‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 26 sur 129 · LE CIEL D OCCIDENT · texte numérisé non relu

LE CIEL D OCCIDENT

La terre pure d'Occident ! quelles paroles pourraient décrire a beauté et sa majesté ? C'est l'éternelle demeure des hommes le ce monde et des Devas du ciel, tous pareillement courounés le gloire. Ils voient à nu les secrets de la sagesse. Le sol [u'ils foulent est de l'or le plus pur. Dans ce pays du plaisir r i*ai, les fleurs ne se fanent pas. Les coteaux et les terrasses lacées sont de diamant et de jade. Tous les oiseaux chantent la loi lu Tathâgata. Toutes les touffes d arbres font entendre une muique suave. La plus bêlle des fleurs l'Upatu qui ne se flétrit >as, embaume ces bosquets enchanteurs. Lâ, venus chacun du Bonde qu'il gouverne, se réunissent dans une conférence lonrue et profonde les dix Bouddhas suprêmes qui louent sans ie$se cette contrée, séjour des génies ; bénie et heureuse entre outes les contrées. En y entrant les hommes échangent leur ;orps grossier pour un corps éthéré et brillant dardant au loin me lumière éclatante. Leur existence s'écoule dans la joie pen*

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4. Nouvelles luttes et mouvement intellectuel remarquable du Bouddhisme, jusqu'à la dynastie mongole.

L'Empereur I Tsung qui monta sur le trône en 860 se livra avec ardeur à l'étude des livres bouddhiques. Alors parurent plusieurs mémoires des mandarins de FEcoie de Gonfucius pour représenter au souverain que le Thaouïsme qui enseigne la modération et la miséricorde, et la Reli gion primitive de la Chine dont le principe fondamentai est la bienveillance et la droiture, devaient suffire à \i Chine- L'Empereur n'en tint compte.

dant d'innombrables Kalpas. Autour d'eux de vertes forêts, aï dessus un ciel serein. Point de soleil brûlant, point de vents glacials. Point d'hiver ni d'été dans la terre de la loi et le dia< mant du trône. Toute erreur est dissipée, tout mystère esl éclairci. Le repos n'est troublé par aucun souci ni crainte. Lî vérité que les ténèbres enveloppaient brille comme une gemn< sans strie ni tache.

l'amida bouddha

Contemple en ce lieu toujours assis et souriant le compati* sant Bouddha qui rayonne à une distance immense, rendant 1j joie aux victimes du chagrin et de l'oppression que sa lo sauve des tourments de l'existence. Aucune expression ne saurait rendre la beauté de ses traits. Les fleurs de lotus l'en serrent comme si elles naissaient à ses pieds. Quiconque veu entrer dans la demeure du Bien Heureux doit tenir sa pensé< la plus intime incessament fixée sur sa merveilleuse forme sem blable à la pleine lune dans un ciel sans nuage. 11 verse sut tous les êtres vivants les rayons de ce halo lumineux qui encercle sa tête (comme une auréole). Le soleil de midi est moin glorieux que lui, sa pitié est une mer sans fonds. Ses bras d'oi sont toujours tendus vers les misérables pour soulager les peine* de ceux qui pleurent, l'affliction des cœurs désolés. Sa bont< compatissante n'a point d'égale, et des années de gratitude ne suffiraient point pour en reconnaître les bienfaits.

Nous engageons le lecteur à comparer ces deux morceau* avec leurs correspondants dans notre livre sur le Japon.

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A cette époque vinrent de l'étranger plusieurs religieux dontlun prétendait procurer la pluie par les charmes et la Magie. Il vint aussi quelques religieux de la Corée et d'autres du Japon. L'Empereur en profita pour préparer par la religion la domination de la Chine sur ces contrées.

Ching Tsoung s'efforça de concilier et de coordonner les trois religions *. Il plaça l'image de Confucius entre celles de Lao-Tseu et de Foé considérés non comme fondateurs de deux religions, mais comme chefs de deux grandes écoles philosophiques. « Les trois religions, disaitil, font une bonne religion. » Pour opposer à l'organisation bouddhique une sorte d'église philosophique hiérarchisée, il fonda l'Académie de Hau-liu composée de 40 membres, juges suprêmes de la science et de l'art, et d'où d tira les plus hauts fonctionnaires de l'Etat.

Il réduisit de 12,000 le nombre des bonzes, et il autorisa l'érection d'une église chrétienne.

Les trois sectes en lutte fortifiaient leur croyance chacune à sa manière. Pendant les vn e vni% et ix e siècles de notre ère, il y eut en Chine un mouvement intellectuel parallèle et semblable à celui que produisait dans l'Inde l'antagonisme entre le Brahmanisme et le Bouddhisme. Il y eut une lutte philosophique et trois littératures, une pour chacune des trois sectes.

Il faut sans doute rapporter à la littérature taouiste de cette époque le Traité des récompenses et des peine9 s célèbre en Chine.

