‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 114 sur 129 · Fêtes annuelles, pèlerinages · texte numérisé non relu

Fêtes annuelles, pèlerinages

Fêtes annuelles.

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Rte, les mauvais esprits à gauche. Chacun des trois pipes exécute des danses isolément ; puis un homme et Mémon s'avancent l'un vers l'autre. Le mauvais esprit efforce, par un discours insinuant, de décider l'homme commettre une transgression morale ou religieuse, 'homme d'abord résiste, puis mollit peu à peu. Il va éder, lorsqu'arrivent d'autres hommes qui le dissuadent. Is n'y parviennent qu'avec beaucoup de temps et de ;rands frais d'éloquence et rendent grâce aux Dragsheds lece succès en leur attribuant tout l'honneur de la vicoire remportée.

Alors tous les Dragsheds se précipitent du fonds du héâtre, accablent les mauvais esprits d'une pluie de flèîhes et de mousquetterie; les hommes se joignent à eux avec des bâtons qu'ils ont tenus jusqu'à ce moment cachés sous leurs vêtements. Les mauvais esprits s'enfuient et iont poursuivis jusqu'à ce qu'ils se soient échappés dans lies cachettes impénétrables.

Le drame terminé, tous les acteurs, Dragsheds, hommes, et mauvais esprits s'en vont en chantant des vers en l'honneur des Dragsheds vainqueurs.

Ce spectacle qui, aujourd'hui, nous paraît enfantin, a été sans doute institué pour guérir les Thibétains de la peur des mauvais esprits.

Nous voyons dans l'histoire de la Chine que les premiers empereurs chinois, pour atteindre le même but, avaient créé toute une hiérarchie de bons esprits vainqueurs des mauvais. Les Dragsheds sont sans doute entrés dans le Lamaïsme au même titre et pour le même motif.

La première heure de l'année sonne au milieu de tout l'éclat et du bruit d'une fête de nuit. Toutes les affaires sont suspendues pendant trois jours.

Le second jour le Dalaï-Lama donne un grand festin pendant lequel des charlatans Chinois et Thibétains font leurs tours et de jeunes garçons exécutent des danses guerrières devant les convives.

Sur les places publiques sont des spectacles de jongleurs.

Le jour suivant on montre la danse des esprits mis en fuite comme nous l'avons vu. Un arlequin monte au haut d'une longue corde tendue dans une direction oblique à

l'horizon et s'y laisse glisser.

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Vient ensuite le grand Jubilé établi par Tsong-ka-pa comme nous l'avons dit, sur le modèle des « anciennes assemblées de la délivrance, »

Tous les religieux du domaine temporel du Dalaï-Lama. s'y çendent ainsi que des fidèles des parties les plus loift taines du Thibet. 11 y a beaucoup de tumulte et môme des querelles sanglantes.

Outre les adorations et les offrandes, on fait de grande^ et brillantes processions aux lieux saints, notamment aux couvents de Mo-ru et de Gha-Grang où le Dalaï-Lama envoie sa bénédiction du haut d'une estrade.

Le quinzième jour, la fête des fleurs clôt la série des J fêtes du nouvel an. (

On donne ce nom à des représentations d'objets religieux et profanes parmi lesquels tous les peuples asiatiques paraissent avec leur physionomie et leurs costumes particuliers ; personnages, vêtements, ornements, paysages, tout est en beurre. Les lamas les plus habiles dans cet art pétrissent dans l'eau et modèlent les objets, d'autres y mettent les couleurs. On établit les figures en plein air devant les divers temples et on les éclaire par de magnifiques illuminations. Ce sont des bas-reliefs de dimensions colossales représentant divers sujets tirés de l'histoire du Bouddhisme et où domine toujours la figure parfaitement reconnaissable du Bouddha. Les figures, dit le père Hue, sont animées et les costumes, surtout ceux en pelleterie, parfaitement représentés ; il y a aussi des oiseaux, des animaux et des fleurs.

Ainsi, pendant ces fêtes du nouvel an, non seulement dans la capitale du Lamaïsme, mais encore dans toutes les contrées où il règne, jusque dans les lieux où le culte a le plus de simplicité, on prie beaucoup, particulièrement, dit Koeppen, « pour les âmes des hérétiques et des non croyants ; w (les hérétiques sont les Indiens Brahmanistes).

On fait beaucoup de musique bruyante et de pèlerinages. — Mais aussi on danse, on mange et on boit beaucoup, sans parler de ce qui doit être passé sous silence. — Ce sont là deux traits caractéristiques du Lamaïsme et peut-être des races Touraniennes. Ils dénotent une 'assez bonne nature.

