‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 31 sur 129 · Expéditions anglo- françaises · texte numérisé non relu

Expéditions anglo- françaises

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L'empereur ayant refusé son approbation aux nouveaux traités, une nouvelle expédition fut décidée. La France embarqua 12.000 hommes, l'Angleterre plusieurs régiments. Le 2 août 1860, l'armée s'empara des forts à l'embouchure du Péi-hang.

Le 21 septembre eût lieu la bataille de Palikao dans laquelle on enleva un camp de 25.000 Tartares qui se défendirent courageusement.

Le 7 octobre le sac du jardin d'été de l'Empereur jetta l'épouvante dans Pékin, et deux jours après on était en en mesure de bombarder cette capitale.

Les Chinois se soumirent et le 24 octobre fut signé àPékin le traité Anglais ; le traité français le fut le lendemain, avec une convention additionnelle du traité de/Tien-tsin*

L'article 6 de cette convention stipule que les établisse* ments religieux et de bienfaisance confisqués sur les chrétiens pendant les persécutions seront rendus à leurs propriétaires par l'intermédiaire de l'ambassadeur de France en Chine auquel le Gouvernement Impérial les fera délivrer avec les cimetières et les autres édifices qui en dépendent.

L'Empereur était toujours fortement menacé parles progrès toujours croissants des Taïping, et il n'aurait pu les réduire sans l'aide qu'il reçut des Occidentaux. Ceux-ci, atteints dans leur commerce par la guerre civile, comprenant du reste que la vieille Chine était beaucoup moins redoutable et plus fructueuse pour eux que le Royaume fondé par des sectaires fanatiques, favorisèrent la formation de corps francs mixtes et de corps chinois organisés et exercés par des officiers Européens et auxquels se joignirent même des troupes régulières anglofrançaises. En 1862 les Européens repoussèrent l'attaque des Taïping contre Shangai et leur reprirent rapidement tous les points stratégiques. Il ne resta plus aux soldats de l'Empereur qu'à exterminer les vaincus.

Nous ne dirons pas le nombre inouï et l'atrocité des massacres et des supplices que commirent les deux partis dans cette guerre civile.

Les Musulmans s'étaient soulevés en 1856 dans le Yunnam et en 1868 dans le Nord de la Chine ; l'insurrection ne fut définitivement vaincue qu'en 1875, ainsi que nous le verrons au chapitre XL

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On ne saurait considérer comme stable lVtat acluel des provinces réduites par la force et même e^lui do la Chin^ presque entière. Les sociétés secrètes y fourmillent, conspirant pour le renouvellement social et politique de la Chine. L'une d'elles a même été fondée par un missionnaire protestant. Il faut y ajouter la franc-maconnerie qui a beaucoup d'adeptes dans tout l'extrême Orient.

Le danger le plus grand provient, dans Tordre matériel et guerrier, des musulmans ; dans Tordre politique et social, des classes du commerce qui s'élèvent rapidement en Chine.

Wasselief qui a été pendant dix ans attacbé à TAmbassade Russe à Pékin prévoit le triomphe définitif des Musulmans dont la propagande est fort active et dont Textension fondée sur la richesse et le commerce est fort rapide. Dans le Yunnam, ils pourraient facilement être amenés à faire cause commune avec les Européens établis au Tonkin. En tout cas, Tintérêt et les rapports commerciaux les en rapprocheront étroitement. Dans le Nord de la Chine les mêmes causes les rattacheront aux Russes et aux Anglais Des Musulmans Chinois font chaque année le pèlerinage de la Mecque et quelques-uns (Tentre eux restent dans le pays. De là un lien avec le reste de TIslam.

Les commerçants chinois d'un certain ordre tendent à devenir la classe prépondérante. Ils ont de l'habileté, une probité relative assez grande et des connaissances positives qui valent mieux peut-être que la science des lettrés et des Mandarins. Nul doute que les riches ne donnent à leurs enfants l'instruction des Européens par laquelle œux-ci deviendront, sous tous les rapports, supérieurs aux lettrés. Ils seront alors les chefs naturels de cette révolution qui couve et qui doit renverser les vieilles iustitutions. Ils fonderont un ordre social où le régime communal pourra être conservé, mais d'où sera banni tout ce que la Chine a encore de la barbarie du moyen âge et où la misère et Toppression du peuple feront place a l'aisance par le travail. Les lettrés disparaîtront ou se mettront en possession de la science économique et sociale moderne.

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