Le livre populaire des Tao-Tsé est le Traité de récompenses et des peines ; c'est une collection de pieux récits arrangés de siècle en siècle, car il renferme beaucoup d'emprunts faits ouvertement à la philosophie de Confucius et surtout aux Bouddhistes : tels que celui-ci : • Par pitié pour les papillons, n'allumez pas la lampe. »

1 Les empereurs de Chine se sont attribué, sans qu'on le leur contestât, le droit de traiter les questions de religion comme des affaires administratives. Ching Tsoung fit passer à la secte de Bodhidarna une partie des couvents des autres sectes. En 1119 Hiwey-Tsung fit remplacer le nom de Bouddha parun autre qui ressemblait aux noms des génies Taouistes- Il changea les noms Indiens des religieux, des temples, des couvents etc. Mais on y revint peu après.

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On y invoque positivement pour le respect de la vie de animaux l'autorité des livres Bouddhiques. La chasted vertu Bouddhique, est recommandée, la charité aussi| chaque pas. « Payez les impôts pour les pauvres genj rachetez des prisonniers, même coupables d'un lége larcin, achetez des terres dont le produit aidera les pai vres étudiants. » Ailleurs c'est ridée indienne du méri et du démérite attaché aux œuvres ; « l'homme, lui se par la route qu'il suit, attire sur sa tête le bonheur ou malheur. La récompense du bien et la punition du ma s'attachent à lui comme l'ombre qui suit le corps et ausi juste à la forme et à la taille. » Mais on trouve surto dans ce livre des idées essentiellement chinoises proo dant, soit de Lao-Tseu lui même, soit de Confucius, paj emprunt ou assimilation.

« Les grandes clartés qui illuminent le ciel, le soleil, L lune, les étoiles, sont autant d'yeux qui surveillent le hommes, inscrivent leurs actions et ces actions se compen sent les unes par les autres ; suivant les résultats de cett balance, l'homme est récompensé ou puni. Le chàtimen sera la perte des grades civils et littéraires, et de la for tune, une mort prématurée ; la récompense sera le con traire. Fuyez tout ce qui est impur, les bons esprit veillent et secondent chaque action. » !

« On suit la raison (le Tao) lorsqu'on ne s'aveugle poin par le mal. Celui qui l'évite deviendra lui-même un espri ou un immortel. »

Suit Ténumération de toutes les fautes morales a éviter nous ne citerons que ce qui est particulièrement chinoi par la forme ou le fonds : désobéir dans le secret de soi cœur aux princes et aux pères et mères et blesser ains sa propre chair et ses propres os ; mépriser le peuple di ciel (les veuves et les orphelins) ; troubler l'ordre d l'Empire ; être sans cesse en deçà ou au-delà de ce qu convient ; ofîrir et préparer des sacrifices sans suivre le anciens Rites ; s'élever contre les traditions des ancien et résister à son père et en générai à un plus âgé ; oublie l'antiquité pour des innovations ; prendre le ciel et 1 terre à témoins des plus mauvaises pensées et cornmettr des actions criminelles sous les yeux des Esprits ; s'aban donner sans mesure aux voluptés, etc. Ce sont là de actions plus ou moins punissables suivant le degré d

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résistance au Tao (qui serait alors la conscience) qui abrègent la vie et avancent la mort ; même après la mort, la punition, si tout n'est pas expié, passe aux fils et aux petits fils ; l'Esprit décédé, lui-même, erre aussi longtemps autour des tombeaux et dans les éléments et apparaît en divers fantômes. Les Esprits recueillent les bonnes pensées, tout comme ils reprochent et poursuivent les mauvaises. Le bien suit le repentir et l'amendement, c'est ce qu'on appelle la conversion du mal au bien. L'homme vraiment heureux et bon voit du bien, dit du bien, fait du bien 6t, après la mort, se réunit aux saints ; le méchant an contraire, le malheureux, voit du mal, dit du mal, fait du mal, et se réunit aux Esprits mauvais. — Gomment ne pratiquerait-on pas la vertu? »

On voit par cette analyse que le Livre des Récompenses est un livre éclectique, rédigé sans doute sous l'influence de quelque Empereur éclectique à une époque où lesTao- Tsé avaient adopté une partie des principes de Gonfucius et du Bouddhisme.

Le commentaire classique de ce Traité, sans doute de provenance ou d'inspiration officielle, tantôt cite V Immuable milieu un des livres de Confucius, tantôt invoque l'autorité des livres Bouddhiques ; tantôt fusionne les idées indiennes avec les croyances chinoises, comme dans cette maxime : les hommes qui ne tuent point les êtres vivants obtiennent en récompense une longue vie. >>

Enfin il conclut « Lorsqu'on compare les paroles des Saints hommes qui appartiennent aux trois religions, on dirait qu'elles sont sorties d'une seule et même bouche ».

En effet, ce qu'où appelle les trois religions de la Chine, sont trois philosophies morales, mais nullement religieuses ; dans toutes les trois la récompense est inhérente à la vertu et la punition au vice et non à l'exercice de la justice divine. Pour Gonfucius, la vertu trouve en ellemême et chez elle seule sa récompense et le vice sa punition. Pour Lau-Tseu, la récompense et la punition consistent dans des biens ou des maux qui nous arrivent dans cette vie ou dans le prolongement de notre séjour ici-bas comme spectres ou Esprits, sans renaissances, ou qui arrivent à nos descendants ; pour Bouddha la sanction de la loi morale se trouve dans de nouvelles vies.

