‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 20 sur 129 · Chi-kaï et son école. Les trois voies. Le vide · texte numérisé non relu

Chi-kaï et son école. Les trois voies. Le vide

Ce célèbre Chi-kaï qui avait reçu l'enseignement de cette école se fatigua de ce système et jeta les grandes lignes d'un autre qu'il professa avec beaucoup d'éclat et de succès d abord à Nankin, capitale de la dynastie de Chien, puis dans la solitude de Tien taï mont très pittoresque et très célèbre où il se retira et où il mourut assis les jambes croisées et enseignant. Ses œuvres originales et [ses commentaires sur les livres du grand Véhicule ont été en 1024 compris dans la Triple corbeille (collection des livres sacrés bouddhistes de la Chine).

Son école a régné pendant des siècles dans les monastères de Kwot s ing et de Fu-lung.

Son livre favori était le Lotus de la Bonne Loi, dont il a fait un magnifique éloge.

Il divisait renseignement de Çakiamouny en cinq périodes dans lesquelles il classait tous les livres sacrés, puis il exposait à ses disciples son propre système : — Pour reconstituer la vraie nature morale de Thomme, il faut « l'observation » des actions humaines (sans doute l'observation interne). Il y a trois sortes d'opinions : la vraie (l'idéalisme) qui n'est enchaînée à aucune méthode ni aucun système; l'opinion commune destructive de tout système et de toute doctrine qui donne naissance à ceuxci, (systèmes et doctrines) ; et l'opinion humble ou inférieure qui réunit tous les systèmes et prend une voie moyenne. Un triple bandeau cache aux hommes la vérité : l'ignorance, la poussière du monde et l'activité des sens et de l'imagination ; tous trois dérobent à leur vue la

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beauté de la vie religieuse, entravent le perfectionnerai moral et empêchent la liberté mentale absolue. En obs< vant cet état du monde, Bouddha pensait que les idê les notions des hommes sont fausses ; qu'une science ne fait aucune distinction entre ce qui est le moi et non moi, et qu'il faut abandonner la conception d Bouddha personnel vivant. Autrement ces hommes pourraient reconquérir (revenir à) leur vraie natu: morale.

L'observation parfaite est : vide, hypothétique moyenne. — Pour écarter les illusions qui nous aveuglea! il faut tout voir dans le vide. Pour fonder une doctri ou une institution, il faut la méthode inventive, ou pi hypothèse ; pour constituer ou affermir la nature mor de l'homme (la vertu), la voie moyenne est la meilleu Les trois doivent se compléter et être inséparableme; unies, comme les trois yeux de Maha Iswara (Siva).

Pour élucider ces définitions et distinctions, Chi-kaï $ donné la série des six connexes :

1. La raison. — Elle se trouve dans tous les êtres ; tonjj ont reçu une nature morale, l'essence du Bouddha.

2. Noms et langage. Tous les êtres n'ont pas l'instruçi tion nécessaire pour l'usage de la raison, et indispensable pour produire la certitude et écarter Terreur.

3. L'observation des actions humaines ou internes donne la marqué vraie du monde.

4. La ressemblance. La Perfection est un idéal dont ne peut atteindre que la ressemblance ;

o. Le développement vrai de la nature humaine ;

6. La confirmation, état ou l'ignorance est dissipée l'homme à l'intelligence parfaite. Il y a, dans le progr< pour la perfection, dix degrés dont les plus élevés so les Pratyéka Bouddha, les Boddhisattvas et les Boudt dhas.

Il y a huit états de spiritualité, les quatre derniers s'aj* pellent les quatre modes de contemplation de Chi-Kaï.

Il y a vingt-quatre moyens auxiliaires de la science de la vertu, dix modes d'observer la vraie nature l'homme ; etc., etc.

Nous abrégeons ces classification?, subdivisions et énifc mérations. Elles nous donnent une idée de la manièrj dont les Bouddhistes, en général, divisent leurs écritj

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par une profusion de n°% de titres et de séparations. Cette habitude allourdit toute la littérature bouddhiste.

La division fondamentale du système de l'École de Tien-taï dans : le vide, ou Tirréet, l'invention, (ou la vue des objets par l'imagination, l'Idéalisme), et la voie moyenne remonte à Nagardjuna. Les vues que cette école lui a empruntées se trouvent dans le sutra du milieu, traduit en chinois au commencement du v c siècle ; ce sutra composé de cinq cents Stances, repose sur les principes de la Pradjna Paramita. Il a donné naissance au Thibet à l'École de Madyamika (la philosophie du milieu.)

On lit dans cet écrit :

« Les méthodes et les doctrines nées de différentes causes aboutissent toutes au vide ; ce sont de simples dénominations et classifications.

Et encore :

Elles contiennent la signification de la voie moyenne.»