2° La fête de la conception ou de Vincarnation de Çakia-

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►-CTest la plus ancienne fête bouddhique ; on Ta fait lier avec la fête naturaliste du commencement de Jfîii Thibet, en Chine et en Mantchourie, comme ftis dans Tlnde, elle a lieu de la nouvelle à la pleine Iravrii ; en Mongolie, c'est au mois de juin. Caractéristique de la fête sont les processions et le irincipal est le dernier, celui de la pleine lune. Cette brrespond à la fête catholique des Rogations et à la l&yenne des Lupercales.

ha fête de Veau ou la bénédiction de Veau en août ou sabre au commencement de l'automne. On peut à b la regarder comme une fête religieuse ; toutefois lie laisse pas d'avoir une signification bouddhiste. Phibet et dans le Boutan elle dure 20 jours. Dans l période, les Lamas vont en procession aux cours El et aux lacs et les consacrent par des bénédic- S et des offrandes jetées dans leur lit. Des huttes et

tentes sont dressées sur leurs bords, les gens se paient ou boivent de l'eau pour laver leurs péchés. I une fête de purification et d'expiation. Malgré cela,

se termine par des danses, des jeux et des mascafs. Comme elle a lieu la nuit et que les deux sexes s'y Sent en état de complète nudité pour le bain et les diissements, les plaisirs charnels y jouent un très grand

i l'ancienne fête bouddhiste de la fin de la saison des

ies ou de la retraite qui coïncide avec le retour de tkyamouni du ciel du Toucita où il était allé convertir

mère, correspond une fête Lamaïste qui est surtout la te des Morts, ou plutôt celle de l'Ascension du docteur song-ka-pa au ciel du Tucita d'où il a prédit ce jour-là rille prospérités au peuple du Thibet qui le saluait avec es flambeaux. Les Thibétains célèbrent cette fête par des luminations, le 25 de leur dixième mois* On élève des strades que l'on couvre de lampes ; le soir de la fête, on orte en procession la statue de Tsong-ka-pa et on Hume les lampes. La manière dont elles brûlent présage xmheur ou malheur *.

Aux grandes fêtes annuelles correspondent de grands

1 Cette fête correspond (sans doute) à celle des lanternes en Chine.

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jeûnes pendant lesquels les dévots et les religieux i mangent que du riz, des fruits, du beurre, du fromaj du thé et du miel.

Outre ces grandes fêtes principales et générales, II Lamaïstes ont un nombre infini de fêtes locales. Il y a' L'hassa ; la fête du feu, sans doute une répétition de cé de Tlnde ; la fête des démons où on les chasse, ce qj donne lieu à beaucoup de mascarades ; la fête du prâ temps, etc.

Les lamas ont su attacher le peuple par ce cuto animé, bruyant, imagé, où beaucoup est donné aux sensj Les plaisirs que Ton goûte dans les sièges passionnés a qui sont représentés dans les temples par la peinturd sont pour le commun des laïques un attrait analogue a Paradis de Mahomet : « Semper in amplexibus et illecehm absque consommatione ». A part cela, la décence estobser 3 vée dans ce culte.

Si Ton ajoute à cela le mélange intime d'un granl nombre de religieux avec la population et les rapporte de tous les individus et les familles pour le culte privé e( pour les cérémonies et les besoins des époques marquantes de la vie dans lesquelles les lamas interviennent comme représentants de Bouddha, ou encore comme exorcistes, devins, astrologues et médecins, on comprendra parfaitement la popularité et le prestige du Lamaïsme.

Les pèlerinages aux grandes lamasseries, aux grands lamas vénérés, aux lieux particulièrement saints, sont relativement aussi nombreux que dans l'Inde et dans la Chine ; ils ont le même caractère qu'en Chine, c'est-à dire souvent autant de plaisir et de curiosité que de pieté. Beaucoup de pèlerins font des vœux de jeûnes, mortifications, pénitences, etc., comme les pèlerins hindous, mais jamais de mutilations, de tortures personnelles, ni <fc quoi que ce soit, qui soit contraire à l'humanité ou à la décence. Celle-ci est scrupuleusement observée dans

Pèlerinages.

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jjs les fêtes bouddhiques, malgré le tumulte de ces r et la dissolution générale des mœurs. Ce n'est que S quelques représentations scéniques de bas étage, qu'il E se produire des allusions ou des gestes grossiers.

Ldes vœux les plus ordinaires est de faire le tour lamasserie, chargé de livres de prières ; les prières | censées être récitées par cet exercice.

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