Succès et revers du Bouddhisme jusqu'à Bodhidarma
L'Empereur Hian Hu de la dynastie des T'sin éleva une pagode dans son palais à Nankin.
Le Bouddhisme fût bien accueilli du peuple à cause de sa ressemblance avec la religion du Tao-ssé avec laquelle le vulgaire le confondait, et surtout à cause du malheur des temps qui portait les misérables à se réfugier dans
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anevie meilleure. Son développement fut favorisé parles expéditions dirigées vers le N -0.. par les troubles intérieurs, par la faiblesse des familles régnantes qui perdaient la tradition des grandes dynasties et laissaitMit la liberté dépenser se faire jour au milieu de la confusion générale, et enfin par la prépondérance toujours croissante des Mongols convertis au Bouddhisme.
Nous avons vu jusqu'ici que les violences, les cruautés, les massacres et tous les vices étaient habituels en Chine. Les enseignements bouddhistes eurent un effet remarquable pour adoucir les mœurs. Les apôtres bouddhistes attaquaient avec succès la guerre, le libertinage, l'ivrognerie et les dissensions de famille. Ils combattaient les lettrés par la parole et les Tao-ssé par la vertu miraculeuse attribuée à la sainteté^ ou du moins à la pratique désœuvrés méritoires. Ils ménageaient les Empereurs en proclamant que la fidélité au prince est le premier des devoirs et qu il faut aimer l'Empereur comme un père. Ils prêchaient aussi les devoirs de famille, conformes en cela à la tradition et aux mœurs chinoises. Ils se rapprochaient des lettrés par la raison, Je bon sens pratique, ïa convenance et la modération qu'avaient recommandées Bouddha. Le célibat religieux était contraire à la politique impériale et, jusqu'à un certain point au dogme des ancêtres ; les Bouddhistes trouvaient de ce côté beaucoup d'opposition. Mais, avec des concessions, ils arrivaient à tout concilier, en Chine comme ailleurs.
La dynastie des Han qui régna de 206 avant J.-C- à 220 après J.-C, ne fut point favorable aux Bouddhistes, «lie favorisa sirtout les lettrés et les Tao ssé.
Ou laissa d*abord les Bouddhistes élever des temples dans les grandes villes, mais sans permettre aux sujets chinois de se faire religieux mendiants (Shramanas). Ce ne fut que Tan 335 que le prince du royaume de Ch au sous la dynastie des Tsin accorda cette permission à la sollicitation de l'Indien Buddhajanga qui avait acquis, dit-on, une grande influence sur son esprit en s'attribuant des pouvoirs surnaturels *.
*Le Samanaphata Sutra, conservé h Ceylan comme appartenant à la prédication primitive du Bouddha, prête des pouvoirs surnaturels très étendus aux religieux parvenus au plus haut degré dans la contemplation (voir l'Inde après le Bouddha).
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A cette époque on commença à avoir dans le Noi la Chine de vastes monastères Bouddhistes et le dixièmes de la population étaient attaohés à la Bouddha.
Dans les premiers temps, il fallait une autorisatu gouvernement pour se faire religieux. Mais, peu à pe^He Bouddhistes s'atîranchirent de cette obligation et alm Jjl consentement des chefs religieux fût seul nécessaires
Vers Tan 400 , après J.-C. l'Empire divisé en royaumes, du Midi et du Nord, était en décomposij les lettrés en imputaient la faute au Bouddhisme, général heureux s'empara du royaume du Midi, fit < gler l'Empereur qui était Bouddhiste et fonda la dy chinoise des Sung. Le royaume du Nord tomba aux d'une puissante famille Tartare connue sous le nom dynastie des ^Vjey. Les deux royaumes persécutèren lemment le Bouddhisme. En 435 un Ministre du royé du Midi écrivait : « Il y a 400 ans que la secte de Foë s*fcs introduite en Chine ; elle s'est tellement répandue qu jusque dans les plus petits villages, on voit des temples e des tours élevées en son honneur, etc. j
Ce Ministre obtient la destruction des établissement bouddhistes et l'autorisation de se servir des matériau; pour relever les édifices publics. En même temps, oi fonde des collèges et on relève la littérature de l'époqu' des Han.
De son côté, l'Empereur du Nord proscrit les religieu et les apôtres bouddhistes et les Tao-ssé, et décrète d mort quiconque leur fournira des aliments ou leur don nera asile ou n'enverra pas ses enfants aux écoles publi ques.
« Les religions, disait l'édit, sont la cause de tous le troubles qui ont bouleversé l'Empire et ont occasionné \ mort d'une infinité de sujels. » Ces lignes visent ^ Bouddhisme et le Taouïsme appelés des religions, par opp< sition à la doctrine de Confucius considérée comme un philosophie. |
On détruisit les statues et les livres Bouddhiques, o 1 mit à mort beaucoup de religieux. Adorer les divinité étrangères ou fabriquer des statues d'argile ou de bronï fût un crime capital. I
Le fils aîné de l'Empereur qui était bouddhiste, fît d
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vains efforts pour empêcher la persécution. Il y mit fin quand il succéda au trône ; il permit d'avoir dans chaque ^ille un temple bouddhiste et quarante à cinquante religieux.
• Dans le royaume du Midi, l'Empereur Van-ti se montra favorable au Bouddhisme ; il reçut plusieurs ambassades des royaumes situés entre la Chine et l'Inde. Les ambassadeurs lui remirent des lettres qui se félicitaient de la faveur dont le Bouddhisme était l'objet en Chine et vantaient la prospérité de cette religion dans leurs états.
Le Bouddhisme avait pénétré en Chine à une époque assez rapprochée de sa naissance ; il y avait apporté avec le célibat religieux les livres canoniques et pieux, la vie studieuse et méditative, le culte sobre et limité presque exclusivement aux statues de Bouddha. Mais il prit lentement et progressivement un tout autre caractère grâce à Bodhidarma, à ses disciples et aux écoles issues d'eux.