‹ L'Empire chinois: faisant suite à l'ouvrage intitulé Souvenirs d'un voyageChapitre 8 sur 39 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MiuTalt logement, duu une petite pagoda. — Ou-tcliaag-(ou, capitale dil Hou-pé. — Limites de l'empire chinois. — Hontagnea, — Fleu-

TVS. Lara. — Climal. — Prlnclpalea productions. — Industrla

chlnolK. — Caoseï de son dépérissement. — Anciennes eiposlUofU < des produits des arts et de V'induelrle. — Relation» des Chinois avec les étrangers. — Ëtat actuel dç leur fommerce avec les Européens. — Goramen» Intérfenr de la Chine. — Intérêt de l'argent. — Système des économistes cIûdoU sur l'intérêt de trente poar cenU — Sociétés pécuniaires. — Immense entrep<M de commerce au centre de l'empire. — Système de canallsatiOD. — Aptitude des Chinois pou le commette. — Système monétaire. — Influence de la sapéqne. — Commerce des inOnimeiit petits.

L'endroit où nous fûmes colloques dès notre arrivée à Ou-tcbangf-fou était une petite pa^;ode.tout récemment omstruite, et dont les bonzes n'avaient pas encore pris possession. Le local étût propre, mais très-insuffisant. Nqus ne pouvions disposer que d'une étroite chambre, où l'air et le j.our pénétraient par une .lucarne unique, ouverte en face d' un grand mur ; il y faisait une chaleur enflante. Comme nous devions rester plusieurs jours dans la capitale du Hou-pé, pour prendre une autre feuille de route et oi^niser unR nouvdle escQile, nous Dmos toutde suite des réclamations, afin d'obtenir un logement qui pût nous donner quelque espoir de ne pas mourir de sufiocati(Hi. Tous les. maudartDG que nous vimeci nous promirent de s'occuper immédiatement de

<30 LKHPIU GDlHOtS,

notre requête ; maie, sans doute, aucun n'en fit rien ; car onnouslaissa impitoyablement dans cette étuve.

Nous BubisùcHis les conséquences des foutes diplomatiques que nous avions eu ]a maladresse de commettre à flan-yat^. Le petit mandarin de cette ville, qui avait été char^ de nous faire traverser le fleuva Bleu et de nous conduire jusqu'à Ou-tchang-fou, n'avait pas manqué de Dons compromettre, en disant que nous étions de bonnes gens et d^ excellent accommodement. Maître Ting Sfaît beau protester du contraire, on ne le croyait pas. Oo savait qne le souper du préfet de Han-yang n'ayant pas été de notre goût, nous avions, tout bonnement et sans nous plaindre, fait apporter, à nos frais, des vivres du restaurant. Ainsi il n'y avait pas à se gêner avec nous ; nous serions toujours sufâsanunent heureux, pourvu qu'on ne nous tu&t pas. Tels furent les résultai d'un moment de faiblesse. Nous comprimes alors combien ooas avions eu' raiscn de nous nxHilrer intraitatdes avec ces mandarim, toujours disposés à devenir les tyrans et les perBéeuteurs de ceux qui ne savent pas les faire trembler.

Il y avait encore une autre caose de ce mauvais vouloir de l'autorité de Ou-tchang-fou à notre égard. Quelques mois avant notre arrivée dans Cfttte ville, nn missitHinaire espagnol avait été reconnu et arrêté dans une' petite chrétienté de la province. On l'avait conduit à la capitale, où il subit f^usienrs intem^toires juridiques. Après de ncwnhreuses vexations dans les prisons publiques, où il Fut longtemps détenu la chabie an cou, on Ifr lecMidnisit à Macao, conformément aux traités conclus avec les averses puissances européaines, à Tissoe de la

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giuerre desA^jlais. Ce bon père espagnol, dont non» n'àTioDs pas, il faut le confesser, ]a résignafion et la patience, avait laissé contracter sax habitants de Ontchang-fon un ton et des allures dont nons étiono les viotimes. S'il nous anÎTsit de nous plaindre, on nous répoodait que nous devions nous estimer b-ès-^ureux, puisque nous n'étions ni emprisonnés, ni enchidnés. H sellait que notre bouche ne pouvait s'ouvrir que pour faire entendre des paroles d'actions de grâces et de r&counaîssance, parce qu'on ne nous avait pas encore coopé le cou. Nous crûm^ qn'il était de notre devoir de combattre de notre mieux ces fimestes dispositions, tant dans notre intérêt que dans celui des missionnaires qui auraient, après noua, à passer par là. Nous fîmes donc notre plan, et nous attendîmes une occaaioa favorable.

