‹ L'empire chinois: le Bouddhisme en Chine et au ThibetChapitre 47 sur 129 · LE TAOÏSME DE NOS JOURS OU TAOSSE1SME · texte numérisé non relu

LE TAOÏSME DE NOS JOURS OU TAOSSE1SME

i. Croyances actuelles.

Comme l'ont fait de temps immémorial les Chinois, les Thao-ssés rendent un culte à des êtres qu'ils supposent résider dans diverses parties de la nature. Sur les bords de la mer, on trouve des temples érigés à l'esprit de la mer, au roi de la mer et au dieu des marées. Sur les bords des rivières,on rencontre fréquemment les chapelles des rois dragons. Le dragon habitant tantôt dans l'air, tantôt dans l'eau, chaque apparition remarquable dans le ciel ou à la surface de l'eau est prise habituellement pour un dragon ou pour un phénomène causé par la présence d'un dragon.

Les Tao-ssés croient que les Etoiles sont les essences sublimées des choses. Pour eux, le monde est formé de cinq sortes de matières qui contiennent chacune une essence ou substance élémentaire. L'âme est une essence

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1 Dans le reste de cet écrit, nous emploierons, ainsi que le fait Léon de Rosny ,les mots Taosseisme et Taosseistes pour désigner la doctrine et les adeptes du Taoisma altérés au point qu'on n'y trouve plus que de faibles traces de la philosophie de Uo,

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de matière, matière la plus pure qui soit dans le cora Une série de cinq âmes correspondent aux cinq sortes d substances qui se trouvent dans la nature matérielle, 1 métal, le bois, l'eau, le feu et la terre. Cette théorie s rapproche beaucoup de la philosophie naturaliste é l'Inde, de même que la métaphysique de Lao Tseu reà semble à celle des Brahmes. <,

Quand elles furent purifiées, les âmes des cinq élémenl devinrent les cinq planètes. Les étoiles fixes sont aussi d«j essences ou âmes de la matière. D'autres essences erratttes dans l'espace, mues par une vie intérieure, reçoivetri aussi le nom d'Kloiles, bien qu'elles ne soient pas visiblesj dans les cieux. Un vaste océan déther occupe l'espace ; notre terre en forme la partie la plus grossière, et le fir4 marnent les plus sublimes parties dans lesquelles se meu-i vent les astres divins qui ont une action invisible, mai^ cependant toute puissante sur les destinées humaines. Dej là l'Astrologie des Tao-ssés. I

Les expressions Shin et tsing, âme et essence, peuvent se suppléer en chinois comme dans notre langue. Dans) les légendes des dieux des Tao ssés on lit souvent qu'unes étoile est descendue et, s'incarnant dans certains personH nages, leur a donné le caractère divin ; tels sont Wen-4 chang, le dieu de la littérature, Towmeo, divinité féminine J qu'on prétend résider dans la grande Ourse etc. Certain^ génies lhaouistes sont assimilés à des groupes d'étoiles. Cette mythologie s'est fort étendue en Chine dans les temps modernes.

Les Tao-ssés assimilent au Chang-ti des classiques Confuciens, Yuang Chang-ti leur principal dieu ; ils donnent à celui-ci la surveillance du monde physique à l'aide d'un personnel de dieux subalternes, et font de lui en même temps un instructeur de l'humanité et un ancêtre de leur hiérarque dont le nom de famille est Shang.

Dans son personnel se trouve la trinité des étoiles ou dieux du bonheur, du rang et de la longévité, sujets les plus communs de la statuaire et de la peinture Chinoises.

Dans leurs livres de prières, les Tao ssés invoquent encore les esprits de la terre, du soleil et de la lune, l'étoile polaire, le seigneur des étoiles, quelques autres dieux des astres, le maître de la lumière et enfin la triade

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ak-van des directeurs qui président aux cieux, à la rre et à Veau, formant ensemble une unité qui envoie boane on la mauvaise fortune et sauve ceux qui sont rdas.