Remarquons aussi que tous les préceptes du Livre des

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peines et des récompenses, même celui de la charité on un but social et autoritaire plutôt que moral. Il n'es point question des affections réciproques, de la conduit vis-à-vis des épouses et des eÀfants, ni de Téducatioi morale du peuple. On chercherait en vain dans les écrit du Mysantrope Lao-Tseu et dans ceux des autres philo sophes Chinois, ces pages éloquentes des Bouddhistes su les devoirs réciproques et les sentiments touchants d l'amitié, de la paternité etc., et dont M. Spence Hard; nous a donné l'intéressante traduction dans son : Buddhisn in Ceylan (voir notre vie du Bouddha, ch. IV: devoir réciproques).

L'Empereur Hiouen Tsoung composa une glose du Ta< te King dont la plupart des commentaires datent di l'anarchie des sept dynasties. Il ordonna que le titre 01 le nom de Bouddha fût changé en celui de l'un des priri cipaux génies thaouistes.

La plupart des Empereurs de la dernière dynastie de Tang élevèrent à Lao Tseu des temples et des statues Le dernier Empereur de cette dynastie prescrivit des exa mens pour l'admission dans les couvents soit Taouïsteg soit Bouddhistes.

Le dernier prince de la famille des Chen fut contraire aux Bouddhistes. Un édit Supprima beaucoup de temple et en môme temps défendit aux Bouddhistes religieux o\ laïques, de se couper les mains, de se brûler les doigts d'accrocher des lampes dans leurs chairs, et autres tor tures semblables. Cela prouve que l'école de Bodhidharm; avait ramené les Bouddhistes aux pratiques des ascète Brahmaniques, condamnées cependant par Bouddha.

Son successeur, de la dernière dynastie des Tsin parta gea les faveurs et les titres impartialement entre le adeptes des deux religions.

La dynastie des Sung, qui lui succéda, rendit à la Chim une partie de son éclat en recourant aux lettrés. En 4061 après J.-C. Wangantche, ami et conseiller de FEmpereu] Tang Sung, édicta l'abolition de la propriété personnelle l'Etat, maître unique des terres dans son système, répar tissait également les produits du sol entre les travailleurs les industries étaient sous la direction de l'état, et les capitalistes durent, dans les cinq ans, faire remise à( toutes les valeurs au gouvernement. Wangantche réussit l

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tenir pacifiquement cet état de choses pendant 15 es. Mais on s'en lassa parce qu'on s'aperçut qu'on substitué la tyrannie et la rapacité des Inspecteurs les Mandarins aux abus de la propriété et on revint au me précédent.

Hu le premier Empereur de cette dynastie (964 ap. ) invita, par une ambassade, l'Empereur de Ja dynas- IdesTang, son contemporain, à ne pas encourager le dhisme et il en fut écouté. Son successeur fut d'abord ttraire aux Bouddhistes, surtout à leurs excès ; puis il gea de politique et fit ériger une Pagode de 360 pieds $unois de hauteur.

i. La politique des Empereurs fut alors, comme elle Ta Été souvent depuis, à double face. D'un côté, ils flattaient pes Bouddhistes par des hommages privés ou par l'érec- ^on de temples et, en même temps, ils favorisaient lçs lettrés en attaquant le Bouddhisme dans leurs proclama- Sons ou leurs édits. Ils divisaient pour régner.

Vers la fin de la dynastie , des Sung on fonda un grand *ombre de temples et de couvents Bouddhistes ; la plupart sont remarquables par l'heureux choix de leur emplacement dans de très beaux sites. Les Bouddhistes Excellèrent aussi dans l'art d'embellir la nature par leur ■décoration religieuse. Leurs temples et couvents ressemblent à des chàlets suisses s'élevant au milieu de jardins ^anglais.

; Les couvents Bouddhistes les plus fameux sont ceux de iÏÏle de Pu-to à l'Est du Ghusan fondés en Tan 715 après J.-C.

Us comptent cependant moins de religieux que le couvent de Tien-Taï. A ce moment Tien-Taï devint célèbre par la formation d'une nouvelle école qui produisit des ouvrages chinois et des traductions du sanscrit, entre autres le livre ordinaire des prières. Le propre de cette nouvelle école fut de combiner la contemplation avec le culte des images. Aux règles les plus compliquées et les plus minutieuses pour s'agenouiller et chanter à l'unisson, on joignit la fixation des pensées sur des objets de dévotion. Le secours des sens s'ajouta à l'abstraction mentale de Bodhidarma. On considéra comme un grand progrès l'union de la décoration idolàtrique et des exercices d'ensemble avec la méditation. Le culte Bouddhique pri-

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mitif n'avait pas réservé d'aliments ni de soulagemen pour les facultés de la méditation et il # était tombé dan la sécheresse des formes. On le voit dans le cérémonu commun de nos jours où les fidèles manquent de tenu et se bornent à réciter, sans rien sentir ni comprends des mots d'une langue étrangère,

Chi-Kai i avait inauguré le nouveau système à Tien-Ta dans la dernière moitié du vi e siècle. Mais ce ne fut qu quatre siècles plus tard que les écrits et le cérémonial d son Ecole firent secte dans le Bouddhisme. Lecérémonia inventé alors conserve encore sa réputation et est observ par ceux qui veulent dans le culte un sentiment plus pro fond que celui dont se contentent les Bouddhistes ordi naires.