Notre cellule étroite et incandescente nous rendant la résidence extrêmement pénible, nous prîmes le parti de faire quelques promenades en ville, en la compagnie de notre cher maître Ting, à qui il tardait beaucoup de revoir sa bien-aimée province du Sse-tchouen et de n'avoir plus de relations avec les barbares du Hou^. Afin de pouvoir circuler dans les rues plus librement et sans exciter l'attention du public, il avait été indispen- ' sable de mettre provisoirement de c6té la ceinture rouge et la calotte jaune.

Ou-tchang-fou nous était connu depnislcmglen^s. La première année de notre entrée en Chine, nous aviora eu l'occasion de visiter cette grande ville, l'une des plus commerçantes de la Chine, à cause de sa 8ituati(H) au centre de l'empire et sur les bords du Seuve Bleu, qui

ISS L'Bimu cnMn.

la met en rapport avec toatee les proTÎnces. Nous arw» TU que Han-ysng était eo fttce de Ou-tchang-foa ; nOé autre ville immense, nommée Han-iêoUj ■ c'e8t4-4ire «botiche du commerce,» en. est encore plus rapprochée; elle est située au confluent d'une rivière qui se jette dans le Yàng-tse-kiang, presque sous les murs de Ou-tcbangfou. Ces trois villes, placées en triangle en vue l'une de l'autre et séparées comme par des bras de mer, sont, ai quelque sorte, le cœur qui conununique à la Chine tout entière sa-prodigieuse activité commerciale.

On compte à peu près huit millions d'habitants dans ces trois villes qui, pour ainsi dire, n'en iwA. qu'une seule tant elles sont étroitement unies entre élira par un va-et- Tknt perpétuel d'une multitude imiombrahle de navires. C'est là qu'il fout aller ; c'est Han-keou, Han-yang et Ou-tchang-fou, qu'il faut visil^ pour avoir une idée du commerce intérieur de la nation (diinoise. Mais, avant d'entrer, & ce sujet, dans quelques détails qui ne seront pas, peut-fitre, dépourvus d'intérêt, il nous a semUé qu'il serait nécessaire de jeter un coup d'oeil sur la géographie et la statistique de la Chine, de ce vaste et puissant empire d'Asie, le plus riche, le plus ancien et le plus peuplé de tous ceux qui eiisteut actuellement, ou dont l'histoire nous a conservé le souvenir (i).

La Chine proprement ditf^ abstraction faite de ses vastes et nombreux royaumes tributaires, est un- grand pays contÎDental, situé dans la . partie orientale et moyenne de l'Asie ; elle est bornée au sud et à t'est par

(I) Dans ce qne DOiuaTons dit !ur c«lte matière nou« dous Hunmes mrl d'un éorlt de H. E. Bloi, qne noas aroas dû modiSer d'après nos obseiratloiu wr le» lleax mémM.

la mer Pacifique, aa Dord parla chaîne des monts Yn et par te grand désert de Gobi, appelé ea chiodis CAo-mo, « mer de sable,. » à l'ouest par les hautes chaînes du Thibet, et au sïid-onest par des chfdnes moins élevées qui s'étendent sur les limites de l'empire Birman et du Tonquin.

. Sous le règne de Kien-long, deuxième empereur de la dynastie maiïtcbone, trois provinces prises dans le pays qu'on connaissait autrefois sous le nom de Leaotong et de Hàntchourie ont été ajoutées à la Chine. D'après ces dispositions, les frontières actuelles de l'empire suivent le rivage septentrional du golfe de Leaotong, en partant de Cban-hai-kouan, l'une des portes de la grande muraille, juSqi^à l'embpuchure du Ya-lou ; parvenues en cet endroit, elles quittent la côte de ce golfe et s'étendent de l'ouest à l'est, le long des limites de la Corée, jusqu'à la mer du Japon ; elles suivent le rivage de cette mer en se dirigeant vers le nord-est,, puis vers le nord, jusqu'au point qui marque le commencetkient de la frontière russe, à peu de distance au nord de l'embouchure de l'Amour, ou fleuve Noir. De là, la ligne qui sépare les deux empires suit la chaîne des monts Hing-ngan, redescend au «ud-ouest jusqu'au fleuve Noir, qu'elle coupe au confluent de l'Argomi, et s'arrête aux lacs de Koulun et de BouTr. En cet endroit la frontière chinoise s'élQigne de la frontière russe, en laissant entre deux le pays des Khalkhas et la Mongolie ; eUe se dirige au sud-est jusqu'au Songari, qu'elle traverse àBedoune, et vi«it rejoindre la barrière de pieux ' dji Leao-tong ; elle suit cette palissade en allant du nord-est au sud-ouest jusqu'à sa jonction avec la grande

