Le Bouddhisme actuel jugé par les lettrés
Le Bouddhisme Chinois actuel, est loin du Bouddhisme riraitif de la morale, du renoncement, de la charité, de enseignement : « sa popularité actuelle » disent les Coniciens, tient uniquement à la foi dans la vertu surnature, magique même, des prières bouddhiques (daranis) t dans le dogme de la rétribution inhérente aux actes, elte foi seule entretient le culte et les religieux boudhistes par un sentiment d'intérêt plutôt que de piété. » Soit par éducation politique et sociale, soit par tempéament, les Chinois n'ont point cette dévotion dont les manifestations par la masse de la population donnent à Lhassa et en Birmanie un des plus intéressants spéciales de l'Orient.
« Les Bouddhistes Chinois ont des préceptes excellents t assez bien formulés, mais ils en négligent beaucoup l'obervation et même l'enseignement; des écrits sur des subilités métaphysiques, comme la non existence de la maière, forment, bien plus que la morale, l'objet de leurs ectures quotidiennes » — . Ce qui fait la faiblesse du Boud- Ihisme et la force des Confuciens, c'est que l'enseignelient moral et littéraire est entre les» mains des derniers. Tout Chinois quelque peu instruit est en général esprit ort et n'admet ni la métempsykose, ni la vie contemplative ni le célibat religieux.
Les lettrés contestent même au Bouddhisme le mérite l'avoir importé en Chine la bonté pour les animaux. Elle est, disent-ils, naturelle au cœur de l'homme ; « la mère Je Mencius changea son logement voisin d'une boucherie pour que son fils enfant n'en eût pas le spectacle ». En Fait, c'est à peine si les Bonzes Chinois osent soutenir que les âmes des hommes émigrent dans les animaux. Toutefois leurs adversaires ne peuvent nier le bon effet du dogme bouddhiste qui enseigne la compassion en faisant de la miséricorde le principal attribut de Bouddha, et la bienfaisance active et chaleureuse exercée par les Bouddhistes.
Un écrivain chinois dit : « Les trois religions, avec des
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doctrines différentes, ont le même objectif : sauver hommes. Dans le Bouddhisme, le principal Sauveur Kwan Yin 1 ; dans le Taouïsme, c'est Lu Chùn Thang; d le Jun Kian, livre des lettrés, c'est Confucius et Menciu Ainsi l'idée de la rédemption, introduite par le Bouddhi en Chino, y est maintenant générale. La rédemp* bouddhiste est morale, car elle exige le repentir, le d gement du Maya (l'illusion par les apparences). Elle r ferme l'idée de la grâce par la compassion qui se tro dans le cœur du Bouddha ou de quelque Boddhisattva, que Kwan Yin, et aussi l'amour moral ennemi du vice ami de la vertu. Par tous ces côtés le développement Bouddhisme se rapproche beaucoup du Christianisme.
* 11 parait avoir en Chine pris le pas sur Bouddha lui«mêm<| comme rédempteur. C'est Avalokitessoura le patron du Thibet) Rappelons que nous avons vu dans la vie de Bouddha deui faces du Bouddha auxquelles correspondent deux faces du Bouddhisme : la morale rigide et austère, d'où le petit véhicule — l'excellence du cœur de Bouddha, sa miséricorde infinie, d'où : d'abord le grand véhicule, puis la doctrine de Bodhidarmai et son école : confiance dans le cœur du Bouddha» '
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