‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 28 sur 129 · Secte du Wu-wey Kiau · texte numérisé non relu

Secte du Wu-wey Kiau

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ment). 2. Lamentations sur le monde. 3. Destruction de l'erreur. 4. Pente de l'esprit vers la vérité o. Devenir comme la montagne Ta'ischam (livre de la confirmation). 6. L'esprit et la nature purifiés et amenés à quiétude.

L'Empereur fit examiner les livres et interroger Fauteur par une commission de sept religieux. Voici leurs principales demandes et ses réponses :

D. Pourquoi ne récitez-vous pas de livres de prières ? R. La grande doctrine est spontanée et d'instinct, la nature de l'homme est céleste. Le vrai livre (l'univers,) fait continuellement sa rotation (par allusion à la roue à prières). Le ciel et la terre répètent les paroles de la vérité. Le livre de la vérité est dans l'homme même. C'est parce qu'on l'ignore que l'on récite des livres de prières. La loi invisible se manifeste d'elle-même sans l'aide de livres de prières. Le murmure des eaux et le bruit des vents sont un grand chant religieux. A quoi bon dès lors réciter des prières contenues dans des livres ? D. Pourquoi n'adorez-vous pas les images de Boud-

R. Un Bouddha en bronze peut fondre, en bois peut brûler, en argile peut se dissoudre détrempé par l'eau ; il ne peut se sauver lui-même, comment pourrait-il sauver les êtres? Chaque parcelle de poussière est un royaume d'êtres vivants gouverné par Bouddha. Il réside dans tous les temples; les montagnes, les rivières, la grande terre # forment son image. Pourquoi alors sculpter ou modeler sa statue ?

C'est à peu près le langage que tiendrait un musulman ou un Juif, ou un puritain en parlant de Dieu. Les autres réponses sont dans le même esprit.

D. Pourquoi ne faites-vous pas brûler des cierges à parfums et l'encens ?

R. Les véritables parfums sont la possession de soimême, la sagesse, la patience, la miséricorde, l'affranchissement des doutes et la science ; ce sont les seuls qui montent jusqu'au ciel. Les vents, les nuages et les rosées forment le véritable encens qui s'élève et se répand de lui-même partout en toute saison. L'Univers est un candélabre, les eaux sont l'huile qui l'alimente, le ciel est le couvercle qui l'encercle. Le soleil et la lune sont les flammes qui illuminent l'espace. La lumière qui est en

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moi éclaire le ciel et la terre. Que je sois toujours éclai et Je ciel ne sera jamais obscur. On verra alors que le r de la Loi est sans bornes.

Le roi de la loi, c'est la personnification de la doctri qu'il faut croire. L'esprit s'applique à la doctrine et s absorbe jusqu a un point où l'imagination se représen l'œil de l'intelligence sous une forme glorieuse qui est Roi de la Loi.

Remarquons que cette conception n'est autre que: Loi, maître absolu, sublime, éternel, proclamé par Co fucius et par Bouddha, que Ton personnifie et auquel o donne un corps.

Cette religion, la seule qui soit née d'un Chinois, a grandeur et sa poésie naturaliste ; elle est complèteme conforme au génie chinois essentiellement naturalist nullement porté à la spiritualité, à l'exaltation et aux r présentations religieuses, fort semblable sous beaucou de rapports au génie Juif *. Limitée à ce qui vient <Têt exposé, elle convenait parfaitement à la Chine et pouva* devenir à la fois la religion officielle et la religion poptt laire.

Les sept juges religieux eurent sans doute cette impression, car ils proclamèrent unanimement la supériorité de Lo Tseu et le prièrent de devenir leur maître. L'empereur fit éditer ses livres par l'Imprimerie Impériale en Fan 1518.

Aujourd'hui cette religion consiste, non en cérémonies et en pompes extérieures, mais dans le silence, la quiétude, la vie méditative et une révérence intérieure pour Bouddha qui pénètre tout. On croit en Bouddha, mais on ne l'adore point. Dans les édifices religieux qui sont fort simples, on ne trouve point d'inscriptions, mais seulement les tablettes Cbinoises ordinaires au ciel, à la terre, aux parents, au maître qui enseigne.

La secte admet la métempsykose et l'abstention de toute nourriture animale, mais repousse la vie ascétique et cénobitique et le célibat religieux. Elle reconnaît l'existence de la matière, mais elle répète sans cesse que

i On a dit cbs Chinois qu'ils sont les Juifs de l'Extrême Orient ; nous partageons cette opinion d'après notre connaissance des Juifs de l'Algérie et de l'histoire des deux peuples.

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« tous les objets matériels sont périssables. » Elle adorerait, à ce qu'il parait, sous le nom de mère d'or, une déesse qui serait la mère do famé comme notre mère mortelle est celle du corps. A la fin du monde, la mère <Tor, doit prendre tous ses enfants c'est-à-dire tous les croyants en sa religion dans sa demeure qui est le ciel.

C'est sans doute cette croyance, peu Chinoise, addition probable au fonds primitif, qui a rendu le secte suspecte. Elle a été persécutée sous la dynastie des Ming ; un de leurs chefs a été crucifié avec des clous à la porte de la ville de Shan tung, et ils s'en font un mérite auprès des missionnaires chrétiens. Bien qu'ils n'aient pas subi d'autre persécution, leur religion est interdite et classée dans quelques éditions de « l'Edit sacré » « parmi les doctrines dépravées. » Les lettrés lui sont opposés, ils la considèrent comme étant corrompue et ayant un but politique secret. Jusqu'aujourd'hui rien d'apparent ifa justifié ce reproche . Si Ton fait abstraction de leur croyance à la ruétempsykose, ce sont presque des chrétiens.