Dans les livres Bouddhistes, le Bodhisattva exprime un sir, une intention, et se met aussitôt à l'accomplir luiême. Dans les livres des Taoïstes, renonciation du désir t attribué à Ti-tsang ou Kwan yin ; mais le décret du tint est l'œuvre de Yû Wang shangti ; on y trouve issi :

1° Amour spontané de Pu-sa pour l'humanité ; 2° Par renseignement, Pu-sa sauve les hommes des nnes terribles des cent trente huit enfers.

3° La cause de la punition future est le péché commis ins la vie présente.

4° Le dieu des Taosséistes promulgue un décret de *àce pour remettre les péchés â ceux qui se repentent. C'est ainsi que la rédemption des péchés est exposée ans les livres modernes taouïstes ; l'élément bouddhiste y développe en toute liberté. Une mythologie mêlée et q plan pour le Salut, l'un et l'autre élaborés et adoptés )us la dynastie des Sung, se sont maintenus jusqu'aumrd'hui comme doctrine dominante, notamment dans es livres tels que le Yuli.

A la faveur de la théorie des Tao-ssés qui assigne à àme une demeure fortunée, le Ciel d'Occident, coneption purement bouddhiste, a été introduit ouverteaent dans les cérémonies des Tao-ssés. On rencontre des >éierins bariolés, portant des bannières avec cette insription « nous vous conduisons au ciel d'Occident ».- A eur tête marche un prêtre Tao-ssé, un crayon à la main >our tracer sur la tête des nouveaux disciples qu'ils renîontrent sur leur chemin le signe de l'initiation à la vie iévote des Taosséistes.

Le Révérend J. Edkin missionnaire protestant en Chine, remarque que les Chrétiens pourraient, en changeant quelques mots, faire avec un peu plus de gravité, la même chose, et que ce serait l'initiation â la vie chrétienne.

Aujourd'hui les Taosséistes ne comprennent plus rien à la philosophie de Lao Tseu et de Chwang-Cheu ; ils ne s'occupent plus de spéculations sur le pur et le vrai, ils

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ont renoncé à l'Alchymie de la Dynastie des Han, k transformation en or de tous les métaux, à Télixir de et à toute leur pharmacopée; mais ils écrivent des c mes pour éloigner les démons des habitations et ils sent des prières pour conjurer les calamités. Ils prétel dent guérir par la magie et procurer la pluie par leo) prières. Leurs talismans préservent de tout danger b citoyens paisibles et les voyageurs aventureux. Com les religieux bouddhistes, ils se font payer pour récii des lithurgies qui procurent aux âmes des morts une meure heureuse.

La foi dans l'existence de héros solitaires et de di rents esprits et démons est le trait distinctif du Ta séisme populaire. On peut s'en faire une idée assez exa< par la description du musée Guimet, tome II, des fêtes processions thaouistes, notamment de celle du gn Dieu de la production (agricole). On trouve dans la p cession thaouiste de cette fête toutes les exhibitions cieuses et aussi burlesques, sanglantes et hideuses processions du brahmanisme hindou. Le rôle principal aux exhorcistes payés, (magiciens Taosséistes) à de nus qui se plantent des couteaux dans les bras et joues, s'entaillent le dos avec des sabres courts, se i lent avec des martinets garnis de balles etc. Lesexorcisl sont censés des incarnations de la milice céleste con les démons. A la suite des exorcistes venait le gr prêtre Thaouïste en grand costume, marchant sans vité, montrant à tous la plus familière aménité, sans préoccuper des dieux qui le suivaient dans de brillaai palanquins portés par des coolies malpropres, coun par intervalle avec des hurlements pour effrayer les es- T prits. i

Les exorcistes font métier d'indiquer, après s'être K* vréb aux mêmes mouvements frénétiques que dans les processions, les remèdes à donner aux malades qnon croit possédés par les esprits. On peut les ranger dans la classe des sorciers ou devins convulsionnaires. '

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