‹ L'Empire chinois: faisant suite à l'ouvrage intitulé Souvenirs d'un voyageChapitre 27 sur 39 · CHAPITRE xi. 46S · texte numérisé non relu

CHAPITRE xi. 46S

ff n'é(ait autre chose qu'un célèbre pèlerinage du dia- « ble. Ceux qui venaient y pratiquer leurs superstitimis « passaient de leurs barques dans un souterrain, puis «montaient, par un escalier creusé dans l'intérieyr de a la montagne, gusqu'aux galeries supérieures. Là se « trouvent les idoles privilégiées qui attirent de Tort loin « un si grand non^bre de pèlerins (1). b

En parcourant de nouveau cette rivière, à six années d'intervalle, nous aimions à rappeler nos impressions d'autrefois, et à contempler ces sites qui avaient Trappe nos regards à l'époque de nob'e entrée en Cbine ; jh>ub revîmes avec émotion ces montagnes agrestes, qui forment comme une digue naturelle aux eaux du Tigre, cette pagode creusée dans 1^ roche vive, et ces douanes échelœiné^ sur le rivage, qui, lors de notre premier passage, nous avaient causé tant de tourments. A mesure que nous avancions, le lit du fleuve s'élai^issait, et les jonques cantonnaises, qui remontaient le courant de l'eau, devenaient plus nombreuses. Le bruit des avirons et le chant grêle et nasillard des matelots remplissaient l'air d'une sauvage et mélancolique harmonie, que nous écoutions avec un sentiment vague de tristesse et de bonheur. Il nous semblait que nous pénétrions pour la première fois dans l'Empire Céleste, et que noils venions de dire adieu pour toujours à la colonie européenne de Cantoa'et de Macao... Noiis allions au contraireJa revoir !

Le sixième jour après notre départ de Nan-bioung, le Tigre avait -«esséa de rouler ses eaux bleuâtres à

(I) Aimah* tU kl proix^Hon de la /bi, n> 88, p. 112 et laW.

M6 l'khpiu CHuibis.

tcaveraleEmoatagiies, et nous entrions dans une. vaste ^ine rit^einent cultivée. De temps en tem[^ nous stations à^DB les airs des émanations, fortes et vivifiantes qui semblaient nous dilater la poitrine. C'était l'odeur de, la mer ; Canton n'était pas éloigné. Debout, immobile eur^lfl.popt'de la jpnqùe, les. jeux iËxée en avapt avec aniiété, nous éprouvions déjà ces légers frissons qui précèdent toujours les fortes émotions d^ retour, après une longue absence. Les derniers rayon^ du soleil achevaient de s'éteindre à l'horizon, lorsque nous aperçûmes comme , une immeq;se forêt dépouillée d0 feuillage et de branches, et ne conservant que le tnwc de ses grands i^rbres. Le courant, la brise et la marée nous poussaient avec rapidité ^ans la rade de Canton. Parmi «es m àtg innombrables de jonques chjaoiscs, nous «1. remarquâmes quelques-unes plus élçvée» que les autces. La structure particulière de leurs vergues nous fît éprouver un subit tressaillement, et nos yeux se Bwuillèrent de.larmes. fiientôt nous vSmes se. dessiner, au milieu des barques canloqnaises,. les Cormes grandioses et imposantes d'un bateau à vapeur etdeplusieurs maires delà compagniedes Indes. Pamii les banderoles àe toutes, couleurs qui s'agitaient à&w les airs, nous distinguâmes les pavillons des États-Unis,, de l'Angleterre et du Portugal... Celui de la France n'y était pas I Hais, quand ou setrouve aux estrémilés du monde, sur une terre inhospitalière^ en Chine enfin, il semble que tcusles peuples de l'Occident ne forpient qi^'une seule «t grande famille. La simple .vu«t 4'un pavillon européen fait battre le cœur ; car il réveille tous les souvenirs de la patrie.

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