I3i Lnvnii oniion.

muraille* à peu de distance à l'ouest de Cfaaii-fa&i-

kouaa.

Lafrootiëre chinoise sait la grande muraille (1), en allant par diverses sinuosités du côté de l'ouest jusqu'au fleuve Jaune et séparant du pays des Mongols les deux provinces de Pe-tche-Ii et de Cban-si. Après avoir traversé le fleuve Jaune vers le milieu de la t»w)chê qui descend au sud, elle court d'abdrd an snd-onest, puis au nord-ouest entre le pays des Ortons aii nord et la province de Ghen-si au sud. Elle vient rejtàndre une seconde fois le fleuve Jaune su milieu de la partie de ce fleuve qui estdirigée vers le nord, le traverse encoreen redescendant au sud, après avoir embrassé le territoire de Ning-hïa ; puis va en côtoyant la rive gauche d'abord et ensuite la rive droite, jusqu'au 37° de latifaide ; là elle s'élo^ne du fleuve en se dirigeant au oord'onesi jusqu'à ce qu'elle ait atteint au 40* le département de Soutcheou. Elle continue à suivre la même direction jusqu'au 44" de latitude. C'est là qu'est l'extrémité de la Chine du côté du nord-ouest. La frontière revient alors au sud-est, laissant de côté des déserts sablonneux et le pays de Koukou-noor ; parvenue à Si-ning, elle descend au sud, en côtoyani suceessivement les provinces de Chen-si et de Sse-tcbouen. La direction devient un peu occidentale dans les contrées où les fortes rivières qui Ooulent des hautes montagnes du Tbibet versent leurs eaux dans le grand fleuve que les Chinois nomment par excellence Kiang, ou « le Fleuve. » EHle tourne ensuite à l'est, marche par diverses sinuosités entre le pays des

(I) Voir une notloe ma U grande muraille doue les SouMntrr, .n,p.!T.

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BinBaDsetlaGDcbinchiné'd'une part, et les provinces du Yiio-nan etdu Kouan-« de l'autre jusqu'ao point ^'où Doas sommes partis.

- Coofonnéoient aux limUes que soas venoDS de tracer, «D voit que la Chine présente la forme d'uo cercle, oo plutôt d*uD pàrallélc^Tamme équilaléral dont on aoraH abattu les u^es, appuyé au sud sur te tropique du Cancer qu'il ne durasse que d'environ un degré et demi, s'étendant au nord jusqu'au 41° , et offrant, au nord-est et su nord-ouest, deux prolongements, flont l'un s'aTance jusqu'au 56° de latitude nord et l'autre jusqu'au 44° seoiMnent. En ne tenant, pour le. m<Hnent, aucun compte de ees deux appendices, od voit que la Chine est com- ^se entre le 20° et le 41° de latitude nord, et te 140° et le 95° de longitude, ce qui lui donne une étendue de cinq ooit' TÙigt-cinq lieues du nord au sud et de six cents lieues de l'est à l'ouest, à partir des points les plus éloignés, ou eimron trois cent mille lieues carrées en sUper» ficie, ou plus de six fois ta surface de la France.