Il y avait entre les Bouddhistes de la Chine et ceux de autres pays, principalement de l'Inde, pour tout ce qo concerne la religion, des rapports constants qui euren une grande influence sur le Bouddhisme de la Chine, h fonds de la littérature bouddhique s'accrut incessammen en Chine de traductions de livres Indiens.

5. Additions faites à la religion officielle sous la dynastie à

Sung.

On peut compter cinq périodes littéraires pendant les cin< siècles qui s'écouleront entre Confucius et les philosophe! de la dynastie des Sung.

La première est celle de Mencius, de Suin King Men T et Kuh Yuen ; c'est l'époque des philosophes orthodoxe; et hérétiques, et d'un poète très populaire, temps d'indé cision flottante pour l'opinion publique, de lutte des Confuciens et de la doctrine officielle contre les divers moralistes et politiciens qai développaient des vues différentes et dont les principaux les Taossé prenaient beaucoup de force et d'autorité.

La seconde période, celle des Han est remplie par une nuée de commentateurs, de critiques appartenant à la philosophie orthodoxe, d'historiens de mérite, d'éditeurs de classiques, d'astronomes, d'astrologues, d'alchimistes

Chi-Kai est le même qui, dans l'histoire du Bouddhiste Japonais, est appelé Ticha Qaïshe ou Tendaïshu

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de docteurs Taossés. Bien que Ton conserve un profond respect pour l'autorité de Confucius et pour les ilassiques, les spéculations Taossés prédominent,

La théorie des cinq éléments existait déjà dans l'ancienne Ecole ; les Taossés de la dynastie des Han le développèrent et lui donnèrent sa forme moderne. Alors on ivait foi dans la magie des Taossés, dans les pouvoirs surnaturels des solitaires, dans le breuvage d'immortalité; le peuple vénérait les magiciens comme les Iraniens rénéraient les mages. Ce fut le règne de la superstition, mais ce fut aussi l'époque du plus grand effort pour la restauration des anciens livres et leur usage dans l'éducation de la jeunesse. Une philosophie matérialiste ayant iffaibli le sentiment religieux, l'Alchimie et l'astrologie m faveur sous les Han produisirent, chez les uns la fatigue et TiiidifTérence, chez les autres le besoin du retour à m culte ou un idéal quelconque. Le terrain était ainsi préparé pour le triomphe du Bouddhisme.

La 3 e période est la période bouddhiste. Sous le règne simultané des six dynasties, on dissipe les linances de l'empire pour des établissements bouddhiques ; on adopte dans toute la Chine, la doctrine, l'astrologie et la mythologie de l'Inde avec l'alphabet, l'épellation syllabique et la métaphysique. Les bouddhistes sont une puissance en littérature et fondent une Ecole Chinoise de philosophie Indienne.

La 4 e période est celle de la dynastie des Tsung ou Tangs, époque de luxe et de poésie- Han Venkung et les poètes se partagent Fadmiration. En dehors d'eux, aucune œuvre que des dictionnaires d'après le système de Tépellation hindoue; on ne cite aucun autre philosophe, que Han Ven Kung. Tout le travail produit consiste en traductions et dans le perfectionnement de la forme littéraire ; il n'y arien pour l'invention.

A cet âge de stérilité intellectuelle et d'énervement succéda la période des Sung dont les philosophes entreprirent de restaurer le confucianisme qui, tout en conservant sa -situation officielle, avait perdu toute influence sur les esprits.

Tout était changé en Chine : la politique, les usages, les croyances religieuses et superstitieuses. Sous peine d'abdiquer tout pouvoir sur le peuple, et de le livrer

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complètement aux deux religions, il fallait adapter 1 doctrine ancienne à cet état nouveau. Alors les lettré introduisirent dans la religion officielle la quantité cpi leur parut indispensable d'éléments bouddhistes « taouïstes, ceux-ci sur la divination, ceux-là sur la vie fu ture.

Il faut beaucoup de bonne volonté pour trouver un cosmogonie dans le Yi-King où Confucius a résumé 1 pensée des anciens sages. « Le grand extrême, au cou mencement des changements, produisit les chiffres ; le combinaisons des chiffres donnèrent les images, et celle des images les huit symboles de la divination qui dé tel minent la bonne et la mauvaise fortune source des grau des actions. Il n'y a pas de spectacle plus grand que ] ciel et la terre, pas de changements plus grands que 1< saisons. Il n'y a pas d'image, ni de tableau plus grand que le soleil et la lune. Pour approprier les choses l'usage des hommes, nul n'est supérieur au sage. Pou déterminer la bonne et la mauvaise fortune, rien n'e! au-dessus des pailles de divination et de la tortue. »

Evidemment, dans ces phrases, Confucius présentait 1 divination comme l'imitation des phénomènes naturels € succédant dans un certain ordre. Mais il voulait surtoi désigner le monde et les lois physiques comme but au recherches du sage et indiquer que celui-ci doit imiter! par conséquent étudier les lois de succcesion des phénc mènes qui se produisent au ciel et sur terre. C'était u appel à l'esprit de science et d'observation.

