CHAPITRE X
cttrean pour nous trouver un logement, alors que nous Cvions k notre portée uU'web^tchàD^-koun. Nous -fîmes quelques tours de promenade sur cette charmante galerie. 'Le soleil venait de se coucher, et la «léliciease fratcbeur du soir commençait <l^à' à se faire- sentir. QuelqueS'Uns des Gbinoisqul statiouiMient sur le quai JH^UB remarquèrent. La nonvelte, comme' une étincelle électrique,' se câmmaniqua rapidement de tout côté, et bientôt toutes les tètes Turent «n l'air et les yeux dirigés yen la galerie du weo-lebang-kmm'. Tous les passants ée crurent (^ligés de s'arrêter pour nous contempler à loisir; ÎRsemiblenitenttafûuie devint tellement compacte, que la drèulaticfn' se tr«iava toni a fait interceptée. Gomme DDOâ'iétiODBliaat 'placés, et à une.assez grande distauee delamultitude, Uous'ne pouvions nullement ttre incommodés 'de 'toas' ces regards qui semblaient tonloirnous dévorer. Aussi confinnâmes-nous tranquilkriient notre promenade, heuPeus de pouvoir satisbire, sans' inconvénient, la bien Intimé cuHasilé- des habitants . de Nan-tehang-fou. Nous' étions' seulement (Arfvéjf 'd*entendre' levr cAnversatton, qui, assurément, devait péfilW de réflexions- oafieuses'et intéressantes. ' Le mattre d'b6tel du wieft-tebang^-koun vint nom {H^érenil- 'que lé souper était prêt, et nous demanda où bousdésirloiis qa'Uoousfûtservi... Les deuX missioitboires se regardfareàt, et Itirent dans les ;eiix l'ua'de l'antre qu'ils avaient la même pensée. — Y a-t-îl quelque inconvénient, dlmes-^nouffiau mattre d'hôtel y à ce que dduS' prenions notre i^pas sur cette galerie) — "Aucun, nous répondil-il; il y aura, au contraire, ici plusqu'aillears, de la fra|chear'et,de la darlé, et puis les Cent
H9 l'IMMU CHWOIS.
/amtUet (1). qat sont là véuaies, seroot bien aîaes de
voir.... Ne demandant pas mieux que d'être i aux Cent faoïill», surtout quand elles se tenaient à une distance respectueuse, il fut résolu que nous aouperions.ea plein air.
On apporta une brillante table en laque, qu'on (daça au milieu de la galerie. Lorsqu'on vit le maître d'hôtel disposer sur la table les nombreux petits plats de friandises par où commencent les repas chinois, il se produisit, parmi la foute qui Encombrait le quai, une longue agitation et un sourd murmuce, qui semblaient exprimer le bcmheur qu'on.se promettait par avance, en Toyant de quelle façon mangeaient les diaUes occidoitaux. On s'attendait à des choses prodigieuseinent curieuses. Des hommes de par delà les mers, et d'ooe physionomie si singtlière, devaient essentiellement avoir des manières de boire et de manger tout à fait inconnues aux peuples de la nation, centrale. Notre prière avant le repas, et surtout deux signes de croix largement dessinés, durent, en efiet, leur promettre des particularités du plus vif intérêt. Parmi ces innombrables spectaleon, quelques-uns durent probablement comprendre ces s^ gnes de croix, car, à Nan-lchang-fou, il y a des chrétiens, mais la majorité dut bouver passablement extrawdinaire cette façon dese disposer à souper. On s'attendait donc à des révélations plus ou moins intimes des mœars européennes.
Wei-chan nous apporta le vin de riz tout fumant dans une uriie d'étain ;. il nous en versa dans de toutes
(0 ExprOHtonpulaqiidteoDdMgiwieiieoi^e.
CBAFITBB X. 417
petites tasses en porcelaine, et Dons le bâmes en nous conformant aux rites le plus scrupuleusement possible. Nous nous totmes ensuite à éplucher des graines de dtrouille, absolument comme si nous étions aé sur les bords du fleuve Jaune au lieu d'avoir vu le jour sur les rives de la Garonne. Les spectateurs, un peu étonnés, parurent prendre un très-médiocre intérêt à cettemanœuvre chinoise, qui leur était suffisamment connue. Nous passâmes amsi quelque temps à boire par-petits coups du vin de riz, et à croquer des graibes de pastèques. Dans nos repas journaliers, nous avions l'habitude de témoigner peu d'attention à ces futilités. Nous passions par-dessus pour aller nous occuper de choses plus substantielles ; mais, ce jour-là, soit amour-propre et désir de faire parade de notre savoir-faire, soit malice, afin de tromper l'attente des curieux, nous voulûmes boire et manger rigoureusement selon les prescriptions du rituel chinois.