La Chine forme une portion-considérable de cet im* mense versant situé à l'orunt des montagnepdn Thibet, et qui est contigu, au sud et à l'est, avec les plages du Grand Océan Oriental. Ses montagnes de l'ouest, dépendances du massif de l'Asie centrale, se prolongent vers la mer d'Orient par deux principales sérira de chairtoiu dont l'une porte le nom chinois de Thtxn-ling, « moats JBleoB, » et se dirige au sud-est entre les 34° et 31' pàrallèles, etdont l'autre, connue «ous le nom de Nan4ing, « monts du Midi, » se dirige vers l'est-eud-est entre les 27° et 24« parallèles. Les moole Tbsid-lîng et Nan-ling^ indiqués onume des chaînes continues sur k plupart

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deftcarlesde la Chiite, ne sont, en réalité, que des a^lomérations de chaînons dont l'orientation géoâ^Ie est vers le nord-est. Le sol chinois présente encore plusieurs autres grandes aréles dirigées dans le même sens, par chaînons interrompus. Telles sent celles qui s'étendent de la pointe orientale de Ghan-tCHig à l'tle de flaï-oaUf et de Thaï-tong près de la province du Chan-sî, au nord; jusqu'à la frontière du Tonquin. Cette direction com> mnne, du sud-ouest au nord-est, est aussi celle de la ligne de volcans qui se prolonge à travers la grande lie de-Formose, l'archipel de Lieou-khieoo et le Japon^ însqu'aui Iles AleuUennes. Le savant gécAogae M. Élie de Beaumont a montré qu'elle coïncidait avec le grand cox^le de la sphère terrestre qui passe par les Cdrdilières de l'Amérique du Sud et les montagnes Rocheuses de l'Amérique du Nori, d'oii il résultie que le système des montagnes de l'Asie orientale et te système des grandes chaînes américaines paraissent avoir été formés à la même époque. Les tremblements de teixe, les éruptions boueuses et les soulèvements, qui se sont fait sentir dans la Chine depuis la pins haute antiquité, ont, en effet, une analogie frappante avec les phénomènes de ce genre qui ont eu lieu dans les deux Amériques.

On ne connaît aucun volcan actuellement en ignition dans la Chine ; mais il est certain que les terrains volcaniques y occupent un espace considérable. Il y a nn grand nombre de solfatares dans la province du Cban-si, où les habitants lesemploient à des usages économiques. . Parallèlement à ces séries de chaînons de montagnes chinoises coulent un ' grand nombre de rivières et de cours d'eau dont la plupart aboutissent dans l'un on

CBApmti IV. iSl

l'aatre des deux immenses fleuves, le Yang-tse-kiâng que mms appel(His /Ï«UM Bleu, et le Hoang-ho, ou fleure Janne. Tous deorprenneot leur source dans les montagnes du Thibet oriental, à peu de distance l'un de l'aittre, entre 1634° et le 35* de latitude nord. Leur embouchure est aussi très-rapprocbée, dans la mer orientale ; mais leur cours s'écarte à des dtetances considérables, bt embrasse un espace de [ùiys prodigieux. Nous avons déjà eu occasion d'en parler ailleurs.

De même que les géogtatpb^ chinois claâseht les montagnes d'après leurs idées particulières et en distinguent cinq principales auiquelles ils donnent des sites distincts quiont leur fondement dans les traditions historiques ; de même aussi ils désignent quatre fleuves ou rivières sous le nom de S»e-tou, « les qnatre écoulements, » ce sont : le Kiang, le Ho, le Houi et le Tsi. H faut ajouter à ces fleuves un nombre considérable de rivières, qui vont se jeter à la mer, mais dont le cours est généralement peu étendu. Beaucoup d' affluents du fleuve Jaune et du fleuve Bleu les surpassent en longueur et en volume.

La Chine compte plusieurs grands lacs. On en distmgue cinq principaux, savoir:' 1° le lac Thoung-thing, sur les confins des provinces du Hou-nan et du Hou-pé ; 2* le lac Phou-yang, dans le Kiang-si ; 3° le lac Hqungtse, dans le Kiang-son ; 4° le Si-bou, ou « lac occidental, » dans le Tché-Kiang, et 5° le lac Taï-hou, ou « Grand Lac, » sur les limites du Kiang-sou et duTché* kiang. H y a, en outre, beaucoup d'autres lacs plus petits, ou moins célèbres, notamment dans le Yun-nan.

