Continuation de la lutte entre les trois religions
Reprenons au point où nous l'avons laissé le cours des vicissitudes de fortune du Bouddhisme en Chine.
La faveur dont il avait été l'objet dans le royaume du midi de la part de l'Empereur Ven-ti cessa bientôt.
Un magistrat adressa à l'Empereur un mémoire où il signalait le nombre exagéré des nouveaux temples et pagodes, le luxe et la frivolité qui y régnaient; 11 demandait qu'il fut interdit de fondre de nouvelles statues en bronze de Bouddha sans la permission de l'autorité. Quelques années après en 458, un religieux Bouddhiste se trouva impliqué dans une conspiration.
A cette occasion parut un Edit Impérial, signalant que beaucoup de criminels, pour échapper à la justice, prenaient l'habit religieux sous lequel ils continuaient leurs méfaits, et ordonnant des recherches minutieuses sur les bonzes et la mise à mort de tous ceux qui étaient des criminels.
Quant à ceux qui n'observaient pas leurs vœux d'abstinence et de renoncement, ils devaient être renvoyés à leurs familles et à leurs anciennes occupations. Défense
SI
-4 eu E ±!
ti CD
"sf -M
. eu
Original frorn
1 S Digilized by IjOOglC UNIVERSITY OFVIRGINIA
eu £
aux bonzes d'entrer au palais et de converser avec 1 femmes de l'Empereur.
Pour gagner à , eux le peuple dans la lutte contre 1^ deux religions, les lettrés provoquent un nouveau partag des terres deux fois plus favorable aux cultivateurs qu la dernière loi agraire. '
Malgré cela, les couvents continuent à s'étendre é une controverse s'engage entre les Bouddhistes et 1^ lettrés-
Tsi-Liang, ministre d'Etat sous l'Empereur Tsi-Wuf (483), plaide pour le Bouddhisme. « Si vous ne croye pas à la rétribution des actes, comment expliquez-vous l différence entre l'état des riches et celui des pauvres' son contradicteur répond : Les hommes sont comme le fleurs qui s'épanouissent sur un arbre ; elle croisses ensemble et sont emportés par le même vent. Les unei tombent sur des tapis de verdure comme les hommes qua naissent dans les palais, les autres gisent dans la boira et la poussière comme les pauvres et les déshérités. Il n'y a pas besoin de la doctrine de la rétribution pour conce-* voir la richesse et la pauvreté. L'âme est au corps ce que le fil est au couteau. Le fil ne peut exister qu'autant qué le couteau existe. »
Les disciples de Gonfucius rejetaient donc la vie future* Mais le peuple accablé par les maux de la vie terrestre l'acceptait des Bouddhistes. Aussi aujourd'hui la langue chinoise est toute imprégnée de cette croyance et les termes qui y ressortent abondent dans tous les écrite chinois *.
On lit dans l'histoire de la dynastie des Sung une controverse intéressante : « La doctrine de Confucius, dit le bouddhiste, ne connaît rien au-delà des sens, et une pa-^ reille ignorance nous plonge dans la tristesse. La doctrine de Çakya a au contraire des aspirations sans limites. La crainte de l'Enfer empêche de pécher. Le désir du ciel force à la vertu. Le Nirvana est la science la plus parfaite^
1 A ceux qui se convertissent, nous a écrit M. FabbéDesgodins, nous n'avons rien à apprendre sur le fait de l'existence ; du ciel et de l'enfer. Nous n'avons qu'à leur expliquer la nature vraie de ces deux états qui suivent la mort ; ils la comprennent très facilement.
nnn | p Original fronn
,uu ô lL UNIVERSITY OFVIRGINIÂ
e spectacle le plus vaste que Ton puisse concevoir 1 .» A cela le disciple de Confucius répond ! « Faire le bien )0ur obtenir le ciel vaut infiniment moins que de le faire )our lui-même. Gouverner son cœur par le sentiment, amour du devoir, est bien mieux que de réprimer ses *as par crainte de l'Enfer. »
Les actes d'adoration qui ont pour but le rachat du pé- :hé n'ont point leur source dans la piété. Une offrande aite pour obtenir le centuple ne provient point d'un vériable sentiment intérieur. Se plonger dans la béatitude lu Nirvana, c'est tomber dans l'inertie. Exalter la beauté le la représentation idéale de la doctrine de Bouddha îonteraplée par ses disciples avancés, c'est développer lans les hommes l'amour du merveilleux. Votre système )oursuit des biens éloignés et ne dompte pas votre chair ]ui se révolte sous vous.