Le désenchantement des candides habitants de Naiitchang-fou fut' complet lorsqu'ils nous virent ajuster entre nos doigts avec aisance et gravité nos bàtoonets d'ivoire, puis saisir çà et là les morceaux à notre convenance, les porter lestement à la bouche, fonctionner enân, à l'aide de ces Instruments impossibles, avec une dextérité consommée et comme si nous n'eussions pas hit autre chose toute la vie. Il y eut parmi la foule un mouvement d'hilarité, qui Semblait dire ; Nous voilà étrangement frustrés dans nos espérances ; ces hommeslà ne sont pas tout à fait aussi barbares que nous le pensions ; ils seraient presque dignes d'apparienir au royaume des Fleurs. La représentatioa étant loin de
418 LIHPIU GHINOIS.
réaliser tout ce que, dès le début, ^e alvaiteeraUé ytomettre de curiosités, la foule, déBappoîntée, ccumnâica à s'écouler peu à peu, et bientôt il ne r^ta plus surie cpiai que des marchands de fruits et de comestitde?, et un certain nombre de désœuvrés, qui, tout en fumant leur longue pipe, jetai«it de temps en tanps un œA observateur sur la galerie où les. deu?i missiomuùm Crançais, doués d'excellent appétit, expédiaient, .avec leurs bâtonnets d'ivoire, le menu d'un festin à la chinoise.
Au moment où nous allions nous lever de table, un cortège ^e m^^arins traversa le quai, et â'&iTëtaà la porte du palais des compositions littéraires. L'appariteor de rétablissement arriva, un instant après, sur la ^luie, et nous présenta UDCgrande feniUe rouge pprt^nt le iH»n du mandarin qui attendait à la poile. C'étût te préfet du diaWct où était situé le wen-tc^^ang-ko^n. — Invitei à monter, dtmes-nous à l'appariteur... Et le magistrat fut bientôt là, accompagné de quelques fonctionnaires de son tribunal. Après les compléments et les révérences d'usage, le préfet, dont la physionomie annonçait un homme d'origine ^rtare mantchoue, nous demanda pourquoi nous étions logés au vren-tchang-konn. — Parce que les gens de l'administration, n'ajant pa? sa nous dire, quand nous avons été débarqués, où qous devions DOi^ rendre, noua^ avons choisi de nous-mêmes le weii-tchang-kqun. — Ces fonctionnaires ont agi avec stupidité ; votre logement él^t tout préparé dans l'int^eur de la ville. — Merci de votre sollicitude ; mais q(tus présumons que le logeipent préparé dans l'iptérieui- de ^ ville ne yafit pas celili qjie nous avpns eu
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le boAheor de trouver. - Notas autres Européens, nous aimens \e fraiset le graixl wa, e( cette.' galerie, our^te de-lous c6tés, nous, conviait à ravir. — C'est vrai, la slttiation ,est> des p^is agréables durant les chaleurs de l'été ^ c^eodantle wen-tcbang^koun n*est pas tout à foit à la disposition des autorités ; c'est une imipriété de la corporation des lettrés. — ^ Nous savons cela ; mais nous n'ignorons pas non plus que la corp<mition des lettrée aime à. [««tiquer les rappuTts sociaux dont les préceptes sont, exposés dans les livres sacrés et «las^ques. Les littérateurs et les bacbelierede toutes les contrées civilisées s'appliqueùt surtout à observw tes ritËs de l'hospitalité aivers les étrangers. Si jamais tu daignai» visiter le naodesie empire des Français, les* lettrés de notre pays ne manqueraient pas de^accueillir dans tous les wentchang^koun qiie tu rencontrerais siH' ta roule. - — Ah 1 je ne serais pas' digne, je ne serais pas digne, fit le préfet, en accompagnant ces paroles d'une foule de petites courbeUes rapidement exécutées... Cependant; ajoutatriljaprèsavoir repris insensiblement la posiUfmverticale> j'étais venu gour vous inviter à déménager, et à vous reit- . dre au logement que je vous ai fait préparer dans l'intérieur de la -ville. — Ah I nous ne sommes pas dignes de oetteattentioOi répt^idimes-nous, en exécutant, à motre tour, une -série de révérences ; nous ne sommes pas dignes. Tu vois qu'on est fort bien ûii ; la raison nous invite à y rester, et tes rites, qui sont f(aidés sur la raison, demandeniqu'on nous f laisse. -^ fôpn pwlé,'b^ bien parlé, dit .le mandarin, eo riant ; je vois qu'il sera difficile de vous déoid^ à quitter le wen-tcbang>-koun. — .'Oui, très-difficile, presque impossible ; il vaut Hneax
410 l'empisk CBnoit.
ne pluB penser à cela ; parlons d'autre chose... Et la CtHiversatioD s'engagea iannédialement sur des sujets moins compromettants. Nous parlâmes de nos voyages, de la Chine, des pays occidentaux, ua peu eoSn de tous les peuples du globe. Le préfet fut très-aimable ; il ne nous dit plus un seul mot ayant rapport au déménagemeot, ce qui lui valut d'être reconduit par nous, à traTers tous les compartiments du palais des coraposi> tious littéraires, jusqu'à la première porte d'entrée.
