‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 101 sur 129 · La confrérie des Kélan. — Les Russes · texte numérisé non relu

La confrérie des Kélan. — Les Russes

Pendant tous ces troubles l'influence et la populat du Pan tscheen R. p. t, le seul chef effectif de la ReligJ au Thibet, grandirent beaucoup. Dans sa verte vieilles il s'occupait non seulement de choses spirituelles, encore d'armes, de chevaux ; il semblait se préparer à' nouveau rôle pour sa première renaissance.

11 a fondé Tordre des Kélan dans lequel on enrôle U les pèlerins qui viennent à Krashiss-Lu, résidence du, Pan Ischen, R. p. t. Ce qui caractérise cet ordre, cl leur foi à la prédiction suivante :

« La première renaissance du Pan tschen (R, p. tscheî « aura lieu dans le Thian-shan-pe-lu (montagnes célest « en Dsoungarie. Pendant qu'il se tient là dans l'attei t des grands événements qui doivent arriver, la religil « de Bouddha vit dans le cœur de ses fidèles et l'associj <( tion des kelan en est l'âme. Dans ces mauvais jours, ce Chinois envahiront le Thibet et s'efforceront de détrôi « le DalaïLama. Il y aura contre eux un soulèvent « général dans lequel tous seront, en un seul jour, égoi « dans toute l'étendue du Thibet. »

« L'Empereur s'emparera du Thibet qui sera noyé dai « le sang. Mais alors le Pan tschen ri potshe se révèlei

t 11 appellera à lui la confrérie des Kélan dans uï « plaine de la Dsoungarie. Là se réuniront les vivants ce les morts qui ressusciteront à cette occasion ».

« A la tête de cette formidable armée, le Pan tschen' « battra les Chinois et conquerra le Thibet, la Chine, la

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mgoîie et même la Russie, et il fera régner sur tous * peuples le Lamaïsme et la loi de Bouddha ». site prophétie repose sur le dogme bouddhiste de la attration de la loi par des Bouddhas successifs. On naissait déjà au siècle dernier, en Europe, cette yance des Bouddhistes à un Messie qui devait venir ts cinq ou six cents ans. Le fondateur de la confrérie » kélan s'est borné à rapprocher quelque peu l'époque son apparition pour l'approprier aux circonstances isentes.

1 faut avouer que ce Messie Mongol n'a pas tous les ictères de douceur pacifique d'un Bouddha. Gela 3uve que le Bouddhisme qui a humanisé les anciens d, n'a pas éteint leur énergie originelle. C'est ce que n constate aussi dans la Birmanie et l'Annam où les scendants des Bod sont très braves à l'occasion quoique Hciles à plier à la discipline militaire.

La Dsoungarie n'a pas attendu pour se soulever la nue du Messie Bouddhiste. La différence des races et s religions et l'oppression Chinoise y ont amené de oiveaux massacres.

Vers ^55, les populations agricoles du bassin de l'Ili, mposées de Dzoungares Mahométans et de colons Dngols se sont révoltés et en 1865 ont massacré tous les linois venus comme colons pénitentiaires ou militaires, les Mantchoux ; la population était réduite de deux illions à un million, 390.000 habitants, lorsque les géné- >ux Chinois remirent le Kouldja aux Russes qui vinrent leur secours, et, par l'occupation d'Ourga capitale des alkhas, empêchèrent un soulèvement général des ongols, etc.

Cette occupation n'a pu que grandir énormément le restige déjà ancien du Tsar blanc au Thibet, dont une artie se donnera à lui quand il voudra. En s'avançantde roche en proche dans le Thibet, la Russie menacerait Inde très sérieusement et il serait difficile aux Anglais e lui résister, s'ils n'avaient par dans toute la région lontagneuse entre la Russie, la Chine et Tlnde, une opulation dévouée, pour une partie d'origine Européenne, t, pour le reste, Européanisée, c'est-à-dire obéissant à 'Impulsion Anglaise.