La réforme cosmogonique des philosophes de la dyna* tie des Sung consista dans de nouvelles combinaisons < dans l'addition de figures géographiques et astronomiqui à celles qui formaient la cosmogonie et la divination dar le Yi King. C'était, comme au moyen-âge, une scienc imaginaire, la science vraie faisant défaut.

Du temps de Confucius, l'ancienne magie existait encoi et, si nous en croyons le Kya-yu, il y avait recours lui même pour résoudre les difficultés de la politique i percer les mystères de la nature. Il admettait la divin! tion « du livre des changements » parce qu'elle était atU chée aux noms divinisés des grands empereurs Wei wang et Cheu Kung. Tout cela t fut balayé au temps de Si Shiwang (220 av. J.-C.) parce que le peuple n'y croya

Jus. Les écrivains de la dynastie des Sung développèmt une philosophie naturaliste empruntée à Weypang, xmïste de la dynastie des Han et à d'autres philosophes la même époque dont la doctrine reposait sur TAlchiie et sur la conservation de la santé et de la vie par s moyens physiques et non sur la morale qui est l'âme système de Confucius. Telle fut l'origine des superstimdu Feng-Shui dont nous parlerons plus loin.

Aussi les lettrés leur reprochent-ils aujourd'hui des urs sans nombre, et, lorsqu'on presse les confucéens reconnaissent l'inanité de la divination et disent que fucius n'y croyait pas.

Malheureusement cette superstition du Feng Shui est ogourd'hui tout aussi ancrée dans le peuple Chinois que Uroyance à la vie future, autre concession que, à la »ême époque, les lettrés firent aux idées populaires. Ces idées résultaient d'une fusion qui s'était faite dans s peuple entre la croyance bouddhiste aux maras et la eille croyance chinoise aux esprits.

[Les Maras, (de mar mort) sont, dans le bouddhisme imrne nous l'avons vu, une classe de démons inconnue I brahmanisme et sans doute de provenance iranienne, Ins les livres bouddhistes toutes les tentations sont des aras. Il y a un démon caché dans tout ce qui peut nuire l'homme *. Le démon de la colère est l'instigateur de

^ A cette époque les Taossés s'approprièrent tout ce qui, le Bouddhisme ne contrariait pas trop leurs idées, noiment les pratiques du culte et la lithurgie. Un clergé fut Wi pour le service des temples et Ton mit à la tête un soulin pontife ; on édifia de tous côtés des monastères. Les très intervinrent dans chacune des circonstances solennelles la voie domestique, à la naissance, au mariage, au décès.

foule de Chinois apprirent à ne plus pouvoir s'en passer, promit aux adeptes fervents la richesse et le breuvage de jévité. — D'après les Taossés il est plus facile de fabriquer que de le détruire.

^On enseigna que la retraite dans les montagnes était favoraà l'obtention du salut et qu'elle transformait ici-bas les Mnmes en Sien, c'est-à-dire en montagnards immortels. Puis parla de la vie Australe réservée aux saints. Le P. Amyot lionnaire et écrivain éminent s'exprime ainsi au sujet des

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tout péché de colère. Il en est ainsi du démon de* luxure, de l'ivrognerie, du vol, etc.

De même que dans les livres indiens les Maras peu?* être bons ou mauvais, le Mara ou Mo bouddhiste en Ch& n'est point essentiellement un mauvais diable. — C'est! qui prend possession de nous. On l e trouve dans Thonu ivre, dans le mendiant importun dont on ne peut se < barrasser, dans le fumeur d'opium que sa passion possèl dans Tétudiant qui ne peut s'empêcher d'étudier. Ta sont possédés par un démon qui, dans Fan tique Chid était le Kwey et dans la poésie de la dynastie des Tangj des Sung est devenu le Mara-lndien ou le Mo-Chinois. 1 écrivain est libre du Mo-chang (l'entrave démonia<f quand ses pensées et son langage ont un cours libre beau.

Les Maras ou Mo, par leur prévenance chinoise, pro^ daient de l'Animisme ou démonisme ; par leur origi indienne et iranienne des idées de rétribution et d 1 « fer. |

Depuis la dynastie des Sung, l'enfer pour le peuple Chine est celui qui est décrit par le Yu li (probableme 1068 après J.-C.) et d'autres ouvrages et est figuré pari représentatisns des 10 tribunaux, aujourd'hui de bea coup les plus communes dans les temples. Les supplid sont effrayants : L'incendiaire est enchaîné à un cylind de fer chauffé au rouge qu'il étreint avec ses bras et s jambes et d'où des flammes jaillissent de tous cul< Ceux qui détruisent ou perdent les grains de riz, millet etc. sont changés en chevaux, en brebis ou en bam etc. Ceux au contraire qui arrachent à la souillure ou à destruction les papiers écrits, sont couverts d'honneurs de biens, etc.