Notre position se trouva ainsi toute faite à Nantcbang-fou ; il n'y avait plus qu'à en pn^ter pour bien <ffganiser ce qui nous restait encore à faire de chemin pour aller jusqu'à Canton. Le lendemain et les jours saivaots que nous passâmes dans la capitale du Kiaugsi, nous v'imes plusieurs mandarins et les chefs des lettrés, dont nous occupions le palais. Tout le mtoide fut plein de bienveillance, et personne n'eut l'inuri»nité de nous chercher querelle au sujet de notre instalhlUm dans le wen-lchang-koun. On se contenta senlementde s'amuser un peu, d'une manière très-graciense, de la prestesse de nos allures quand il fallait se tàrer d'embarras, et du joli sans-façon avec lequel ooos savions nous fabriquer un billet de logement.
Parmi les nombreux visiteurs que nous reçûmes à Nan-tchang-fou, il y en eut un qui nous intéressa vivement par ses manières brusques, presque sauvages, et qui n'avaient rien de cette courtoisie souple et on peu équivoque des Chinois. Nous étions dans notre galerie, assis sur des sièges en porcelaine, et uniquement occupés à regarder les passants et à respirer- la fraîche brise que n<ms envoyait le voisinage de la rivière,
CHAPITHI X. m
lorsqu'un jeune mandarin entra rondement sans s'être fait annoncer, nous dit bonjour avec un ton de fierté et d'ia dépendance auquel nous étions peu accoutumés en Chine, puis fit avancer avec son pied un fauteuil en bambou et s'assit franchement vis-à-vis de nous. D'abord nous fûmes tentés de le rappeler énergiquement à Tobserrùice des rites et d'assouplir un peu la roideur de son attitude. Mais sa physionomie nous plut ; elle était vive, alerte, pleine de franchise et de lojauté. 11 noua sembla que te sans-façôn de ses manières pouvait provenir d'un caractère un peu fier, mais nullement impertinent. — Voilà, lui dtmes-nons, que lu nous traites comme de vieux amis. C'est bien comme cela ; entre amis lés cérémonies ne doivent pas être minutieuses. ■ — Les Chinois, répondit-il, aiment beaucoup les cérémonies ; mais moi, je ne suis pas Chinois ; je suis Mongol. — Tu es Mbngol? vraiment nous aurions dû le deviner ; nous avons habité longtemps la Terre des Herbes ; nous avons visité les huit bannières «t di^ssé notre tente dans tous les pâturages de la Tartane, depuis te grand Kourcn, chez les Kbalkhas, jusqu'au Koukou-noor, sur les bords de la mer Bleue. — En entendant tous ces noms si poétiques et si faarmonieui aux oreilles d'un habitant des steppes de la Tartarie, le jeune Mongol se Ifeva comme transporté d'ivresse. Il nous pressait les mains et nous frappait sur les épaules pour nous témoigner son amitié. ~- Comment, disait-il, vous connaissez les huit bannières, le grand Kouren et le Koukou-noor ! Vous avez campé dans la Terre des Herbes ! Sans doute, vous savez parler les paroles mongoles? — Oui, frère, lui dîmes-nous,
■ D,q,l,.cdbvG00glf
Ait l'bvpiii CnHO».
noos comprenons le langage de Tchinggis et de TU mour... Dès ce moment, l'idiome chinois fut mis de c6té avec un certain méjwû, et la conversation se continua en mongol.
- Xe jeune bomm» était d'une deS' familles les pins nobles de la tribu de Gécfaekten, ^jne nous STÎons bAbitée pendant deux ans. Probablement nous aTionsdû noue rencontrer [dus d'une fois, durant nos courses à b^Tera le désert. 11 nous dit qu'ayant été à Péking pour faire cortège à son roi, lors de ta' visite solennelle des princes tributaires à Temperear pour la fftte du nouvel an, il avait cxm^u .le désir de rester à la capitale. Son bat était d'apprendre la littérature chinoise et de se préparer à subir les examens des gradués pour entrer ensuite dans la magistrature. Après plusieurs années d'étude, il avait obtenu le diplôme de bachelier, et, depuis quelques mois seulement, il avait été envoyé comme mandarin surnuméraire dans an petit tribunal de la capitale du Kiang-si.
