Costume et insignes religieux
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prussien, qu'on voit figurer dans les batailles du premier empire. Celle du grand Lama a des ailes qui couvrent les. joues et même s'abattent sur les épaules.
Dans certaines cérémonies, il porte une sorte de diadème avec cinq pointes dont chacune représente un des cinq Dyanis Buddhas. A l'intérieur du diadème une petite coeffure conique couvre le crâne, on place une couronne* de cette espèce sur la tête du supérieur d'une lamasserie lors de son installation.
Dans les cérémonies, les hauts dignitaires développent, beaucoup de pompe et sont même surchargés de bijoux. En dehors des cérémonies, la coeffure ordinaire est une calotte semblable à celle des cardinaux romains.
Les religieux du Thibet et de la Mongolie portent des chaussures à cause de la rudesse du climat et du sol. Le grand Lama se montre pieds nus dans quelques cérémonies.
Les lamas ne portent point la patta à la main, mais à la ceinture ou au bras. A côté est placée une petite bouteille avec de l'eau.
Dans les cérémonies, les lamas portent avec eux la clochette ou le sceptre.
La clochette tantôt intervient dans les cérémonies et les conjurations avec le sceptre ou crosse, tantôt accompagne les chants et les prières, tantôt marque ou remplit les pauses. Le sceptre, arme d'Indra, est le symbole de la fermeté inébranlable dans la loi contre les tentations.
Outre les roues à prières et les chapelets, il y a les boëtes à amulets ou talismans qui consistent en médaillons, figurines et formules de conjuration.
On ne trouve le trident Civaïste qu'aux mains des moines rouges ; c'est une preuve de plus que la réforme de Tsong-ka-pa a été dirigée contre le Civaïsme et la Magie.
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è Modèles et moyens d'existence des Lamas, leurs qualités
et leurs défauts.
Au Thibet et au Boutan, les religieux n'ont pas besoin jP&Iler mendier; car les lamasseries possèdent la plus grande partie des terres avec un grand nombre de sujets ; la plupart des emplois publics sont confiés à des religieux.
La règle des lamasseries est la même que celle de tous les pays bouddhiques ; le Pratimauk est le livre de discipline , en quelque sorte le bréviaire des Lamas.
La règle de pauvreté souffre beaucoup d'exceptions ; celle de chasteté est très mal observée, surtout en dehors des lamasseries- On accuse les religieux des lamasseries de sodomie et l'on prétend qu'ils se justifient en disant qu'il n'y a point de mal, puisque Bouddha n'en a point parlé. Nous repousserions ces accusations avec dégoût, si 1 nous ne connaissions point les vices de l'Orient et de Y antiquité et tout ce que l'oisiveté engendre de honteux.
Pour des motifs politiques, le Dalaï-Lama permet le mariage à quelques religieux, membres de familles princières.
Les revenus des Lamasseries, en terres et argent, s'augmentent du, produit : de la vente des grades, des entreprises commerciales, des offrandes volontaires, de la rémunération tarifiée des rites sacrés, et des quêtes.
On quête principalement à l'époque de la moisson, on envoie dans les villages des lamas qui demandent du grain, *
Les offrandes les plus considérables sont celles faites aux lamas incarnés ou dans les fêtes annuelles.
Au Thibet et surtout en Mongolie, lorsqu'il s'agit d'établir une nouvelle Lamasserie, on quête au nom du vieux Bouddha pour la réalisation du projet et on récolte toujours les fonds nécessaires ; les Mongols et même les Thibétains, comme les Hindous, sont toujours disposés à donner pour tout ce qui a trait à la religion, ce qui prouve la sincérité de leurs sentiments pieux, plus ou moins éclairés.
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Dans la Mongolie et principalement en Chine où les masseries n'ont de revenus que ceux provenant des dations privées ou des allocations de l'Empereur Chine, les Lamas ou autres religieux Bouddhistes doi recourir pour vivre à l'aumône et à quelques au moyens dont nous avons déjà donné ou dont nous ail compléter rémunération.