Dans chaque cas, la récompense est proportionnée mérite et la punition à la faute.

Les représentations populaires de l'enfer qui consislt en dessins au charbon sur les murs blancs des templ en statuettes d'argile peinte, ou groupes figurant des su plices horribles ou grotesques, enfin en publications

Taossés : Leur doctrine et leurs mœurs touchent à la fois sublime et à la démence, à l'héroïsme des vertus et aux vi les plus abjects.

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la littérature taobïste, sont autorisées et même encouragées dans un but qui se devine, par les classes gouvernantes. Bien qu'elles ne croient ni au ciel ni à l'enfer, elles considèrent celui-ci comme un complément utile du code pénal chinois, et tous deux comme un moyen de donner au penchant du peuple à croire aux peines et récompenses futures, une satisfaction qu'autrement ils demanderaient au Bouddhisme.

Le célèbre juge Pan-Cheng de la période des Sung qui mourut Tan 1062 après J.-C. est le cinquième juge. Les neuf autres juges ont aussi des noms Chinois, et sont probablement aussi des juges qui ont existé à la même époque. L^s Empereurs de la dynastie des Sung furent les premiers qui canonisèrent ainsi les magistrats et leur donnèrent dans le monde invisible une juridiction s'étendantà certaines villes. Les philosophes de la dynastie des Sung n'y firent aucune objection. 11 y a beaucoup de temples chinois consacrés à des divinités chargées de la punition des crimes dans l'autre vie. Ces divinités ainsi que les magistrats du monde invisible, ont été promus à cette haute situation avec le concours des lettrés qui cependant rougiraient de le reconnaître dans leurs écrits. Ce sont les lettrés de la dynastie des Sung, magistrats, et spécialement Chu qui ont le plus encouragé la croyance populaire dans la rétribution des actes, à une époque où les images et la mythologie thaouïste avaient leur plus grand développement. Du reste, lorsqu'on voit, même aujourd'hui, que les affreux supplices usités en Chine n'effraient point les scélérats, on comprend que les magistrats aient eu recours aux enfers les plus terribles.

Quelques juges Chinois, lorsqu'on leur demande ce qu'ils pensent devenir après leur mort, répondent, un peu en plaisantant, qu'ils espèrent être juges dans l'autre monde.

Tel est, pour le peuple, l'enfer Chinois officiel, c'est une sorte d'enfer administratif comme les divinités du culte officiel, le dieu de la guerre, de l'étude, etc.

Quant aux Bouddhistes auxquels les mandarins ont fait ret emprunt, ils ont conservé Yama pour grand juge et souverain des enfers et la doctrine de la rétribution inhérente aux actes. Il est clajr d'ailleurs que, soit directement par eux soit par Faction officielle, le peuple en

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Chine est tout imprégné de la croyance à la vie future' aux peines et récompenses après la mort. Les missio naires chrétiens n'ont aucune peine à faire admettre dogme, par les gens du commun ; la seule chose à lei enseigner est la base sur laquelle il doit reposer, le dif personnel, principe de toute justice auquel le christii nisme le fait remonter contrairement aux doctrines II diennes. On conçoit que les Chinois peu instruits qp croient tous, même lorsqu'ils sont Bouddhistes, à la ffl à la vie future et à la souveraineté du éiel (l'Etre suprêi» de la Chine}, soient facilement amenés à la Religion i Maitre du Ciel, nom que le catholicisme a eu l'adresse < prendre en Chine. Mais il n'en est pas de même d classes éclairées qui sont toutes, ou bien Bouddhistx avec une certaine ferveur, ou sceptiques.

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La Chine depuis l'introduction du Lamaïsme jusqu'à nos

jours

1. Dynastie Mongole des Yen. Le Lamaïsme modifie les mœurs et combat les superstitions Taouïstes, excès des Lamas, réaction.

Vers la fin du xn # siècle, Gengiskhan, chef des Mongols occidentaux, appelé par l'Empereur de la Chine pour le défendre contre les Mongols Orientaux, se rendit luimême maître de la Chine et étendit ensuite son empire, surplus de 800 lieues de l'Est à l'Ouest et plus de mille lieues du Nord au Sud.

Le gouvernement des Mongols fonda une nouvelle féodalité sur le droit de conquête. Ce fut le moyen âge de la Chine, Il y eut de grands fiefs et le moindre soldat eut pour sa part un domaine. En même temps les Mongols, afin d'accroître les pâturages pour leurs chevaux s'efforçaient de remplacer les. cultures par des prairies ou par l'herbe des steppes et de refouler les Chinois vers le sud. On défendit de cultiver la plaine de Péking et ce ne fut qu'à la fin de la dynastie Mongole des Yen, qu'on permit aux laboureurs d'y faire quelques semailles en automne. On devine que ce système disparût avec la dynas. fie Mongole.

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Dès que les Mongols dont la plus grande masse ~ depuis longtemps Bouddhiste, intervinrent dans les a res de la Chine, ils exercèrent une grande influence faveur du Bouddhisme.