Cette dernière proposition a été la base du système de Hwei-wen et ensuite de celui de Chi-Kaï qui lui a donné sa forme actuelle dans l'École de Tien-taï-Kiau

La définition par un de leurs commentateurs de l'État de Lo-han ou Arhan nous initie aux idées de ces diverses

1 Voir cette École dans la suite de cet ouvrage au Bouddhisme Japonais, et dans l'esquisse des huit sectes bouddhiste du Japon (Alfred Millioud, annales du musée Guimet, année Î8l#). Il y a d'assez grandes différences entre ces exposés tout à fait récents et celui qui vient d'être fait ici ; en cas de désaccord ou d'obscurité, il faut préférer les dernières appréciations, les premières ont cependant leur intérêt et leur utilité, les unes et les autres se complètent mutuellement.

Chaque école bouddhiste a sa théorie métaphysique qui correspond presque toujours à une théorie similaire de la philosophie allemande. Nous considérons comme indispensable de rapprocher les théories similaires entre elles et les ensembles entre eux, les philosophes allemands ayant une bien plus grande puissance de déduction et d'élucidation que les Bouddhistes, Pour cela il suffit de lire les exposés des théories de Shelling* Fichte, Hégel, Hartmann, Stopenhauer dans l'histoire de la philosophie de M. Alaux (Degorce Cadot, bibliothèque de Vulgarisation). On fera bien aussi de comparer de la même manière le spinosisme et le Védantisme. (Voir aussi Weber, histoire de la philosophie Européenne).

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écoles en même temps qu'à leur langage. 1° La pureté d< la vie religieuse Le délivre de la renaissance. 2° En chat sanl l'ignorance et le mal. Il tue les voleurs, c'est- à-ditf les sensations et les perceptions, voleurs de Tespriti 3° 11 est digne d'honneur parce qu'il a le pouvoir de don ner le bonheur aux neuf classes d'êtres. Le Recueillemen et le Progrès, deux degrés ou principes de perfectionne* • ment, tuent les voleurs, mais les deux principes ou degré supérieurs, le discernement et l'état complet tuent non seulement les voleurs, (les apparences) mais encore le non-voleurs, c'est-à-dire le Nirvana lui-môme qui est dé barrassé des voleurs. Dans la théorie de la triple contera plation (doctrine primitive de Nagardjuna) le n° i correa pond à la voie moyenne, le n° 2 à l'invention, le n° 3 à t compréhension du vide*

Dans la théorie de la contemplation du cœur (école à Tien-taï) la voie moyenne et la vue correcte dispensent & s'aventurer dans l'invention et la compréhènsion du vide Le chagrin du cœur a disparu. L'intuition de la vraie na ture de son esprit donne à l'homme le plus haut éta d'affermissement, le trésor caché réservé pour lui-môm (le moi.)

Un commentateur de cette école fait apparaître Brahm comme un disciple de Bouddha et, d'après la méthode d l'observation du cœur, le définit « la contemplation d l'éloignement de toutes les souillures » ; phraséologie la fois brahmanique et bouddhiste.

Dans ces abstractions morales et métaphysiques qu l'on pousse jusqu'à leur dernière limite par l'abus de antithèses, la Mythologie des Bouddhas, des Boddhisattvas des rois, des dieux devient un hors d'œuvre ! Les métaphysiciens attaquent tout et ne laissent debout dans i'univer que la connaissance qu'ils Unissent même par nier à so tour.

Indifférents à tout, ils laissent, au vulgaire, les légende! les dieux et le cuite idolâtrique.

L'École de Tien-taï s'est proposé spécialement de tri cer une voie moyenne entre la foi à la vérité des premiei enseignements du Bouddha (considérés par quelques-un comme livres sacrés) pris à la lettre, et leur rejet total pa un idéalisme absokuElle admet les expansions môme divei gentes du Bouddhisme comme le résultat de son dévelojj

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pement naturel dans deux sens, et il apporte un système de conciliation formé par l'étude, la comparaison et la combinaison des autres systèmes.

Voici les pratiques que Chi Ka! a instituées :

1. Rester constamment assis pour atteindre l'état de Çamadi ou contemplation rêveuse, enseignée à Manjukri.

2. Se mouvoir constamment pour obtenir un autre état de Çamadi enseigné par Bouddha

3. Être tantôt assis, tantôt en mouvement, pour arriver à l'état de Çamadi indiqué par Pu-hien.

4. Enfin n'être ni assis ni en mouvement pour atteindre un autre état de contemplation.

Les règles pour le chant dans les cérémonies religieuses adoptées par sa secte ont été élaborées par un religieux plusieurs siècles après lui. Elles sout très nombreuses et ont pour objet d'exciter le. sentiment religieux plus qu'il ne Test par le cérémonial Bouddhiste ordinaire.

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