Nous ne savons si. nous étions aveuglés par notre -vieille prédilection pour les Uongols ; mais il nous •etnblait que cet enfant du d^rt avait quelque chose de supérieur aux Chinois. La civilisation de Pékiog, entée sur cette nature pleine de sève et de vigueur, nous parutavoir donné naissance, en quelque sorte, à up type .nouveau , où l'on trouvait réunies , et avantageusejnent combinées ensemble, l'inlell^ence et la sagacité des Chinois avec la- ruda francise et l'énei^ des Tartares mongols, '<
Durant les quelques jours qu&nous palmes àNabtebtmg-fou; nous revîmes ptnsieure fussejeune man-
aûpmis X. 423
dArin, doDtIa société était pouf nous des plus attrayantes. Nous retrouvions dans sa conversation dé nombreux et ^reables' souvenirs de ces déserts de la Tartarie que nous avions si longtemps habités. Le bachelier mongol était, d'ailleurs, instruit et d'une intelligence trèscultivée; Nous ne trouvâmes pas en lui ce mépris affecté des pays étrangers et surtout des hommes et des choses de l'Europe, mépris dont presque tous les Chinois aiment tant à faire parade. 11 écoutait, au contraire, avec intérêt, avec une admiration franche et sincère, tout ce que nous lui racontions des nations occidentales^. Depuis quelque temps, la géographie était son étude favorite et journalière ; il nous parut que, pour un Mongol, il avait des coonaissances assez étendues sur cette matière. Il alla jusqu'à nous demander n, pour venir de France jusqu'à Canton, nous avions passé par le cap de Bonne-Espérance, par le cap Horn ou par la mer Rouge. — La navigation, ajouta-t^l, doit être très-commode pour voyager, mais il faut y être accoutumé. Si j'avais à me' rendre dans votre patrie, je préférerais aller en caravane, de campement en campement, à la manière des Mongols. Je partirais d« Péking et'je suivrais le désert jusqu'à Kfaiaktha, sur les froûtières de Sibérie^ Je traverfieraia ensuite tout doucânent l'empire des Oros (Russes) , les divers royaumes de l'Ocddent, et j'arriverais àsns le graîtd empire des Français. — Et si de là tu voulais aller visiter les m-jti-it (les Anglais) ? Oh ! je sais' que \é royaume des Poils rouges est entouré d'eau de toute part. Lëd Poils ronges sonldes insulaires. Dans ce cas, je vendrai» mes chameaux et je louerais utie jonque de feu (bat^tl
4X4 tBHPIU GBIK0I8.
à vapeur) pour me trausporter dans l'Ile des Poils rouges. — Nous ne vouliimes pas lui faire observer que, seloQ toutes les probabilités, il ne trouverait à Paris qu'un nombre Irès-reslreint d'amateurs de chameaux. Une semblable révélation eût, peut-être, été capable de le contrister et de lui donner une mauvaise opinion des Parisiens.
' Depuis quelques années on peut remarquer, panm les Chinois instruits, une tendance bien prononcée à étudier la géographie, et à s'occuper des peuples étrangers. Selon nous, c'est là un progrès immense, et qui pourrait fort bien développer chez les Chinois, si infatués de leur savoir, le goût des sciences de l'Europe. Depuis la guerre des Anglais, il a paru plusieurs géographies chinoises, très-complètes et fort bien rédigées. L'appréciation des diverses parties du monde, et surtout des royaumes de l'Europe, est d'une ^exactitude assez remarquable. On voit que ces ouvrages ont été composés avec la coopération des Européens, et la manière élogieuse dont on y parle des États-Unis laisse facilement soupçonner que les Américains ne sont pas tout à fait étrangers à ces sortes de publications.
Les ministres méthodistes, qui se tiennent embusqués dans les cinq ports ouverts au commerce européen, s'étant aperçus que la quantité prodigieuse de Bibles qu'ils répandaient furtivement sur les côtes de l'empire s'agissait pas d'une manière extrêmement efficace sur les populations chinoises, ont renoncé à ce système de jH-opagande peu dangereux, mais aussi très-insigniSant et complètement inutile. Ils paraissent convaincus, pour le moment, qu'on ballot de Bibles, plus on moins
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tàeo imprimées et brochées^ déposé avec beaucoup-de précaution surle rivage de la mer, ii& saurait opérer la conversion de l'empire chinois. Ils ont dooc perdu un peu de ta vivacité de leur foi aa\ miracles opérés par ces simples distributions. Cependant, comme leur vocation est de faire imprimer et distribuer des livres, ils se sont mis à composer, à l'aide des lettrés, des opuscules^ scientiSques, par lesquels ils s'imaginent captiver l'attention des populations diinoises.
En 1851 , peu de jours avant notre départ de la Cbioe, ■ il -ooas a été donné de voir une de ces nouvelles productions. C'était tout bonnement un ouvrage technique sur les tél^;rapbes élecU'iques I 11 faut, en vérité, ne pas connaître du tout le peuple chinois, pour aller lui, fabriquer des livres de ce genre. Offrir une théorie des télégraphes électriques à des hommes qni □*ont pas même dans leur langue des termes pour exprimer les phénonaènes les plus simples de l'électricité, c'est à ne pas y croire ! Nous sommes convaincu que, dans tout l'empire, il n'y a pas un seul Chinois capable de comprendre une page de ce livre ; car, pour rendre ces idées nouvelles, on a été obligé de combiner les caractères les plus opposés, et d'mventeF un jai^n à part, auquel les habitants du Céleste Empire ne se bâteront pas de s'initier. Sans doute, Un'est personne qui n'appelle de ses vœux le moment où les Chinois abandonneront leurs vieux préjugés pour étudier les sciences de l'Eàirope. Mais tout enseignement doit procéder par degrés et méthodiquement; Des méthodistes devraient au moins comprendre cela. Il n'y aurait pas on seul chrétien en Chine, si'les missitmdaires catUo-
,.cdb.GooyIc
416 L'mrni caimu.
liqaes, au lien d'enseigner le catéchisme à leurs néophytes, aTaieat commencé par mettre eatre leurs mabs un traité sur la grâce arec des dissértatioDs sur rhérésie janséniste.