Sous Kubiiaï Khan descendant de Gengiskhan au échut la Chine et qui fonda la dynastie Mongole des Y les Temples Impériaux consacrés au culte national nois furent affectés au Bouddhisme, le Taouïsme fut sécuté et il fut ordonné à tous les Bonzes de réciter a soin les livres sacrés dans les couvents. Bien qu'il ch; chàt à étendre sa domination au moyen de la frate religieuse, Kubiiaï Khan refusa d'abord d'envoyer armée chinoise conquérir le Japon parce que cette était Bouddhiste et il s'efforça de l'annexer pacifi ment. 11 écrivit au souverain de ce pays : « Les sages nous vénérons disent que tous les hommes sont frères que le monde est une seule famille ; il faut que tous peuples soient unis dans l'intérêt des bonnes lois. »

A la fin du xiu e siècle dans les dernières années règne de (Khubilaï-Khan), un recensement constata 4* temples et 213148 religieux Bouddhistes.

Le seul reproche que les Chinois fassent à leur gr empereur de la race de Gengis khan, après son arao pour l'argent et les femmes, est sa faveur excessive p les religieux bouddhistes, principalement pour lea mas.

Il fonda un grand nombre de bonzeries et surtout lamasseries, de temples, etc., il envoya à Ceylan et d Tlnde des missions chargées d'en rapporter des reliq et des livres saints.

Sa libéralité s'étendit non seulement aux Lamas h<M de Chine et en Chine, mais eacore aux religieux Boiw dhistes de l'ancien rite, le Foïsme. On ne sait jusquj quel point il parvint à concilier ces deux sectes ; il y en à ce qu'il paraît, des luttes sanglantes, qui s'effacèrent pfl à peu ; aujourd'hui elles vivent en paix côte à côte.

Tout en faisant du Bouddhisme la religion de l'Etal celle de sa famille et la sienne propre, il continua noi seulement à tolérer, mais à favoriser les autres religions entre autres le Christianisme, ainsi que l'ont rapporté h voyageur Vehetien Paolo et Monte Corvmo qui fut évêqû* de Pékin.

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descendants de Kubilaï furent comme ceux de lemagne, des avortons de corps et d'esprit chez leson ne trouve rien de lui, si ce n'est sa prédilection le Bouddhisme. Les histoires chinoises de la dynasdes Yen (la dynastie Mongole) fourmillent de plaintes Ire la faveur excessive accordée aux Lamas et aux ^es, contre leur prodigieuse multiplication, leur ce; leur débauche et leur insolence, e Bouddhisme aurait alors écrasé le Confucianisme n'avait pas été libéral et bénévole, à la fois par naet par politique. Assis sur le Trône Impérial, il praa la tolérance telle qu'on la trouve déjà dans les édits Piadaci.

bailleurs les Empereurs Mongols étaients, avant tout, es politiques ; ils employaient les mandarins en Chine srce qu'ils leur assuraient la soumission des Chinois ; et te Lamas en Tartarieet auThibet, parce qu'ils civilisaient i même énervaient des peuples qui autrement, auraient lé indomptables.

f En s'introduisant en Chine à la suite des Empereurs longols, le Lamaïsme renouvela le vieux Bouddhisme qui Brait dû faire trop de concessions aux usages et aux tours de la Chine pour conserver quelque vigueur et tti aurait pu, à force de décliner, périr presque comme Wte extérieur et comme influence sociale. Alors la reliion de Bouddha imprégna profondément les mœurs et y t pénétrer la liberté.

• À partir de cette époque, les drames populaires nous «présentent les femmes traitées comme elles le sont lans l'Inde et dans tous les pays Bouddhistes. Elles sorent de l'appartement intérieur, vont au Temple, circuent dans les rues et sur les places publiques et même issistent en fdule aux exécutions. Les dames se reçoivent totr'elles et reçoivent quelques amis.

Il y a des courtisanes semblables à celles de]la*Grèce et

aux Bayadères de l'Inde, complètement distinctes des

lemmes publiques.

! Dans la littérature, un merveilleux sans limites réunit pêle-mêle les dix-huit Enfers Taouïstes et les^ métempsycoses Bouddhiques. Des religieux de Lao se promènent ! dans les nuages et dans les abîmes sans quitter leurs couvents ; des esprits, hommes et femmes, errent sous toutes

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les formes et jouissent de tous les plaisirs, sans toutef< cesser d? vivre sur la terre désormais confondue avec ciel. Mais ce merveilleux est pure fantaisie ; c'est souve même une dérision qui enveloppe les bonzes, les Mand rins, les Tao-ssé, les Ministres, peut-être même FEmp reur. Le héros d'une pièce est successivement mandari brigand, assassin, religieux et toujours débauché, car Chinois est essentiellement sensuel.

Dans les pièces bouddhiques, les dieux descendent s terre, les hommes montent au ciel, les animaux parlei toutes les régions se confondent. Des hommes se i veillent d'un sommeil de cent ans encore ivres des volu tés qu'ils ont goûtées avec des déesses — puis vienne des démons, des sorciers, des magiciens, — Mais to ces récits ne sont qu'un fonds où l'allégorie, Fenseign ment, l'intention philosophique dominent.

