‹ L'Empire chinois: faisant suite à l'ouvrage intitulé Souvenirs d'un voyageChapitre 6 sur 39 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tous ces retours l»iieques et subits de l'opinion publique, on croirait parcourir l'bistoire de quelque peuple de l'Europe.

Trois ans s'étaient à peioe écoulés que la mémoire de Sse-ma-kouang fut rétablie dans tous ses titres et prérogatives, et celle de Wang-ngan-cbé vouée de nouveau à l'exécration.

Les socialistes chinois ne tardèrent pas à être poursuivis de toute part, et ùa les chassa enfin de l'empire ; c'était en 1129.

Pendant que ia Chine repoussait de son seiu ces andaâeui novateurs, Tchin^is-khan, ce terrible conquérant moi^l, grandissait en silence dans les steppes de la Tariarie, qui allaient bientût vomir sur la terre des hordes innombrables de barbares. Cette coïncidence mérite d'être remarquée, et il nous semble qu'elle pourrait justifier une observation profonde d'un homme d'Etat qoi est à la fois un grand esprit et un noble cœur. Peu de temps avant- de commencer ce travail sur l'empire chinois, nous avions l'honneur de nous entretenir avec un de ces personnages, si rares aujourd'hui, qui, au milieu de nos discordes civiles, ont toujours su conserver l'estime et l'admiration de tous les partis. Nous partions de ces vieille civilisations de l'Asie, dont l'histoire est si pea connue en Europe, et qui, sans doute, avaient dû être, elles aussi, agitées par des révolutions profondes, bouleversées par de grandes crises sociales. Il m'est softrent veiju en pensée, dit notre illustre interlocuteur, que les invasions des barbares qui, à plusieurs reprises, ont inondé l'Europe, ont dû être le résultat de quelque bouleversement social survenu dans le gouvernement

8S LiMPiu CHnron.

des natioiu populeuses de l'Asie. Ces grands centres de' cÏTÎlisation ont été, sans doute, le thé&tre de terribles luttes, et les irruptions de ces bandes féroces, dont l'histoire a coDserré le souvenir, poarruent alcn être cotisîdérées comme des exutoires par Ies({oels les ecitemis de la société ont été rejetés hors de son sein ; ce n'est là, da reste, qu'une idée à priori, et qui aurait besoin de preuves bùloriques; peat-étre les trouverez-vous dans les Aooiiles de *06 Qiinms.

Cette observation, formulée avep cette réserve qui distingue ordinairement les-esprits supérieurs, nous fit aussitôt impression. Nous fûmes frappé du rapprocb»* ment que nous crûmes alors apercevoir entre les grande* crises sociales de l'empire chinois, sous La dynastiedea SoDg, et les formidables agitations qui se manifestèrent peu après dans la Tartarie ; depuis, nous avons étudié avec plus de soin les événements remarquables qui se. sont produits dans la haute Asie, au^ douzième et an treizième siècle de notre ère, et l'idée à priori, du nù^' nistre des affaires étrangères est devenue, pour -nons,-. comme une démonstration historique (i).

Après la chute complète et définitive du système révolutionnaire de Wang-ngan-ché , ses nombreux partir, sans furent forcés de s'éloigner d'une société dont ils avaient voulu faire leur proie, et où les souvenirs de leurs tentatives de désorganisation générale excitaient les haines et les malédictions de tous les bons otoyens. Ces hcHnmes audacieux franchirait donc la grande nM>

(I) KouB espéram que M. Drouya de Lhoya voudra bien noui pardonner de )ul avoir empniDti bm iïée, ponr la placer arec les nArreB m

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raille par grandes troupes et se répandirent dans les déserts de la Tartane ; menant une vie errante et vagabonde, ils eurent bientôt communiqué leur esprit d'agitation et leur humeur inquiète à toutes ces hordes mongoles, remarquables, ii cette époque, par un caractère dur, sauvage et empUrté, Côi! forouches nomades, qui n'avdent pas encore été humanisés par le bouddhisme, étaient bien ékiignés de regarder comme un crime le meurtre d'un anima), «f de se faire smipnle d'écraser un insecte ; \à, rapipe, le brigandage et l'assassinat, voilà quels étaient leurs passe-temps. On coOiprend à quels produits monstrueux durent donner naissance de pareils âémoils combinés avec les rebuts de la civilisation chinoise ; aussi ta Tftrtarie tout entière ne tarda-t-elle pas àentrer en fermentation. Ces fortes et vigoureuses populatioDS, en qui la Chine venait d'inoculer le virus des révolutions, ne pouvaient plus se contenir ; il leur kllait des bouleversements, des nations à nojer dans le sai^, na monde à ravager ; il ne manquait plus' qu'un homme pCKB- (H^aniser ced terribles et implacables iûstincts de désordre et d'agitation ; Tchibg gis-khan était tout prêt. U ramassa toutes les hordes de ces sauvages coutréesi les aggloméra enimmenses bataillons, et les poussa d»- Ttat ttû jusqu'en Europe, écrasant tous les 'peuples <]ti'il rencontra sur son ptissage. Od sait quels furent les résultats de cef grandes invasions.

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