Le climat d'un pa|s qui s'étend depuis le tropique

fS8 LBMPllB CHWOIB.

jusqu'au 56" doit différer infiniment, suivant les prorinoet. Celui da la Chine offre, eo efflét; toutes les 'vsriatioaB de la zone tempérée et participe, en quelqae sorte, anaâ de celui de la sooe glaciale et de la torride. La {woviEtee du fleuve Noir, a des bïrers semblablee à ceux de ia Kbâie, et la chaleur de Canton ressemble à celle de rHbdoustaa. On voit des rennes dans le nord et des âéphaots dans le midi. Entre ces deux extr^es, toutes les nuancerde la température, toutes ies.gradatkms da diaud et du froid s'observent, à mesure qu'on avance du midi verslenwd. Ainsi, à Péking, par 40* de latihidQ, le thennomètre descend, pendant les trois mois del'hiver> jusqu'à 30° aurdessous de zéro et s'élève, dans l'été, jusqu'à 30° de chaleur. A Cantm, par 23° de latitude, la température moycnse^sl ^° 0. Génér^ement, l'air est trèj^aÎD en Chine, et les exemples de longévité ne sent pas rares, ce qui est d'autant plus remarquable, que la culture la plus uaiverseKement répandue, du moins dans les provinces du midi, est celle des rizières. On doit, sans doute, attribuer cet avantage en partie à l'beureuse disposition des bassins qui sont ouverts aux vents les plus généreux, et en partie aussi aux sages mesures qu'on a prises pour l'assainissement du pays, en cultivant les bords des lacs et les prairies marécageuses, en procurant un libre écoulement aux eaux des fleuves et des rivières, et en assujettissant à des règlements judicieux les travaux d'irrigation, l'un des niojHis de prospérité de l'empire et de salut pour les habitants. La surface entière de la Chine peut être divisée eu trois EOoes panQlèles à l'équateur.et d«at le taupéraitnre et les produits stmt très^iflérenls. Lasone du nord s'é-

cumu Vf. f39

teiidau3â*paTaltèleetiwdépas8egnère,ausud, krallée inférienre du fleuve S&tne. Les froids y sont trop rade» poar le tiié, le ria, le mûrier cM-dinaire ; les terres s'eo- Kmencent principalement en millet et avoine, qui résistent mieux au froid que le froment. On j exploite beaucoup de minerai de fer et des gisements considérables de houille. Ce combustible si précieux se trouve, d'ailleurs, dans presque toute ta Chine, et ootamment dans la proviace de Kan-sou. Il est employé pour le chaotTage habituel, la fabricatton du fer, de la chaux, etc. La zone ceor traie, limitée par le 27' ou le 26' parallèle et les monts Nan-stng, a des hivers beaucoup plus doux que la zone du nord. Le riz, le froment, y sont exceUents. Elle pos- ,sède les meilleures espèces de thé, le mûrier, le coton> nier, le jujubier, l'oranger, ta canne à sucre, qui y a été ÛDportée de l'Inde au huitième siècle, le bambon, qui remonte au nord jusqu'au 38° et a été appliqué par les Onnois à de nombreux usages. La partie orientale de cebe zone favorisée est célèbre par ses fabriques de soieries et de cotonnades ; le milieu passe pour le grenier de la Chine et pourrait la nourrir par ses immenses récoltes de riz ; l'occident est riche en bois de construction. Li zone méridionale, bordée par la mer, présente les mêmes productions naturelles que la zone centrale ; sais, généralement, elles sont de moins bonne qualité parce que la température est plus chaude. De nombreux gtles métidlifères sont départis dans l'une et l'autre de ces déni zones-. L'or el Taïaut se trouvent dans les provinces dn sud et dans celles de Touest ; le enivre, l'étaîn, le I^omb, s'extraient dans la province centraledu Kiang-si ; le niercure est très-abfMidant, sons diverses formes. Eîlfin

les moatagnes .d;u wdwHiest, dans le YniMiaD et le

Kouei-tcheoQ, passent pour très-ricbes eo métaux de toute espèce. On trouve encore eu Chine du lazulettre, lequartz, le rubis, l'émeratideî le, corindon, U pierre ollaire, qui sert à faire des vases et particulikement' des écritoires; lastéattte, qu'on taille en omementd et ai figurines ; diverses espèces de schistes, de roche cor^ néenne et de serpenùne, dont on fabrique des instruments de musique. Le jade, si cél^re soos le nom de yu, se trouve aussi à lliû-thoung, dans la province du Cban-si ; mais la plus grande partie de cette pierre si estimée des Chinois yient de Khotan, et est apportée de Tartane par les Boukhares.