Les Yen développent toutes les connaissances. Aspira à l'Empire du monde, ils appellent à eux tous les étra gers, toutes les traditions, toutes les religions ; ils fonde même un collège musulman pour les Turcs occidei taux.

La lutte entre les trois religions continue : 1° Tolérant envers les Conluciens que les Empereu Mongols ménageaient par politique, le Lamaïsme s'att que aux Tao-ssé que les Sung avaient protégés et s'étaie efforcés de fondre avec les Bouddhistes. Si cette concili tion avait eu l'avantage de répandre partout les croyanc essentielles du Bouddhisme, elle avait eu aussi Finconv nient d*y mêler les superstitions des Tao-ssé telles que magie etc. Les Lamas virent avec raison dans le Taouisra une hérésie et une corruption de la religion Indienn beaucoup plus dangereuses que la doctrine de Gonfucii limitée à la morale.

2° En 1281, les Lamas font brûler tous les livres dt Tao-ssé, excepté toutefois le Tao Te King qui reste u livre officiel.

Six ans après, ils s'emparent de tous les palais de 1 dynastie Chinoise déchue et se livrent à une rapacité san limites, si on en croit les historiens de l'Ecole de Confu cius.

3° Sous Thong Hong, un des successeurs de Kubila Khan, les lettrés se relèvent ; on réduit tellement 1

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>re des Lamas, que, dans une seule province, on en prime 500 000 ; c'étaient des pères de famille qui ent pris l'habit religieux pour être exemptés de l'im-

En 1307 sous l'Empereur Ou Thung les Lamas domide nouveau et se comportent avec beaucoup d'inso- En 1313 ils se livrent à mille désordres dans la vince de Shan-Si : « Enhardis par eux, disent les hisîens, les esclaves tuent les maîtres, les femmes tuent 1rs maris. » Ces récits sont évidemment exagérés, et il Ht y voir l'expression de l'indignation qu'éprouvaient I lettrés de ce que les Lamas renversèrent le régime ISpotique de la famille sur lequel reposait tout l'édifice Cial de la vieille Chine.

Un écrit d'un employé de la province de Shan-Si, sous ïmpereur Jessun Tenur en 1326 les accuse d'être la: use principale de la misère publique. « Munis de lettres Ipériales, ils s'établissent dans les villes, chassent les tbitants de leurs demeures et jouissent de leurs knmes. »

Les détracteurs des Lamas leur imputaient les fléaux pii ravageaient la terre comme les sécheresses, les épizooies etc.

5° L'Empereur Ou Tung reprend la tradition chinoise et lonne la moitié des emplois aux Chinois. Il réglemente e doctorat, rétablit le corps des Mandarins avili et les ;rands Inspecteurs censeurs.

6° Mais les Lamas réagissent ; ils s'insurgent même lans le district de Si*ngnan-fou. Sous prétexte qu'ils ippartenaient à la race conquérante et qu'ils en étaient Vlite, les Lamas parcouraient la Chine en princes, en naîtres, se permettant tout dans les lieux où ils passaient.

Les obscénités sivaistes adoptées par quelques Boudlhistes Thibétains furent importés à la cour de l'un des Smpereurs de la dynastie Mongole, ce qui fut signalé à 'indignation publique. Aujourd'hui, quoique quelques tuteurs aient affirmé le contraire, on ne trouve point de races de ces pratiques dans le Bouddhisme chinois ; nais on en rencontre dans les temples des Lamas à Péiin.

Les Lamas s'étaient rendus odieux par leurs excès ; ils

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succombèrent sous les attaques des Confuciens. On lei déposséda de leurs établissements dans la plus grandi partie de la Chine et on les confina dans le Thibet e les provinces limitrophes. Toutefois on les traitait ave* les plus grands égards, surtout le Dalaï Lama. Quanc il vint à la cour de Pékin, en 1329, pour visite l'Empereur, on le combla d'honneurs ; le Président di collège Impérial, chef de tous les lettrés, dut le traiter ai moins comme un égal.

A cette époque le théâtre chinois atteint son plus hau lustre ; les comédies de caractère, les pièces à intrigtt nous frappent par leur cachet ; les drames mythologiques historiques, judiciaires, domestiques, nous étonnen par leurs tableaux féeriques, les situations inattendue etc. v

Dans l'Orphelin de la Chine, que Voltaire nous a fai connaître, les Tao-ssés déploient tout leur arsenal de ta* lismans et de sortilèges ; les déesses des arbres fruitier s'unissent aux mortels ; les vivants et les morts obéissett à un mandarin escorté de génies et de hallebardiers : la revenants et même les objets inanimés viennent lui dénoncer les coupables. Toute la pièce n'est qu'une moque< rie ; l'incrédulité chinoise sape toutes les légendes ras semblées par le système mongol-chinois. La guerre civile à l'état permanent par l'effet de la lutte entre les Bonzei et les lettrés, dépopularisa la dynastie Mongole et amen* sa chute en 1368 après 89 ans de règne.

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