Ceci Uentà une fausse' idée qu'on s'est faite, «n Eonpe, des habitants éa Céleste Empire. Sous ' jn^ite qu'ils ont. su calculer les éclipses, et que .les jésuites astronomes ont joui d'une grande faveur à la cour, sous les premiers empereurs de la dynastie tartare raanU dioue, on en a conclu que les Cbinus étaient passionnés pour les sciences astronomiques, et qu'en arri-vanl en Chine, on avait affaire à trois cents millions d'Aragosy plus ou moins occupés d'étoHes et de planètes. Et/ cependant, s'il est au mcHide un peuple absorbé par les affaires de la terre, et qui se mette peu eu peine de ce cpi peut se passer là-haut parmi les sphères célestes, c'est assurément le peuple cbinoïs. Les plus érudits savent tout juste qu'il.existe nne astronomie ou, comme ils disent, titn~%een, a une litlératore céleste. » Mais ils ne connaissent pas les premiers élémmts de la science, et ceui pour lesquels une éclipse est un phéno^ mine naturel, et non pas un dragon qui cherche à dévorer le soleil ou la hrne, sont déjà très-a,vancés. Si les missionnaires astronomes ont eiériié autrefois tant d'influence à la cour et joui d'une si grande célébrité, c'est une preuve que les astronomes du gouvernement n'étaient pas eux-mêmes très-forts. Ils ne pouvaient léuBsir à faire an bon calendrier, lorsque les jésuites arrivèrent fort beureusMnent pour les tirer d'embarras. Depuis que les derniers ont été expulsés de Péking, k« s du tribunal des mathématiques sontretombés
D,q,i,.cdbvGoogle
CKAnrut X. m
dans leur ignorance habituelle, -et, tous leB ans, le gou- Tcmehient doit enroyer le nouveau calendrier àCantdA, pour le faire corriger par les Européens. -
Les Chinois, nous en -sommes perâusdés, auraient une grande aptitude pour toutes les sciences. Leur esprit vif, pénétrant, leur incomparable patience sârtont, serviraient, incontestablement, à les conduire à Vie grands et rapides progrès. ' Mali jusqu'ici, ils nVuM jamais étudié les sciences pour ^es-mémes ; ils u'Ai ont jamais vu que le côté pratique et productif. Les connaissances qui ont rapporta la physique, à la chitiûe,. à l'astronomie et, aux mathématiques, ils les considèrent uniquemeiit comme des moyens plus ou ttiotns sûrs de gagner facilement des sapÈques. Entra leurs maiùs, tout se conveEtit en métier, en industrie. Si les livres d'astroDomie' et d'électricité que leur compoeent les méthodistes pouvaient leur fournir des rec^ tes pour acquérir, en peu de temps, une grosse fortune, ils passeraient volontiers par-dessus toutes, leurs répugnances et les étudieraient avec ardeur. Ils écouteraient sérieusemeùt ceux qui leur enseigneraient les moyens immédiats d'augmenter leurs revenus ; mais ils ae l^ennent à rire de boQ cœur quand on leur prc^xifie tont uniment d'agrandir le cercle de leurs connaissanceq. Ils trouvent qu'on leur fait là. une espièglerie de fort mauvais goût.
Nous proflt&mes de nos moments de loisir pour visiter Naurtchangrfou, qùi.cst.une dés plus célèbres capitalf? de province. No|u l'avions déjà (traversé en 1840, lors de notre entrée en Chine, mais furtivement, et tn^jà la h&te pour .eu avoir une appréciatkm «xaclo. On ne
4fS l'khpi
Toit pas pluB à Nan-tchaDg-fou que dans les antres grandes viDes chinoises, de moauments capables de fixer l'altentioD. Des pagodes, des tribnoaux, quelques arcs de triomphe élevés en l'faoaneur des veuves et des vier^, voilà ce qu'on rencontre de plus saillant en «rcbîtecture. Cependant tes rues sont laides, assez propres, les magasins et les boutiques magnifiquement tenus et orués. La ville, dans son ensemble, est, après Tcbing-tou-fou, capitale de la province du Sse-tcbouen, la plus r^;ulière et la plus belle qile nous ayons remai^ quée dans l'empire chinois. Quoique le Kiang-si soit une province pauvre et incapable de se suffire à ellemême, le commerce de Nan-tcbang-fou est extrêmement considérable. Cela tient à sa position sur la grande ligne qui fait communiquer entre eux les plus grands centres de population et d'activité, tels que Canton, Nanking, Han-keou etPéking. Toutes les marchandises venant du Nord ou du Midi doivent passer par !Nan- Ichang-fou.