La Chine nourrit un grand nombre d'espèces -d'animaux, parmi lesquelles il y en a plusieurs qui ne sont que peu ou mal connues en Europe. Le cheval y est moins beau et plus petit; on y trouve, dans le nord, le chameau de la Bacti-iane, le buffle, plusieurs espèces d'our», de blaireaux,.de calons, une espèce particulière de tigre, plusieurs espèces de léopards et de panth^^s. . Le bœuf est moins commun qu'en Europe, et le cochon est plus petit. 11 y a ptunenrs variétés de chiens qui ont la langue noire. Le chM y est mis en domesticité, surtout Une espèce qui est sans queue et q,ui est trèsr répandue d»is le midi ; la vaiiété- blanche à poil soyeux n'y est pas inconnue. On compte beaucoup d'espèces différentes de rongeurs, parmi lesquelles il y en a qui pullulent au point de devenir un Seau pour les provinces, qu'elles parcourent eu troupes immenses. Les gerboises, les polatouches, les écureuils, les loutres, les zibelines, se trouvent dans les forêts. Le rhinocéros et le

ta|Hr oriental . babitent les partias occidentalefj éa Kouai^i, du Yun-nan et du Sae-tchouen. De nombreuses espèces de cerfs, de chèvres et d'antilopes, le musc et d'autres ruminants moins connus, peuplent les forêts et les montagnes, particulièrement dans les pro- 'vioces ocddentales. On trouve aurai dans le sud-ouest plusieurs quadrumanes, et.méme de grandes espèces de sÎDg^ assé2 voisines de l'orang-outaDg.

La Chine, si féconde en produits de tout genre, possède surtout un trésor sans lequel les plus abondantes richesses du sol deTiennentbientôtinutiles; nous voulons parler de l'iDdustrie de ses habitants. L'industrie des Chinois est merveilleuse en tout ce qui concerne les choses usuelles et les commodités âe la vie. L'origme de plusieurs arts se perd chez eux dans la nuit du temps, et rinvenHon en est attribuée à des personnages dont TexisteDce historique a souvent été mise en doute par les annalistes. Ha ont lopj(^s su préparer la sue et fabriquer des étoffes qui ont attiré chez eux les marchands d'une grande parUe de l'Asie ; la fabricatii») de la porcelaine a été portée à un degré de perfection qui, sous le rapport de l'élégance, n'a été dépassée, en Europe, que depuis bien peu d'années', et qu'on n'yégale pas encore sous le rapport de la solidité et du bon marché ; le bambou leur sert à faire des nnlliers d'ouvrages de toute espèce; leurs toiles de coton, le nankin, sont renommés dans le monde entier ; ils excellent dans Ja confection des satins à fleurs ; malgré la simplicité de leurs métiers, ils peuvent reproduire tesdessins les plus variés, et nous n'avons pas encore réussi à imiter leurs crêpes^ (Mitre le^ toiles en chanvre, ils en fabriquent de très-fortes avec unb

Ht Loniu craNMS.

wvtedelierre àppdé to ; leurs mei^iles, lems tbks, kon instrumeotB et oatUs de toate espèce, sont remar> > quables par nne certaine simplicité iagéoieate qui m^ riterait souvent d*itre imitée.

La polarité de l'ajnuuit af ait été remarquée ches em deux mille cinq cents ans avant nob^ ère, qunqu'tls d'co eussent pas tiré parti pour la navigation. La poudre à caocm, et d'autres compoailions inflammables dont Us se servent pour cmistruire des pièces d'artifioe d'nn effet surprenant, leur étaient connues d^uis très-longtemps, et l'on croit que des bombardes et des pierriers, dont ils avaient enseigné l'usage aux Tarlares au treinènie siècle, ont pu donner, en Europe, l'idée de l'artillerie, quoique la forme des fusils et des canons dont ils se sei-vent actuellement lenr ait été apportée par la France, ainsi que l'attestent les noms mêmes qu'ils donnent à ces sortes d'armes. De tout temps ils ont su travailler l&s métaux, faire des instruments de musique, polir et tailler les pierresdures. La gravure en bois et l'imprimerie st^ réotype remontait, enChJne^ an milieu du dixième nècle, ils excellent dans la broderie, la teinture, les ouvrages de vernis. On n'imite qu'imparfaitement en Europe certaines {Hroductions de leur industrie, leurs couleurs vives et inaltérables, leur papier à la fois solide et âa, leur encre, et une infinité d'autres objets, qui figent de la patience, du soin et de la dextérité. Ils se plaisent à reproduire des modèles qui leur vieunrait des pays étrangers i ils les copient avec une exactitude scrupuleuse et une fidélité servile ; ils fabriquent même, tout exprès pour les Européens, des objets qui sont du goût de ces damiers, des magots ou des figurines en stéatite, en