Parle traité de 1881 qui restitue le Kouldja à la Chine,

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la Russie s'est réservé un territoire de refuge pour Dzoungares et les Tarantchi à l'extrémité N. O. du pays tête de Tunique ouverture entre les masses des Th Chan et de l'Altaï, la grande voie de communication oa relie entre le bassin du Tarim (côté de la Chine) et a de la mer Caspienne (Russie), c'est à-dire entre la Cbi et l'Occident, voie qui devra nécessairement suivre chemin de fer de Calais à Shanghaï. C'est ainsi quç Russie s'est assuré pour son commerce et ses armées débouché, le plus important du vieux continent au p< de vue de l'avenir.

Son projet du grand Central Asiatique part d'Eka rimbourg, se dirige sur Troïtsk, Omsk, Sempalatinsk, Kouldja et se prolonge jusqu'à la vallée supérieure 1 l'IUi. C'est la région la plus riche du monde en gt métallifères et en terrains houillers. Du cours supéru de l'illi, la voie contournerait au Nord la Mongolie p< prendre la grande route des Caravanes qui de Kiarta ce duit en Chine- A partir du Kouldja inclusivement, e traverserait des pays Bouddhistes Ce ne serait point route commerciale vers le centre de la Chine ; celle-ci s une autre direction ; mais la première, outre qu'e livrerait à la Russie une grande partie du commei de V Empire Chinois, faciliterait singulièrement les era hissements de cette puissance jusqu'à la Chine pf prement dite. Pour elle, ce n'est qu'une question i patience et d'opportunité. De ce côté elle n'a en fiï d'elle que la Chine qui pourra la combattre par l'expa sion de sa population et par ses armées. Celles-ci serù vaincues quand la Russie le voudra ; quant à la popuï tion chinoise elle n'est point un obstacle à une domin tion étrangère, puisque hormis les lettrés, les Chinois si les Mandarins, sont absolument dénués de patriotisme au contraire, les Russes en sont remplis au point qa chez le peuple, le patriotisme se fond avec la religion ;1 que toute la haute classe est pénétrée de l'idée Pansï viste. L'expansion de la race slave vers l'extrême Oria est irrésistible ; et comme l'Eglise Russe n'est poil animée d'un esprit de prosélytisme intolérant, les peupl* de la Haute-Asie* les Musulmans eux-mêmes, ne redoi tent point la domination russe.

Les progrès de la Russie du côté de la Chine ne serow

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me retardés que par les embarras qu'elle aura sur ses itres frontières vers lesquelles se porte actuellement ute son ambition. Elle semble comprendre que, partout, le a intérêt à attendre et à se fortifier ; mais elle n'est nul maitresse des événements du côté de l'Occident, et ; côté absorbe presque toutes ses ressources. Dans les projets russes, à la ligne principale du grand ntral asiatique, se rattacherait une ligne d'Orembourg à ickend qui, par les vallées de Takmak et de Vernoje lit rejoindre Kouldja.

La ville de Tackend deviendrait un centre de premier dre parles ramifications qu'elle enverrait : d'une part, sur aokand, Andidjan, Kachgar, Yarkand ; de l'autre sur imarkande, Boukara et Balk, trois contrées qui forment ïjà partie du Turkestan Russe, ou dont la Russie pourlit aujourd'hui l'occupation. Ce dernier embranchement ait presque jusqu'à la frontière de l'Afghanistan, et, ms sa partie extrême, emprunterait le chemin par quel Alexandre a pénétré dans l'Inde. Le réseau qui irait Orembourg pour point de départ, mettrait dans les ains de la Russie toute l'Asie centrale jusqu'aux fronères de Flnde et de la Chine ; il semble qu'un résultat issi vaste et aussi infaillible doive fournir pour longtemps n aliment suffisant à son ajnbition.

La voie de pénétration dans l'Inde pour la Russie est le ranscaspien qui part de l'angle Sud-Est de la mer Casienne, longe la frontière persane, traverse le désert de okhara et aboutit à (Samarkanda) et à Merv. De là il ourra, par les vallées de TAtreck et du Héri-round non >in d'Hérat, se diriger sur le Kandahar d'où un passage es plus faciles donne entrée dans les vallées du Bas idus et ensuite du Gange. A partir d'Hérat, il n'y a plus obstacles naturels. Les Anglais qui le savent font conter sur Kandahar leurs voies ferrées de ce côté de Inde pour être à même dy concentrer rapidement toutes eura forces.

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