Le Kiang-si, peu riche en produits agricoles, est cependant, depuisdes siècles, en possesrion de l'industrie peut-être la plus importante de tout l'empire chinois. C'est dans celte province que se trouvent toutes les grandes fabriques de porcelaines, dont Nau-tchang-foo est naturellement l'entrepût général. Il y a daâs cette ville plusieurs magasins immensesoù l'on trouvedes porcelaines de toute forme, de toute grandeur et de toute qualité, depuis ces urnes grandioses où sont repré^ntées en relief des scènes richement coloriées de lavie chinoise, jusqu'à ces petites coupes si frêles, si délicates et si transparente8,qu'oa leur a donné le nom de coquet d'œuft.
CnAPlTU X. Ât9
La première fabrique de porcelaines est à King-tetchÎDg, à l'est du Pou-yang, sur les bords d'une grande rivière qui se jette dans lé lac. King-te-tchiag n'est pas une ville à proprement parler, c'est-à-dire qu'elle n'est pas entoatée de muraUles. Cependant elle compte plus d'un million d'habitants, presque-tous occapés de la fabrication ou du commerce de la porcelaine.il règne, au milieu de ces nombreux établisseme&ls, une activité et une agitation dif&ciles à déerire. A chaque instant du jour on voit s'élever d'épais tourbillons de fumée et des colonnes de ilamme qui donnent à Kingte-tcbing un aspect tout particulier. Pendant la nuit, la ville parait tout en fen ; on dirait qu'un immense incendie la dévore. Plus de cinq cents fabriques particulières et des milliers de foumeaus sont perpétuellement occupés à élaborer cette quantité prodigieuse de vases qu'on expédie, ensuite dans toutes les provinces de h Chine, et on peut dire dans le monde entier.
Pour la fabrication de la porcelaine, comme dans toutes les industries chinoises, le travail est divisé à l'infini. Chaque ouvrier a sa spécialité, son talent particulier. L'undessinenne fleur, l'autre dessine un oiseau; <%lui-<;t applique la couleur bleue et l'autre la rouge. On a remarqué qu'un vase de porcelaine, lorsqu'il est terminé et propre à être livré an coinmerce, a déjà passé par les mains de plus de cinquante ouvriers différents.
Le P.' d'Ëntrecolles, qui, au -commencement du dixhuitième siècle, était chargé de la mission du Kiang-si, et avait ainsi Toccasic»! de visiler souvmt Hing-te< tching, où un assez grand nomlffe d'ouvriers avaient
embrassé, le christiaDisme, a envoyé eo. France de? r^ti(His t^-âirieuseB et trèsslétailléèssticle secret de la fabrication de la porcelaine. C'est avec le secours de ces prédeux documents et des nombntux échantillons àe.këo-Iin etdepe-Am-fw(l), qu'on est enân parvenu à fidiriquer, chei.nous, des vases semblables à ceux da la Chine , et - do Japon, dont la perfection a longtemps désolé 1« imitateurs européeos.
' La fabricatioa de porcelaine remonte, en Chine, à. une tcès-haute antiquité. Déjà sous la dynastie des Ean, versile commencement de. L'ère chrétiaine,cetie indastrie était trè»'floris9ante. On voit chez iksiantiqiiaiite (Minois do beaux vases dé cette époque. ïlsne sont pas aussi transparents quË cvnx qu'on fabrique aujourd'hui -, mais l'émail en est plus fin et.d'uoe.coulear plus vive. Les amajeurs conservent livec soin certaines porcelaines dont on a ,perdu actueUement le secret deifabdcation. Ainsi, il existe des coupes doubles .: ila partie.extérieure est toute ciselée et percée àjourcomitie.une.dentelle- la coupe inténeuce est. unie et d'une blaoetieur éblouiaswte. ll,en est d'autres qui ont des.dessins.ep quelque sorte magiques, et qui ne paraissent, que lor^ue la coupe ^t remplie.. Les dessins sont ,plAoés aur ,1a partie întéijeure «t les couleurs cuit gali. ime préparation particulière, qui les rend invisibles quand ,11 n'y a pas de liquide. On remarque enfin la porcelaine craquelée, qu'on ne sait plus faire comme autrefois, et qui qSre, sur ttmte, la suriace, des lign^ brisées en tout sens, comme si le va» euti^ était, coiçpo^ dç pièces rappoi^
(1) Hstltawi iHwiqltres uryant i U HMmUdir de la ponelaine.
CJ9APITtK Z. 431
tées. On dirait une lUostique, du .teavail le plus ejquie et le plu&délicat Ces décréta de TabricatioD et une foule d'autr«s.OQt élé perdus. Oo dirait méioe, chose étonnante, en lisant les annales de la Chine, que l'art tout mtier s'est perdu jusqu'à quatre ou cinq fois à la suite des révolutions profondes et des grands boulerersements dont l'empire a été si souvent le^ théfitce. Cette iadustrie d. précieuse a dû, ensuite, dtpe ioTentée de nouveau, recommencer ses progrès passés, sans'pouvoir toujours parvenir à la même perfection.