Vous dites que le Bodtrisattva n'en ressent point les aiguillons, mais tous les êtres sans exception les ressentent. »
Le Bouddhiste réplique : « La croyance à la vie future est nécessaire pour conduire l'homme à la vertu. Autrement comment les mauvaises tendances de la vie présente iraient-elles réprimées? L'homme n'agit point spontanément et immédiatement sans espérer quelque chose. Le cultivateur laboure son champ pour obtenir une moisson. S'il n'avait pas cet espoir, il resterait oisif chez lui. » - Le Confucien répond que la religion consistant dans la répression de tous les désirs, on ne saurait prendre pour mobile de la vertu le désir du Ciel bouddhique ouvert à la passion. »
Le Bouddhisme était très prospère dans le royaume du •^ord dont le souverain n'épargnait rien pour le propager. Dans Tannée 467, ce prince érigea une statue de Bouddha en bronze haute de io mètres et enfin abdiqua pour se
SI
faire religieux
Vers le même temps, l'Empereur du Midi élevait un magnifique temple Bouddhiste et était violemment blâmé Par les Mandarins pour ce fait et pour la faveur qu'il accordait au Bouddhisme.
1 Remarquons cette idée sur le Nirvana ; c'est la béatitude parla science et non l'anéantissement.
Original frorn
o c rsi — c .E
1 S Digilized by IjOOglC UNIVERSITY OFVIRGINIA
Au commencement du vi e siècle, il y avait en Chi plus de 3,000 religieux Indiens qui avaient fui la peu cution des Brahmes et qui contribuaient beaucoup propager leur religion en Chine- L'Empereur du No (dynastie des Wey) les reçut dans des Monastères éle\ dans les plus beaux sites. Un grand nombre se fixère dans la capitale Loyang aujourd'hui Ho-Nun fu. On ra porte même qu'il commenta publiquement les clasaiqu bouddhistes.
Les lettrés lui reprochent beaucoup d'avoir fait guerre, alors qu'il professait une religion absolume opposée à la cruauté et à l effusion du sang ! .
En 515 plusieurs religieux furent mis à mort pour ave pratiqué la magie. C'est un reproche que les historié Chinois font souvent aux anciens Bouddhistes de la Chic Sans doute ils venaient du Nord de l'Inde où, coutraii ment à son esprit originel, le Bouddhisme, comme no l'avons vu, était tombé dans le mysticisme et la Magie,
En 318 le religieux Hei-Swan g fût envoyé dans Vin pour y chercher des livres Bouddhistes. Il rapporta < Canduhar et du royaume d'Oude où il séjourna deux ac d75 ouvrages bouddhiques. La relation de son voyage été traduite en allemand par le professeur Newin.
A cette époque, les reliques de Bouddha et des autr saints personnages faisaient fureur. Deux Empereu prirent l'habit religieux dans un âge avancé par crain de la vie future.
L'Empereur Wu-ti (de la dynastie des Lyang) da l'année 558, après 26 ans de règne, se fit religieux et ei tra pendant quelque temps dans le Tunghai, monastère Nankin. Il prit encore deux autres fois la robe de re gieux, abolit la peine de mort au nom du Bouddhisme supprima dans les provinces les collèges des lettrés pot en faire des greniers publics. Il eut pour successeur se fils qui protégea les Tao ssés.
L'Impératrice Hou-chi du royaume du Nord, sans dou par un système d'équilibre politique suivi généralemei par les Empereurs de la Chine éminents, donna de grai des marques d'honneur aux trois religions et voulut ei
1 Ainsi les ennemis du Bouddhisme eux-mêmes lui reconnai sent ce caractère.
Original from UNIVERSITY OFVIRGINIA
téadre à la fois les lettrés, les Tao-Tsé et les Bouddhistes) lousmis en présence, les lettrés reprochèrent aux Boud-< illistes le culte du néant et de la mort, la diminution de a population, de la richesse publique et de l'impôt, la leslniction de l'esprit de famille par Texemple de Boudlha qui avait quitté son père, sa femme et son royaume îéréditaire pour se livrer à des spéculations métaphysi- [aes. Mais les bonzes Bouddhistes et Tao-Tsé leur opposent le silence de Confucius sur la vie future et l'induljence avec laquelle il avait laissé passer les esprits, les ironostics et le culte des ancêtres qui impliquaient cette ie. « N'appelez-vous pas esprits les âmes des hommes iprèslamort? Bouddha n'a été qu'un homme comme oas; quel est notre tort si nous l'appelons esprit? » Les bonzes prouvaient ainsi que les lettrés devaient r occuper des âmes. L'Impératrice proclama la défaite de es derniers, donna un thaël d'or à chaque honze et vouât faire de la doctrine de Lao ssés la religion donnante; en même temps elle envoya chercher dans l'Inde W volumes de la religion de Bouddha qu'elle confondait ►resque avec celle de Lao-Tseu. Mais les lettrés se révolèrent et firent noyer l'Impératrice avec son fils. L'Empire la Nord se divisa en deux états, celui d'Orient et d'Occilent. Dans le premier, le roi se déclara pour les Bouddhisfis et proscrivit les Tao-ssés, le second état proscrivit les leui religions et fit régner la philosophie de Confucius.
Le souverain de FEtat de Tsei s'efforça de réunir les leux religions. Il mit à mort plusieurs prêtres des Taossés qui avaient refusé de se faire Bouddhistes, ce qui fit cesser toute résistance.
En 558, un Empereur de la dynastie des Chen proscrivit a la fois le Taouisme et le Bouddhisme. Les livres et les statues furent détruits.
LD P
-4 eu E ±!
ti O)
en O O
in
. eu
eu O