moindre chez eux que K chra nous, ou bien encore parce que la superstitû» foi- « sant l'osage, on comprend, sous ced«mier mot, tout
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«cequiproTiËiit deB idées superstitieiises. Quoi qu'il « CD soit, acceptez ce que^ je tous dis comme venant d'un R témoin ocoUire, et appliquez-le seulement aox Can- « tons de 'Ho-nan,' où je l'ai constaté ; car je ne pré- « tends Tien a^irmer pour toute la Chine» où chaque t( proTince ■& sa langue, ses coutumes et ses Buperstitions « propres. 1 ,
« Les Chinois dont je parle, c'est-à-dire à peu près « tous les païens de Ho-nan, croient à la métempsycose. « D'après leurs idées, chaque homme a trois houen. « Qu'est-ce que le Aouen? Question difficile à résoudre. M Si TOUS voulez, houen sera quelque chose de vf^e «t comme « esprit, génie, vitalité. » Chaque individu a « donc trois Aouen. A la mort de leur possesseur, un de « ces houen transmigre dans un corps, un autre reste « dans la famille ; c'est comme le houen domestique. «Enfin le troisième repose sur la tombe. A ce dernier a on brûle des papiers {sorte de sacrifice). Au houen «. domestique, qui siège sur la tablette, au milieu des n caractères qui y sont gravés, on brûle des hiang, « bâtons d'odeur, » on offre des repas funèbres, etc. « Ces honneurs rendus, on est tranquille, les AoiMfl sont « apaisés : qu'y a-t-il à craindre t
K Telles sont les mesures à prendre et les mesures • prises à l'égard des houen de ceux ou de celles qui « meurent dans l'âge mûr. Quant aUx enfants, que « faire? L'usage ne permet pas de leur élever des ta- (c blettes, ni de leur rendre un culte quelccnqne, pure a. que leur hffuen n'est pas censé parfait. Bien qu'ina- « chevé,. cependant il existe, et, à son état d'ébauche, « i) est encore [dus redoutable que celai des hommes
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« accomplis. On o'a rien, on ne fait rien poiirrhoDorer, « OD craint donc sa colère ; à cela quel remède? On s*en « tire en vrai - Chinois, c'est-à-dire qu'on rose avec les a Aouefl, Lorsque l'enfant est très^mal, à l'agonie, m « s'arrange de manière h ce que les hotun, à leur sortie, « ne connussent pas la famille du défijint. On prend a donc le pauTre petit moribond, et on le jette à l'eau, « ou bien on va l'exposer ou l'enterrer dans un endnnt « écarté. Alors les houen, indignés d'être sans coite, « s'en prendront aux poissons ou aui bêtes des champs, .« peu importe, la famille est sauvée. Si la chose ne fai- « sait pas si mal au cceur, on rirait des précautions qui « se prennent pour mieux duper les houen. Ordinai- « rement, celui qui emporte le petit agonisant ne « marche pas en droite ligne, mais en zigzag, allant, .« revenant, tirant à l'est, puis à l'ouest, décrivant un < amalgame de triangles, afin que, dans ce labyrinthe « de lignes brisées, les houen ne puissent jamais reconc naître leur route, dans le cas où ils voudraient chercher a l'ancien logis de leur hôte. Pitié! n'eti-ce pas? « déplorable erreur I Telle est néanmoins ici la vnue « raison pour laquelle tant d'enfants sont jetés à la <c voirie ; et ceux qui ne sont qu'abandonnés sont les « plus heureux. On peut souvent leur donner le ciel, « on peut eqcore, en beaucoup de cas, leur prolong» « la vie, et quelquefois les sauver. D'autres enfants sont a victimes de la doctrine de houen, mai& victimes im- « molées de la façon la plus crueHe.
a En juin dernier, un païen du vobinage (environ à a no quart de lieue de ma résidence), voyant son enfant «malade, l'acheva lui-même à coups de bâche. Sa