. . Il existe, eu Chine, une. classe, d'aoïateui^ qui recherchent avec avidité les porcelaine antiques et les vieux hrooses auxquels on donne le pom dekou-toui^ (1], On les. estime comme oeuvre d'arty mais surtout à cause de cette valeur n^ystérieuse qtii s'attache toujoui^ aux l^oses des siècles paqfés. Les opTriers chinois onttant de scélératesse dans l'esprit)* gfi'ils pâmèrent si^yent à imiter, les kou-toDfig de qaailièn) à tromper l'œil le ipieui exercé. Plusieurs antiquaires étaient dans leur cabinet, avec la meilleure foi du, monde, certains pré- |«adu8 vieux vases n'ayant tout au plus que quelques nioisde'dat& Lies falsififcateursidje kou^toiing emploient ordinairement, une pierre roussitre dont ils font la pâte 4e leurs- vaç^;;.lor3qu'j|8 sont cuits qo les jette dans un bouillpo très-gras, ou on leur fait ^nhir une seconde cniss(Hi ; ensuite on les enterre dans un égout, d'où ils fpnt ^bumés après quarante ou cinquante jours. C'est ainsi qplon f^it les vieilles porcelaines de la dynastie, des Yuen.
Les fabricants de porcelaine ont un patron, dont
(!}• VfBoxyate. > '
43t l'upiri cHinon.
l'origine est racontée de la manière suivante par le P. d'Ëntrecolles ; « Comme chaque profession a aoa « idole particulière, et que la divinité se communique
< aussi facilement que la qualité de comte ou de marquis « se donne en certains pays d'Europe, il n'est pas sur- « prenant qu'il y ait un dieu de la porcelaine. Ce dieu « doit son origine à ces sortes de dessins, qu'il est itn- « possible aui oiivriers d'eiécùter.' On dit qu'autrefois « un empereur voulut absolument qu'on lai fit des « porcelaines sur un modèle qu'il donna; On lui repré- « senta diverses fois que la chose était impossible; mus « tontes ces remontrances ne servirent qu'à exciter de « plus en plus son envie. Les empereurs sont, durant « leur vie, les divinités les plus redoutées à la Chine, « et ils croient souvent que rien ne doit s'opposer à « leurs désirs. Les officiers redoublèrent donc leurs
< soins, «t ils usèrentde toute sorte de rigueurs à l'égard « des ouvriers. Ces malheureux dépensaientleurargent, « se drainaient bien de la peine, et ne recevaient que « des coups. L'un d'eux, dans un mouvement de déses- « poir, se lança dans le fourneau allumé, et il y fut « consumé à l'instant. La porcelaine qui s'y cuisait en « sortit, dit-on, parfaitement belle et au gré de l'erope- « reur, lequel n'en demanda pas davantage. Depuis ce « temps-là, cet infortuné passa pour un héros, et il « devint, dans la suite l'idole qui préside aux travaux « de la porcelaine. Je ne sache pas que son élévation ait « porté d'autres Chinois à prendre la même route, en « vue d'un semblable honneur (1). »
(I) Utlrrt (Ui'jtoifwef mrieuwf. I. lU, p. Ul.
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La province du Kiang-si est en possefision d'une antre industrie, moins précieuse, moins importante, sans dotite, que celle de la porcelaine, mais extrêmement remarquable à cause de son originalité, et dont les atantages ne sont pas à dédaigner. Nous avons dit que cette province était très-marécageuse; de toute partco) rencontre des étangs, et il n'est presque pas de petit propriétaire qui ne possède quelque bassin aux environs de sa maison. On utilise ces pièces d'eau en y élevant des poissons, qui, tous les ans, fournissent un excellent revenu à ceux qui donnent leurs soinsà cette intéressante industrie.
Depuis quelques années, on s'occupe, en France', de ce qu'on est convenu d'appeler la pisciculture, et cm cherche à perfectionner les moyens de faire éclore et d'élever artificiellement les poissons. Or les Chinois connaissent depuis longtemps ces procédés tout nou- Teaux pour les Européens. Voici ce qui se pratique dans la province du Kiang-si : vers le conamencement du printemps, un grand nombre de marchands de frai de poisson,. venus; dit-on, de la province de Canton, parcourent les campagnes pour vendre leurs précieuses semences aux propriétaires des étangs. Leur marchandise, renfermée dans des tonneaux qu'ils traînent sur des brouettes, est tout simplement une sorte de liquide épais, jaun&tre, assez semblable à de la vase. 11 est impossible d'y distinguer, k l'œil nu, le moindre auimtdcule. Pour quelques sapèques on achète plein une écuelle dé cette eau bourbeuse, qui suffit pour ensemencer, selon l'expression du pays, un étang assez ccmsidérable. On se contente de jeter cette vase dans
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l'ean, et, daos quelques joim, les penserais édoeest à foison. Quuid ils sont devenus un peu gros, . on les nourrit es jetant sur U surface des viviers des herbes tendres et hachées menu ; on augmente la ration à mesure qu'ils grossissent. Le développemeut de. ces poissoss s'opère avec une.rapidité ini^oyahle. Un mois tout as plus après leuf éclosion, ile sont déjà pleUis de foRoe, et c*est le raoDieot de leur donner de la p&ture en ^mdance. Matin et soir, les possesseurs des viviera s'en vont fancher les champs, et apportent à leurs poisson^ d'énormes charges d'herbe. Les poissons montent à la surface de l'eau, et se précipitent avec avidité sur cette herbe, qu'ils 4évoEeQt en folâtrant et en faisant entendre un bruissemeot pei^tuel :, on dirait un grand troupeau de lapins aquatiques.. La voracité de ces poissons ne peut être comparée qu'à celle des vers à acHe quand Us sont sur le point de filer leur cocon. Après avoir été nourris de cette manière pendant une quinzùne de jours, ils atteignent ordinairement }e poids de deux ou trois livres, et ne grossissent plusw Alors, oa les pèche, et jn^ va les vendre, tout vivants, dans les grands centres As population.
