Les Tao-Tsê et les lettrés
Pendant les cinq siècles qui s'éeoulèrent depuis la mort de Confucius et Lao-Tseu jusqu'à l'introduction officielle du Bouddhisme, les deux sectes qu'ils avaient fondées se partagèrent la Chine. Sous la dynastie desTchéoude 1122 à 269 avant J.-C., les lettrés régnèrent avec le système fédératif et les Taouistes laissés dans l'ombre n'eurent aucune action sur les affaires publiques,
À la suite d immenses massacres où on abattit plusieurs fois jusqu'à 1400,000 têtes, aux Tchèou succédèrent les Tchin (ou Tsin) qui réunirent sous un sceptre unique les
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sept états, derniers restes du système fédératif. Les lettrés
alors s'effrayèrent de n'avoir plus entre le monarque et le peuple des intermédiaires qui gouvernaient par eux, et crièrent que la Chine allait périr.
Irrité de leur opposition, Hoang-Li, le premier Empereur de la nouvelle dynastie environ 215 ans avant J.-C. sur le réquisitoire resté célèbre de son ministre Leu Sse fit brûler 400 lettrés et tous leurs livres, y compris ceux de Confucius. Mais le texte de ceux-ci fut conservé de mémoire et reproduit sur la soie et alors commença l'impression des livres pour le peuple»
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Protégés et adoptés par l'Empereur, les solitaires de Lao-Tseu descendirent de leurs retraites et prenant un habit sacerdotal devinrent les Bonzes d'une religion représentée par des temples dans lesquels on invoquait les esprits au moyen de sacrifices et qui aboutissait à la science occulte. Ils prirent à la Cour la place des lettrés, travestis en magiciens et promettant à l'Empereur le breuvage d'immortalité ! .
L'œuvre d'unité accomplie par Hoang-Li, au prix d'un nombre incalculable de vies humaines , fut au plus haut degré utile à la Chine, et fonda sa grandeur. Ce fut Jui qui fit construire la grande muraille par des millions d'ouvriers. Elle a protégé efficacement la Chine pendant les 14 siècles qui se sont écoulés jusqu'à Gengiskan ; ensuite elle n'a plus servi que partiellement.
Lorsqu'il mourut, après trois ans de règne seulement, on lui fit des funérailles à la fois splendides et terribles ; on lui éleva un monument semblable à une montagne et les 10.000 ouvriers qui y avaient travaillé furent enterrés vivants.
Après une longue anarchie et d'affreux massacres, un général heureux Liéou-Pang fonda en 207 avant J.-C. la dynastie des Han et se fit remarquer par son humanité et par le bien qu'il fit aux peuples. Son successeur Vou-Ti adoucit les lois pénales ; entre autres, celle qui frappait le père et la mère des coupables ; il remplaça le supplice de la mutilation par la bastonnade et fit nourir régulièrement les vieillards,
La dynastie des Han révoqua les édits de proscription contre les lettrés et rétablit l'autorité des livres de Confucius.
L'édifice des lettres fut reconstruit avec les matériaux de l'antiquité soumis avant l'emploi à une critique sévère. L'histoire eut pour principal interprète Tse-Mat-Sien, l'Hérodote de la Chine qui expia par un affreux supplice cette raideur de caractère commune aux disciples de Con-
1 Pour chercher ce breuvage dans les îles de l'Asie Orientale l'Empereur envoya 1.000 garçons et 1.000 jeunes filles qu'on ne revit plus»
L'incendie des livres ordonné par cet empereur avait pour but d'anéantir l'histoire des dynasties qui avaient précédé la sienne et qui avaient été favorables aux lettres.
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facius ; ceux-ci se faisaient entre eux un point d'honneur de ne jamais sacrifier leurs convictions à la faveur impériale.
L'expansion de la Chine continua sous les Han. Au nord, elle ne cessa de refouler les Tartares, et de grandes victoires Tétendirent jusqu'à la mer Caspienne. — En l'an 30, elle atteignit la mer du Midi.
Depuis le partage du sol entre toutes les familles de cultivateur, la propriété privée s'était constituée peu à peu au profit de l'Empereur et des grands. Au xn e siècle avant J.-C. la terre se divisait en apanages ■ et en fiefs ; mais chaque homme valide, quoique vassal, gardait son droit à la mise en culture d'une partie du fief, et même certaines portions du domaine, bois, pâturages et terrains vagues restaient indivisés pour chaque groupe de huit familles. La commune chinoise était organisée à peu près comme leMir actuel de la Grande-Russie ; c'était le système communal où personne ne peut ni vendre, ni louer, ni hypo théquer son lot.
Dans la dernière moitié du iv e siècle avant J.-C, la population était devenue fort inégale , le partage entre les divers groupes de huit familles ne correspondait plus aux besoins ; en 375 avant J.-C, on fit une réforme ; chaque cultivateur fut autorisé à s'établir sur toute terre vacante, sans tenir compte des limites communales. La propriété privée remplaça la propriété collective. Mais alors se constitua la grande propriété et les cultivateurs furent dépossédés. De là une lutte, avec des vicissitudes diverses, entre le système communal et celui de la grande propriété ou de la propriété domaniale.
Le travail intérieur de la Chine depuis la réforme de 1 an 375 avant J.-C, ses révolutions, son unification, ses victoires sont dus à l'affranchissement de la propriété qui la déroba à la loi agraire, à l'arbitraire des Mandarins et au procédé de répartition annuelle.
Mais le principe de la propriété poussé jusqu'à ses dernières limites finit par constituer une tyrannie plus dure que le système de la loi Agraire. Wango-ang devenu de ministre empereur, édicta que désormais la terre serait propriété Impériale « nul sujet ne peut en détenir plus d'un tsin (moins de 6 hectares) et ne peut commander à plus de huit esclaves mâles. La vente du sol est défendue,
afin que chacun garde ce qui le nourrit, t Tous les e dants de terre sur le maximum permis font retour couronne et sont distribués aux communes. Quicon blâmera ces mesures sera banni, quiconque s'y oppos sera mis à mort. *
On obéit en effet ; mais, peu d'années après, les grandi avaient repris possession de leurs domaines.
Sous le grand empereur Vou-Ty (140 à 86 avant J.-C. les Tao-Ssé avaient, avec toutes leurs pratiques, fait d( grands progrès à la Cour et dans toutes les classes de h société.
Sous leur influence, la société Chinoise se corrompî par le luxe, bien qu'il y eût un grand développement lit téraire. Ce développement avait lui-même ses danger résultant du nombre excessif des doctrines nouvelles tant celle du pessimiste Yang Tchu que celle de Mih-Teïl le prédicateur de l'amour universel et d'aulres encore qu eurent vogue ; toutes furent combattues vigoureusemen par Meng Tseu.
L'Empire ayant essuyé des revers, tous les intrigants e les corrumpus s'unirent aux Tao-Ssé contre les lettrés qu occupaient les places et le pouvoir, et recoururent à 1< guerre civile. Les lettrés furent vaincus, puis décimés Mais les deux partis avaient déjà des rivaux redoutable! dans les Bouddhistes.
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