Un certain nombre de lamas vivent dans des ermi sur toute la surface du Thibet, mais leur nombre est bi faible, comparativement à celui des autres.
La médecine est exercée exclusivement par les Lam qui ont pris leurs grades dans les Lamasseries ; no avons déjà dit quelle est leur science.
Le lama, appelé près d'un malade, doit d'abord expulse le mauvais esprit qui, d'après la superstition universell ment répandue, réside toujours dans la partie malade, emploie des pilules dont les ingrédients sont exclusir ment végétaux, et, à défaut de ces pilules, des papie consacrés sur lesquels est la formule de leur composition ; ces papiers, d'après la théorie des daranis, font le même effet. Le lama ordonne ensuite dès prières qui sont plus ou moins longues suivant les ressources du malade, parfois une simple formule d'exorcisme ; quelquefois le lama se contente de dire qu'il faut attendre avec patience que le malade guérisse ou succombe suivant l'arrêt prononcé par Hormoustha, (le dieu de la médecine et aussi de la modestie).
Le plus souvent, après les prières et les incantations, quand le lama a eu recours à celles-ci, il forme un animal avec de l'argile ou de la mie de pain pressée dans un moule en bois ; il invite le mauvais esprit à abandonner la forme de brute qu'il a prise et à entrer dans la représentation de cette forme, et pour l'y forcer il trace autour de celle-ci des cercles magiques en récitant des formules magiques. Lorsque l'esprit a ,été ainsi renfermé, le lama lit des passages de certains livres et remet l'animal moulé au patient pour le brûler ou l'enterrer. On répand aussi des images de cet animal dans les diverses parties de la maison, et on les y laisse jusqu'à la fin de la maladie. Si le malade succombe, sa mort doit être considérée comme la punition de quelque faute commise dans une existence antérieure, fatalité à laquelle rien ne pouvait
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distraire. Le Charlatanisme a réponse à tout et la sustition, créance à tout. .
i le malade est riche, le Lama médecin fait venir litres Lamas, quelquefois même, le Lama supérieur, ame pour les prières dites publiques, et on accomplit » rites lugubres et effrayants ; par exemple, pendant 3 Ton récite les prières ou formules magiques, on ^cute avec accompagnement d'une musique assourdisite, des danses frénétiques autour d'un grand mannevu en osier rempli d'herbes sèches qui représente le mon de la maladie et que Ton brûle comme conclusion l'exorcisme.
Quelquefois le Lama exige un cheval et un costume mplet, comme indispensables pour le combat contre le >mon ; les supérieurs blâment ce mode d'exploitation îi ne profite qu'au médecin, mais ils pratiquent largeent la spoliation des familles par l'abandon des héri- Lges aux lamasseries sous forme, soit de testament, soit e renonciation des proches du défunt pour l'exempter u purgatoire.
On reproche aux religieux du Thibet de grands défauts : 0 l'orgueil ; depuis le dernier novice jusqu'aux plus grands Lamas, chaque religieux se croit un homme supéieur, devant lequel tous doivent s'incliner et ramper. Leur appellation G. au signifie homme supérieur ; ils ne pratiquent nullement l'humilité. Il est difficile que fortuaut à peu près exclusivement les classes des hommes d'une capacité moyenne supérieure, les religieux ne pensent pas d'eux-mêmes beaucoup de bien.
2° Leur rapacité. Par l'usure à gros intérêts composés, ils sont parvenus à accaparer une grande partie de la richesse publique, monnaie, meubles et immeubles tous exempts d'impôts et de corvées. Tenant cette f ortune entre leurs mains, ils sont devenus presque exclusivement les banquiers du pays, les plus gros commerçants, les prêteurs de céréales, de vivres, etc. C'est la situation qu'ont aujourd'hui les Brahmes dans l'Inde, mais qu'ils n'occupent pas à eux seuls, comme les Lamas au Thibet. Malgré les dispositions de la loi Chinoise dont ils sont justiciables et les rares protestations du gouvernement Thibétahr lui-même, ils exigent les intérêts des intérêts et sont impitoyables envers leurs débiteurs et vont jusqu'à la violence.
