‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 32 sur 129 · Monuments religieux de la Chine, temples des ancêtres · texte numérisé non relu

Monuments religieux de la Chine, temples des ancêtres

On trouve en Chine un grand nombre de tours monumentales construites autrefois par les bouddhistes, principalement pour recevoir des reliques, comme les stoupas de l'Inde.

Les pagodes ou temples sont répandus en Chine avec une immense profusion. Il n'est point de village qui n'en possède plusieurs. Souvent, ce ne sont que de petites chapelles avec des niches renfermant quelques statues et des vases où brûlent des parfums.

Quelques pagodes sont fort remarquables ; tels sont, par exemple, les temples du ciel et de la terre 4 Pékin; il n'existe point de temples d'une haute antiquité.

La peinture et la sculpture sont admises dans les temples ; la peinture est sans perspective ; les sculptures ont quelque mérite de détail, mais les formes manquent d'élégance et de précision. Quelques statues sont magnifiques.

Les Chinois prétendent que les peintres et sculptsurs des v e et vi* siècles de notre ère étaient bien supérieurs à ceux d'aujourd'hui.

Dans une ville chinoise les édifices principaux sont les

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amuns et les temples. Dans les premiers, les fonctionaires publics ont leur résidence officielle et traitent les llaires. Le temple de Confucius est situé sur une grande lace ornée d'arbres et d'eau ; tout près se trouvent la aile d'examens du gouvernement, le temple qui renferme es tablettes des sages de la nation et celui où les noms des personnages illustres de la cité sont conservés sur des ablettes monumentales.

En Chine les temples sont en général mal entretenus, tans les villes, comme ils s'ouvrent d'ordinaire sur la »artie la plus large des rues ils servent de refuge à tous es batteurs de pavé, joueurs de dés. cordiers etc., aux enants, aux porcs, poules, chiens, qui s'y nourrissent des lébris de cuisines ambulantes. On s'y querelle et on s'y >at; les prêtres et les gardiens se mêlent au jeu et aux [uerelles-

Dans les campagnes, ce n'est guère plus décent. La luit, les voyageurs s'y logent et on y met quelquefois les bestiaux.

2, Temples des ancêtres.

Il faut cependant faire une exception pour les temples des ancêtres qui jouissent d'une vénération plus grande que tous les autres et dont le nombre est incroyable. Ils doivent leur existence en Chine comme dans l'antiquité payenne 1 à la double crainte que chacun éprouve de manquer après sa mort de la nourriture et des vêtements que les descendants doivent fournir aux défunts, ou bien d'être dans la vie tourmentés par les spectres nus et affamés. Quelque pauvre que soit un village ses habitants trouvent toujours de l'argent pour ériger un monument de cette sorte.

Dès qu'un riche, ou plus souvent une association composée des membres d'un même clan, c'est-à-dire portant le même nom patronymique, a fait construire l'édifice et

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1 Se reporter aux'deux premiers chapitres de la Cité antique de M. Foustel de Coulanges.

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l'a consacré selon les rites pour faire rentrer dans I calme les esprits et fantômes que sa construction a rangés, on établit des règles fixant les catégories d personnes qui pourront y ériger des tablettes et les pri qu'elles devront payer pour chacune afin d'assurer Ter tretien futur du temple par un administrateur élu ou d^ signé par le sort.

Ces tablettes ne diffèrent de celles que Ton érige dai le tabernacle domestique de chaque maison, qu'en c qu'elles sont plus grandes et aussi ornées que le permej tent les ressources dont on dispose. Au bout d'un certai temps elles remplacent les anciennes tablettes domesti ques.

Ces temples diffèrent beaucoup entre eux par leu architecture et leurs dimensions; ils comptent depu une seule salle jusqu'à douze chambres, selon les fond qu'on peut y affecter.

D'ordinaire à l'entrée principale se trouve un gran écriteau portant en lettres dorées l'inscription : Templ ancestral de la famille NN. à l'intérieur les parois sou couverts d'inscriptions et de peintures à la louange de défunts les plus éminents. L'inscription la plus honorabl est celle de — Disposition Impériale, — elle n'est placé qu'avec une autorisation spéciale de l'Empereur.

Lorsqu'un temple est encombré de tablettes, quelque membres de la famille en érigent un second pour conti nuer la filiation, on y transporte les tablettes les plu récentes de l'ancien sanctuaire. Ces temples successif forment à la fois l'état civil et la généalogie des familles

Ceux de ces temples qui renferment les tablettes de: générations de clans et de villages appartenant tout entie à un même clan, ressèrent les liens de la parenté. Le membres du clan viennent y délibérer sur leurs intérètJ communs et y concilier leurs différents ; ils viennent j faire annuellement des offrandes communes suivies dt festins qui renouvùlent le sentiment de leur fraternité.

Ces temples fortifient ainsi le système d'assistance mutuelle et d'association locale ou municipale qui joue en Chine un rôle si considérable et souvent supplée à Tinsuffisance de l'administration.

Le culte des ancêtres remonte à l'origine de la société en Chine et probablement partout ailleurs. Il a été adopté

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irle Bouddhisme aussi bien que par le Taoïsme, et mstitue presque une religion nationale.

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