La sévérité de leur culte complètement privé d'images les rapproche beaucoup des protestants qui ont commencé leur conversion. Mais, d'un autre côté, leur dévotion à la mère d'or, les prédisposerait au catholicisme qui rend de grands honneurs à la mère de dieu.

Vers la fin de la dynastie des Ming arrivèrent en Chine Mattéo Ricci et quelques autres missionnaires catholiques. Un de leurs convertis Lu Kwang Ki écrivit dans un style populaire un livre contre le Bouddhisme, et à la suite un chapitre contre le culte des ancêtres.

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4. Réaction mongole. Constitution définitive, de la propriété

et de l'agriculture.

En 1403 eut lieu une réaction Mongole ; un Général de

cette nation, Yen, détrôna l'Empereur Chinois et immola à la fois les lettrés et les religieux par milliers. Les uns et les autres également proscrits, oublièrent leurs anciennes querelles ; la conciliation se fit entre les deux partis et le nouvel Empereur finit par l'accepter.

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Les Mantchoux furent appelés en Chine par les demi Ming impuissants contre des révoltés qui envahissai toute la Chine succombant sous la misère et Toppressi des Mandarins. Le dernier défenseur des Mandarins un général qui avait des armées de 400*000 hommes pied et 600,000 cavaliers, hordes sans discipline, ni or nisation qui mettaient tout à feu et à sang ; il massa 10,000 religieux et 600,000 personnes dans une se province. Les Mantchoux s'emparèrent de Pékin sous conduite de Tai Tsing qui, en 1634, prit le titre d'Em reur et fonda la dynastie des Tsing qui règne encore au jourdhui.

Après sept ans de guerre, les Mantchoux devinrent complètement les maîtres de la Chine, grâce à Amawang que Koëppen considère comme le plus grand homme d'Etat, non seulement du xvn e siècle, mais peut-être de tous les siècles*

Sous lui et ses successeurs s'acheva l'œuvre déjà élaborée sous les Ming de la constitution très appropriée à la Chine de la propriété et de l'agriculture telle qu'elle existe aujourd'hui.

C'est le régime de la petite propriété qui prévaut ; mais souvent la terre reste indivise entre les membres d'une même famille ou même d'un village sous la direction du chef de cette sorte de communauté ; on retrouve dans tout l'Empire les traces de l'ancienne propriété communale. Comme les grands capitaux se portent surtout vers le commerce et l'industrie, dans certaines provinces, lai terre est presque en entier aux mains de ceux qui la culn tivent ; cependant il reste encore* beaucoup de vastes do maines exploités soit par des fermiers, soit par d métayers qui partagent la moisson d'été avec le propri taire et gardent pour eux la moisson d'hiver ; ils fourni sent l'outillage, les engrais, le bétail ; le propriétaire pa l'impôt qui d'ailleurs est relativement très faible. Dai les provinces fertiles du littoral où le sol est le pli divisé, la moyenne des exploitations ne dépasse pas pr< bablement un hectare ; une propriété de six hectares e considérée comme un grand domaine. Ces détails donné récemment par M. Elisée Reclus en disent plus que tou les récits sur la prospérité de l'agriculture Chinoise. Voit maintenant le régime légal :

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Le chef de famille peut vendre ou hypothéquer son ien, mois en l'offrant d'abord aux membres de sa famille à ses proches dans Tordre de leur parenté. A sa mort, u lors d'une donation entre vifs, il doit la diviser en arties à peu près égales entre tous ses fils. Si une terre 'est pas tenue en bon état d'entretien et de culture, s'il a trois années de jachères consécutives, elle est confisée de par la loi et donnée à un nouvel occupant. Le ef de la commune est rendu aussi responsable de la nne tenue des terres et passible de ce chef de 20 à 100 coups de bambou.

L'assolement des cultures et l'aménagement du sol sont réglés depuis des siècles de manière à nourrir la population et ne sauraient, sans danger, être changés. Tout ce qu'on peut faire c'est d'augmenter le territoire cultivable par l'addition des pentes montueuses, des terrains en friche que Ton consacre maintenant à la pomme de terre et au maïs et par celle des marécages et des bords des lacs où Ton cultive le sagittaire et le nénuphar. Tout cultivateur peut s'établir sur le sol inculte ; il n'a qu'à informer l'autorité locale et réclamer l'exemption d'impôts qui lui est accordée pour un certain temps. Le gouvernement fonde lui même des colonies avec des soldats ou des condamnés dans les régions éloignées des grandes villes et des routes surtout dans le Kan Sou et la Dsoungarie. C'est un moyen de tenir en même temps que de peupler le pays, auquel la Chine donnera probablement de plus en plus d'extension en raison des succès obtenus.

Les propriétés de la Couronue, relativement peu étendues, sont presque toutes en Mongolie en dehors et près de la grande muraille, et en Mantchourée.

La commune administre les plantations qui entourent les temples, celles dont le revenu sert à l'entretien des Ecoles, les terres des hôpitaux et autres établissements d'utilité publique, enfin une partie des marécages, des lais de la mer et des fleuves.

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