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Ils pèsent ainsi lourdement sur le peuple qui comm à s'éloigner d'eux.
3° Leur amour de la domination. Quoique, en droit, gouvernement ne soit pas ecclésiastique et que le coj religieux n'ait aucune autorité civile ou politique, ils s 4 posent partout, en tout et toujours de manière à gè contrecarrer ou réduire les magistrats toutes les fi qu'ils auraient à agir contre les Lamasseries ou contre religieux en particulier, ou même contre les laïques se sont placés sous leur protection et leur constitua une sorte de clientèle. Bien des chefs et magistrats ci commencent à trouver cette ingérance intolérable- C du reste, pour le corps des religieux, un moyen de pop larité et peut-être un lien de solidarité nationale, le se qui puisse exister au Thibet.
4° Leur ignorance religieuse et littéraire dont noitf avons déjà parlé.
5° Le désordre de leurs mœurs. Les supérieurs ont perdu jusqu'à l'espoir de pouvoir faire rentrer les Lamas dans la règle.
6° Ils manquent souvent de la douceur bouddhique. Il faut l'attribuer au sang des Bod qui coule dans leurs veines et à l'état arriéré de civilisation du Thibet qui, ainsi que nous l'avons dit, en est encore au Moyen âge. Pour faire payer leurs dettes, ils recourent souvent aui armes plutôt qu'aux tribunaux. Il y a bien des faits de mutilation exercée par eux de leur propre autorité pour punir des fautes d'insubordination dans les couvents ou envers des ennemis ou des rivaux. L'histoire des lamasseries contient beaucoup de luttes armées, soit contre des ennemis du dehors, soit contre des lamasseries ou des sectes opposées surtout par les intérêts.
Leurs qualités sont, outre celles propres au caractère Thibétain, l'hospitalité facile et expànsive, la tolérance, une bienveillance générale et charitable, la solidarité entre eux et avec le peuple.
Peut-être à aucune époque de leur histoire, dit l'abbé Desgodins, les lamasseries du Thibet n'ont été aussi multipliées, aussi peuplées, aussi riches et aussi puissantes que de nos jours. Dans les voyages, on passe presque i chaque jour, tous les deux jours au moins près d'une la- 1
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aâserie. Les lamasseries de mille Lamas et plus sont îquentes.
En 1720, un catalogue des lamasseries indiquant le >mbre des religieux pour chacune a été dressé. Auurd'hui, tous ces nombres sont dépassés. Dans certains tys où dominent surtout les sectes anciennes dont lelques -unes permettent le mariage, presque toute la poilation est lamaïque. Dans l'Est et aux environs de la pitale, le dixième de la population totale est composée * religieux. N
Actuellement, toutes les lamasseries sont dévenues des onts de piété, des banques usuraires et des centres de ►mnierce pour tout le pays, à bien peu d'exceptions rès. Le pays, c'est-à-dire toute la société civile, s'appauit en proportion de l'accroisement de la fortune des lalasseries.
En droit, les lamasseries ne sont rien dans le pays, tcepté dans de très rares principautés indépendantes du 3uvernement civil de L'hassa et soumises directement à Empereur de Chine qui a établi le supérieur du couvent hef civil de la principauté, et dans d'autres principautés :ès anciennes. Mais, en fait, les lamasseries. imposent resque toujours leur volonté aux chefs et aux mandarins tiques. Il suffit qu'un accusé se fasse le Go-ta (protégé) 1 une Lamasserie pour que le représentant de l'autorité Égale n'ait presque plus de prise sur lui, ou bien qu'il ait forcé de juger en sa faveur pour ne point être disgraié. Il n'est presque point d'affaire privée ou publique où es [lamas ne viennent proposer leur médiation, c'est- àire imposer leur volonté. Dans leurs querelles intéieures ou avec le peuple, les lamasseries se rendent jusice à elleb-mêmes, par les armes, sans même daigner prévenir l'autorité locale qui laisse faire par impuissance m connivence.
Les Lamas sont les gardiens et les distributeurs de la icience en même temps que les agents du culte.