Les pisciculteurs du Ki^>ng-si élèvent uniquement cette espèce de poisson, qui est d'un goût exquis. Peut- ^e en existe-lril d'autres, mais-nouB n'en Avons pas eu ccmnaissance. Nous ignorons également si le frai qu'on vend dans le Kiang-si a sqbî pw avance, quelqu.e prépa- , ration.
Notre, halte à Nan-tchang-fou fut de cinq jours. Durant ce temps, la plus importante de nos aftaires fut d'cKganiser, le mieux possible, fiotre i^éraire depuis la
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edpitele dU'Kîatig-sl' jusqù'i CaUtoti.' Le '^[otiTQtveur de la pvoTDHie^i le préfet de bi vitte, les fonctionaatres civili et tnUitaireSi tout le numdb oous témoigoa beaucoup de tnnnieillaioe:' Oamit m^ê un certain empressement k foire eiëcuterle planque nous ayiOBS formé pour notre voyage.- -'■
. Les'fortes chalearset le besoin de r^pos ïioùs firent prendre la réi(dnUôn de cdatinuer notre route par eau . Nous pouvicHiB remonter une grande rivière, depuis Naa-tehang'fou jusqu'à la montagne Meï-Iing, qui se tronTe à moitié chemin. H suffit d'un jour pour la ti'awrser, et l'on rencontre ensuite le fleuVe Kiïiig, qu'on peut sailïejusqu'à Canton. Nous sa-rions que cette route Talait infiniment mieux que la roié d6 terre, surtout quand on navigue sur des jonques mandarines et qu'on i fHis de bonnes mesures d'àpprorisionnement. Toutes nos conthinaisoiis réussirent si bien, que nous eûmes d'abord une sorte de fr^te de guerte', armée, tant bien qae>mal, pour dods eseorter ; puis deux superbes jonques^ une pour Jes mandarins conducteurs et les gens de leur Buit0, «t une antre pour nous.- Nous avions expressément demandé à être seuls, afin d'être plus tranquilles, plus libreapour vaquer à nosexércices, et fùre te ménage eobatne^ nous l'entendrions. Nous primes toutefois avec nous âotre domestique Wei-cbao, plus un cuisinier, qui, aeloD le témoignage du préfet de Nan-icbaog-fou, était m artiste de premier mérite.
Laqœstioniks approvisionnements fut décidée, par le gouvemeuE, «^ee une largesse qui tenait de la somptuoùté. Dansi le but de bous faire traiter plus sûrement seloonos go^ts et àof désirs, il fit on décret enjoignant
D,q,i,.cdbvGooQle I
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aux admintstratifHis de toutes les villes situées le long du fleuve que doob allions remonter, d'avoir à nous fouroir, àaotre passa^, ciuq onces d'ai^nt, ce qui vaut à peu près uoe cinquanlaioe de francs. Cette somme devait être entièrement à notre disposition pour le servicede la table. Comme, sur cette route, les villes sont assez rapprochées, il se trouva que nous avions en réserve une somme énwme, lorsque nous arrivâmes à Canton. On verra plus terd quelle en fut la destination.
Les autorités de Nan-tchan^-fou, il faut en convenir, firent les choses en grand, et nous traitèrent avec une pompe extraordinaire. Qoe l'on compare c«tte manière large et pleine de dignité du gouverneur du Kiang-si, avec le règlement mesquin qu'on suit à l'égard du coicmel russe chargé de conduire, tous les dix ans, une légation de Kbiaktha à Pélung. D'après une loi qui s'exécute ponctuellement, il est accordé, par jour, à ce représentant du czar, un mouton, une tasse de vin, une livre de thé, une cruche de lait, deux onces de beurre, deux poissons, une livre d'herbes salées, quatre onces de fèves fermeatées, quatre onces de vinaigre, une once de sel et deux soucoupes d'huile de lampe ; puis, tous les oeuf jours, un dlaer de quatre services à la chinoise.
Le peraonuel de l'escorte qui nous accompagnait depuis la capitale du Hou-pé fut remplacé à Nan-tcfaangfou. Le Saule pleureur nous fit ses adieux, et nous reçûmes avec reconnaissance ses vœux et ses larmes. Au moment de nous, embarquer, nous fûmes accostés, sur le quai, par deuxbons boui^^is à figure pleine de franchise, qui nous souhaitèrent un bon voyage. Nous n'eûmes qu'à considérer un instant leur physiwomie