CHAYiniH IT. (43

porcelùoe, en h(m peut, et la main-d'œuwe est à à bon marché chez étn, qu'il y a souvent de l'aTântagH à leur commander des oarrages que des artisans eoropéei» ne pourraient exécutef qu'à de ^wids frais.

Nous devons remarquer qn'en Chine l'industrie, comme tout le reste, au lieu de faire des progrès, va tons les jours en déclinant. Plusieurs secrets importuits dé &brication se sont perdus, et aujourd'hui les mivrierri les plus habiles seraient incapables d'ohtenir la perflection et le fini qu'on admire dans les ouvrages des sièdetf passés; delà ce goût effréné des riches Chinois pour les koK-toun, ou antiquités. Ils recherchent avec aviditâ des porcelaines, des bronzes, des tissus desoie, dee peicH tures qui, à part le mérite d'être de vieille date, surpassent de beaucoup, comme œuvre d'art, les productions modernes. Non-seulement les Chinois de nos joun n'inventent rioi, ne perfecticmnent rien, mais ils rétrogradait sensiblement du point avancé où ils étaient parvenus depuis si longtemps.

Ce déplorable état de choses tient à cette désoi^anisation générale, à cette încune du gouvernement, que nous avons déjà eu occasion de signaler tant de fois. Personne n'encourage le talent et le mérite des artistes et des industriels ; il n'y ariai pour eldtw leur -émulalion, aussi on ne tente aucun progrès, on ne cherdie pas i 86 distinguer. Tout homme de génie, capable de donner une salutaire impulsion aux arts et à l'iaduBtrie, se trouve à l'instant par^ysé par la pensée que stm mérite sera méconnu, et que ses efforts obtiendront, de la part du gouvemement, des ch&timents plutAt que des récompoues. 11 n'en était pae ainsi autrefois, et les moiyvnB

Ui l'bhpiii chuiois.

qui, aujourd'hui, eu Europe, attribuent si efficacement à développer tous les lalente et toute» les aptitudes, élaioit aussi mis en usage dans l'empire chiDois ; il y avait des expositions publiques pour les produits des arts et de rioduatrie, tous les citoyens .étaient admis à en foire la critique, et les magistrats ne manquaient jamais de louer et de récompenser ceux qui se distinguaient pal leur travùl et leurs succès.

- Dans la Relation des voyages faits par les Arabes en Chine, au neuvième siècle, on trouve un curieux pas^ ■i^ qui vient, en quelque sorte, expliquer, les promis étonnants des Chinois à une époque où les autres peu^es du mondeétaienl ptoi^;és dans l'ignorance et la barbarie. « Les Cbinois, dit le narrateur arabe, sont au nombre c des créatures de Dieu qui ont le plus d'adresse dans « la main , en ce qui coDcerae le dessin , l'art de la € fabrication, et pour toçte espèce d'ouvrage ; ils ne tt sont, à cet égard, surpassés par aucune nation. En « Chine, un homme fait avec sa main ce que vraisembla- «.blement personne ne serait en état de faire jquandson «. ouvri^ est fini, il le porte au gouverneur, demaDdant «i ime récompense pour le progrès qu'il a fait faire à « l'art ; «ussilât le gouvernement fait placer Vobjet à la « porte de scm palais, et on l'y tient exposé pendant un «. au ; si, dans l'intervalle, personne ipe fait.de remarque « critique, le gouverneur récompense l'artiste et l'admet « à 8QH service ; mais, si quelqu'un signale quelque dé- «.faut grave, le gouverneur renvoie l'artiste et ne lui ^.accorde rien.

« Un jour un hcmune représenta, sur une étoffe de « soie, un épi sur lequel était posé un moineau ; perr

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